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Richard Bona évoque la rupture avec son pays natal et assume un choix définitif

Installé aux États-Unis depuis plusieurs années, le musicien camerounais et figure majeure mondiale du jazz Richard Bona, s’est livré sans détour sur son rapport avec son pays d’origine. Lors d’une récente prise de parole, le bassiste de renommée internationale a expliqué les raisons qui l’ont conduit à prendre ses distances avec le Cameroun, affirmant qu’il ne prévoit plus d’y retourner. Un témoignage marqué par des blessures personnelles, des désillusions profondes et une vision sans concession de son vécu.

« Je suis persona non grata dans ce Cameroun »

Dès le début de son intervention, l’artiste affirme ne toujours pas comprendre les raisons de son éloignement du Cameroun. « Je suis persona non grata dans ce Cameroun pour une raison que j’ignore toujours. J’aimerais bien savoir le motif qui puisse être attaché à cette censure », déclare-t-il. Selon lui, cette situation a progressivement installé une distance qu’il considère désormais irréversible. « Je pense même que je n’y retournerai plus jamais. C’est une décision bien personnelle et qui m’arrange aussi », confie le chanteur, laissant entendre qu’il a choisi de privilégier sa tranquillité.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

La musique comme réponse à ses convictions

Loin d’abandonner la parole, le virtuose explique qu’il continue d’exprimer ses opinions grâce à son art. « J’utilise justement mes notes pour répondre de temps en temps à cette gouvernance », affirme-t-il, soulignant que la musique reste son principal moyen d’expression.
Cette démarche traduit sa volonté de transformer ses ressentis en créations artistiques plutôt qu’en affrontements, fidèle à une carrière bâtie sur l’engagement musical et la liberté d’expression.

« Le Cameroun est le pays du futur… et le sera toujours »

Au cours de cet échange, l’artiste reprend également une formule qu’il utilise depuis plusieurs années. « Le Cameroun, c’est le pays du futur et le sera toujours », lance-t-il avec ironie. Cette phrase résume, selon lui, le sentiment de stagnation qu’il observe depuis longtemps. Une perception qui nourrit son désenchantement et renforce sa conviction de rester éloigné du pays.

Un regard sévère sur une partie de la jeunesse

Le bassiste et chanteur n’a pas caché sa déception lorsqu’il évoque la nouvelle génération. « C’est une jeunesse corrompue. Ils ont été élevés à cette manière et ils ont cette façon de procéder », affirme-t-il, tout en reconnaissant qu’il existe « quelques rares exceptions ». Face aux réactions suscitées par ces propos, le musicien assume pleinement sa position : « Je ne suis pas négatif, je suis juste réaliste et pragmatique », répond-il pour défendre son analyse.

Le passeport, un épisode qui a tout changé

L’un des moments les plus marquants de son témoignage concerne les difficultés qu’il dit avoir rencontrées autour de son passeport camerounais. Pour lui, cet épisode a profondément modifié sa relation avec son pays : « Lorsque ça m’est arrivé, j’ai compris que ce pays n’était plus là pour me protéger. Ce pays est un danger pour moi », déclare-t-il, estimant avoir perdu la confiance qu’il accordait autrefois aux institutions de son pays d’origine.

Une page définitivement tournée

Aujourd’hui, le musicien assure ne plus nourrir le désir de revenir. « J’ai plein d’envies. Je n’ai aucune raison d’y aller », affirme-t-il avant de conclure sur une note empreinte de détachement : « Il me fait rire ce pays… je préfère en rire. »

Ces déclarations ont été faites sur un média panafricain en marge du Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira, qui s’est achevé fin juin et a été largement relayé sur les réseaux sociaux le 23 juillet 2026. Elles traduisent le choix assumé d’un artiste qui préfère regarder vers l’avenir, tout en laissant transparaître les blessures d’une relation devenue particulièrement complexe avec sa terre natale.

En partageant ce témoignage, Richard Bona expose avant tout un ressenti personnel forgé par son parcours et ses expériences. Des propos qui ne manqueront pas d’alimenter les réactions, tout en rappelant que la relation d’un artiste avec son pays peut parfois se construire autant sur les souvenirs que sur les désillusions.

Lire aussi cet article : Petit Pays célèbre sa “renaissance” après 40 ans de carrière musicale

Benjamin NOAH

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