Révélés grâce au succès fulgurant de « Béni », devenu l’un des morceaux phares du Mbolé Gospel, Les Mélomanes 237 s’imposent progressivement comme les nouveaux visages de ce courant musical en pleine expansion. Invités le 3 juillet 2026 sur le plateau d’un média camerounais, les jumeaux Ange Michel et Ange Gabriel, accompagnés de leur cousin Raymond, ont retracé leur parcours, raconté les coulisses de la naissance de leur tube viral et partagé les valeurs de foi, de travail et de solidarité qui portent leur ascension.
Des liens familiaux à la naissance d’un groupe qui fait rayonner le Mbolé Gospel
Avant d’enflammer TikTok et les plateformes numériques, Les Mélomanes 237 étaient avant tout trois jeunes passionnés de musique réunis par des liens familiaux. Les jumeaux Ange Michel et Ange Gabriel, rejoints par leur cousin Raymond, ont grandi ensemble avec la même passion et la même envie de chanter. « On a grandi ensemble. On chantait déjà d’autres chansons avant « Béni ». Puis on s’est dit : pourquoi ne pas aller en studio et sortir une chanson à trois ? », raconte Ange Michel.

📺𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Le trio précise que plusieurs artistes de leur village ont nourri leur vocation, tandis que leur amour pour la musique s’est progressivement transformé en véritable projet de vie. Aujourd’hui, ils revendiquent fièrement leur appartenance au Mbolé Gospel, un style qui marie l’énergie du Mbolé aux messages de foi et d’espérance. Pour Ange Gabriel, ce choix est une évidence : « La musique, c’est toute ma vie. Elle m’a déjà rapporté tellement de choses que je n’avais pas. »
« Béni », le titre qui a propulsé le Mbolé Gospel sur le devant de la scène
Le succès de « Béni » n’est pourtant pas né d’une stratégie marketing élaborée. Les artistes expliquent que le morceau est né presque naturellement au cours d’un moment de partage entre eux. « L’un de nous a trouvé le refrain. On l’a travaillé ensemble, puis chacun est parti écrire son couplet avant de revenir le présenter aux autres. On validait ensemble ce qu’il fallait garder ou modifier », explique Ange Michel. Cette méthode de création collective est devenue la signature du groupe. Aucun morceau n’est finalisé sans l’accord des trois membres. En studio, la bonne humeur reste tout aussi essentielle que la concentration. « Tout est Dieu qui donne l’inspiration. » Pour eux, la réussite artistique ne peut être dissociée de la foi.

Le jour où ils ont compris que « Béni » était devenu un phénomène
Malgré les premières vidéos qui circulaient déjà sur TikTok, Les Mélomanes 237 n’imaginaient pas encore l’ampleur du phénomène. Le déclic intervient lors d’une veillée de prière à Simbock : « On ne croyait pas d’abord que la chanson avait pris. Quand on est montés sur scène et que tout le public reprenait les paroles, c’est là qu’on a compris que le morceau était vraiment monté. »
À partir de ce moment, les vidéos se multiplient sur les réseaux sociaux, les créateurs de contenus s’approprient le challenge autour de « Béni » et le groupe devient l’un des symboles de cette nouvelle vague du Mbolé Gospel. « Les gens nous arrêtaient dans la rue en disant : « C’est vous qui avez chanté ? » Là, on a vraiment compris ce qui était en train de se passer », confient-ils.
Le travail, l’équipe et la foi comme piliers de leur réussite
Les trois artistes refusent de réduire leur succès à un simple buzz sur les réseaux sociaux. Derrière cette ascension se cache une organisation bien rodée, portée par leurs managers et une équipe qu’ils tiennent à saluer. Ange Gabriel souligne que chacun joue un rôle précis dans le développement du groupe, tandis qu’Ange Michel rappelle qu’aucun talent ne peut s’exprimer durablement sans discipline. « Tu peux avoir quelqu’un qui veut t’aider, mais si toi tu n’es pas engagé dans le travail, ça ne peut pas marcher. » Le trio insiste également sur l’importance de rester fidèle à ses convictions malgré la notoriété grandissante.
Une famille qui reste leur premier repère
Si leur musique touche aujourd’hui un public de plus en plus large, leur équilibre repose toujours sur leur entourage familial. Les artistes évoquent avec émotion leur mère, qui n’a jamais cessé de croire en eux. « Elle nous dit souvent : « J’ai toujours cru qu’un jour mes enfants seraient vus par des milliers de personnes. » » Au-delà de cette fierté, leurs parents continuent surtout de les conseiller afin qu’ils gardent les pieds sur terre face aux sollicitations et aux réalités du monde artistique.
Des jumeaux complices et un cousin qui complète parfaitement le trio
L’entretien a aussi laissé place à plusieurs séquences pleines d’humour. Les deux frères sont revenus sur les nombreuses situations où leur ressemblance a semé la confusion, aussi bien à l’école qu’auprès de leurs proches. Ils racontent avoir parfois échangé leurs rôles lors de certains examens ou profité des quiproquos provoqués par leur gémellité, tandis que Raymond, surnommé affectueusement « le Russe », apporte au groupe son énergie, sa franchise et son esprit protecteur. Cette complicité familiale constitue aujourd’hui l’une des principales forces des Mélomanes 237.
Le Mbolé Gospel, bien plus qu’une tendance
Pour Les Mélomanes 237, le succès de « Béni » dépasse largement celui d’une simple chanson virale. Ils souhaitent contribuer à installer durablement le Mbolé Gospel dans le paysage musical camerounais, en démontrant qu’il est possible d’allier rythmes populaires, messages spirituels et excellence artistique. Portés par une foi assumée, une méthode de travail collective et une identité musicale affirmée, les trois artistes veulent désormais inscrire leur nom parmi les références de cette nouvelle génération d’artistes gospel.
En quelques mois seulement, Les Mélomanes 237 sont passés du statut de jeunes passionnés à celui d’ambassadeurs du Mbolé Gospel. Derrière le succès de « Béni », le trio voit surtout la récompense d’années de travail, d’une unité familiale sans faille et d’une foi qu’il considère comme le véritable moteur de son parcours. Une dynamique que les trois cousins comptent désormais prolonger en faisant rayonner leur musique bien au-delà des frontières camerounaises.

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Benjamin NOAH








