Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux il y a quelques jours, la créatrice de contenus camerounaise Nikita Nike a crié son raz-le-bol sur un fléau qui menace l’industrie cinématographique camerounaise. Elle dénonce des pratiques qu’elle juge néfastes pour l’évolution du secteur.

Face caméra, elle a levé le ton:
« Il faut arrêter vos affaires de clans », lance-t-elle d’entrée, pointant une organisation du milieu qu’elle estime verrouillée par des cercles fermés.
Selon elle, ces dynamiques empêchent de nombreuses actrices de travailler sereinement et freinent l’émergence de nouveaux talents.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Dans son intervention, Nikita Nike évoque une industrie « déjà divisée », où les opportunités seraient davantage dictées par les relations que par les compétences:
« Ici au Cameroun, on n’utilise que les émotions et les relations », regrette-t-elle, tout en appelant à plus de professionnalisme.
La mère des « Mosos » invite notamment les producteurs et réalisateurs à dépasser les différends personnels :
« Même si tu ne parles pas avec quelqu’un, si tu vois une actrice dans un projet, appelle-la. »
Au cœur de son cri d’alerte, une frustration personnelle assumée. La meilleure créatrice de contenus au SGBC AWARDS affirme ne pas accéder à des projets à la hauteur de son talent:
« Avec tout le talent que j’ai, je n’arrive pas à tourner », déplore-t-elle, avant d’ajouter que plusieurs de ses collègues vivraient la même situation en silence. Une réalité qui, selon elle, contribue à maintenir certains artistes dans la précarité, malgré leurs compétences.

Autre point soulevé : la récurrence des mêmes visages dans les productions locales:
« On voit les mêmes gens dans tous les projets », insiste-t-elle, questionnant la place accordée à la diversité et au renouvellement des castings.
Au-delà des critiques, Nikita Nike appelle également à une mobilisation plus large pour soutenir le cinéma camerounais. Elle évoque la nécessité d’un accompagnement institutionnel, notamment en matière de financement, afin de structurer davantage le secteur et offrir plus d’opportunités aux professionnels.
« Appelez le ministre des finances, qu’il donne des financements afin qu’on investisse dans le cinéma. «
Une sortie qui pourrait bien faire réagir, tant elle met en lumière un malaise que plusieurs acteurs préfèrent encore taire.

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Ève-Pérec N.BEHALAL




