Actrice, productrice, réalisatrice et scénariste de plusieurs films engagés dont « Trauma », Cynthia Élisabeth Ngono, s’est exprimée sur l’éducation des enfants dans les familles monoparentales. Dans une intervention vidéo publiée sur les réseaux sociaux, cette mère de deux engants développe une réflexion sur les effets que pourrait avoir, selon elle, l’absence du père dans la construction émotionnelle des garçons.
« Une femme qui élève seule un garçon ne peut pas remplacer un père »
Pour Cynthia Élisabeth Ngono, la multiplication des familles monoparentales contribue à l’apparition de ce qu’elle appelle des « garçons princesses ». Dès le début de son intervention, elle établit un lien direct entre ces deux réalités. « Vous remarquez qu’il y a plus de garçons princesses aujourd’hui parce qu’il y a de plus en plus de mères célibataires. »
La réalisatrice et formatrice estime que, malgré toute la bonne volonté d’une mère, certaines dimensions de l’éducation d’un garçon demeurent difficiles à assurer sans la présence d’une figure paternelle. « Ne nous mentons pas, lorsqu’une femme élève seule un enfant, il y a des choses qui vont manquer à cet enfant. »
Selon elle, beaucoup de femmes perçoivent inconsciemment leur enfant comme « une projection d’elles-mêmes » ou « une continuité d’elles-mêmes », au point de vouloir parfois éloigner le père après une séparation.
https://www.facebook.com/reel/2101051870841858/?mibextid=9drbnH

« Certaines mères utilisent leur enfant pour guérir leurs blessures »
Au fil de son analyse, Cynthia Élisabeth Ngono évoque les séquelles émotionnelles que porteraient certaines mères célibataires après une rupture. Ces blessures influenceraient, selon elle, leur manière d’élever leur fils. « Elle va essayer de combler maladroitement l’absence du père. Elle va aussi utiliser l’enfant pour se soigner. »
La cinéaste estime que la perception négative des hommes développée après certaines expériences sentimentales peut conduire certaines mères à construire un lien fusionnel avec leur enfant. « Sur dix mères célibataires, neuf le sont parce qu’on les a quittées. » Aucune étude ou donnée n’est toutefois citée pour étayer cette proportion.
Une dépendance affective construite dès l’enfance, selon la réalisatrice
Pour Cynthia Élisabeth Ngono, un garçon élevé dans un environnement où il reçoit une affection qu’elle juge excessive risque, une fois adulte, de rechercher constamment cette même attention dans ses relations amoureuses. « la mère va sur-aimer son enfant sans savoir qu’elle est en train de creuser son appétit. »

Elle compare cette situation à un enfant habitué à recevoir beaucoup de nourriture et qui, plus tard, ne se satisfera plus de portions normales.
La réalisatrice poursuit son raisonnement en expliquant que l’absence du père crée une « blessure d’abandon » qui influencerait inconsciemment les relations sentimentales futures. « Les premières copines qu’il va rencontrer, il va attendre inconsciemment qu’elles le traitent comme sa mère le traite. Il va demander beaucoup. Et c’est comme ça qu’il tombe dans la dépendance affective. »
Avant de conclure : « Le masque de l’abandon, c’est la dépendance affective. »
Habituée à prendre position sur les questions liées aux rapports humains et à la famille, Cynthia Élisabeth Ngono livre ici une lecture psychologique de l’éducation des garçons dans les foyers monoparentaux. Si son intervention trouve un écho auprès de certains internautes, elle est également contestée par d’autres, qui estiment que l’équilibre d’un enfant dépend de nombreux facteurs et ne peut être réduit à la seule configuration familiale.

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Ève-Pérec N.BEHALAL








