Dans un témoignage sans détour, Prince Batantou, banquier et coach en éducation financière, lève le voile sur un parcours jalonné d’épreuves, d’erreurs et de prises de conscience. Débuts inattendus dans la banque, apprentissage difficile de la gestion de l’argent et affaires financières complexes rythment son histoire, qu’il raconte comme une trajectoire où la résilience s’est imposée comme fil conducteur. Au-delà de son expérience personnelle, il livre surtout une série de leçons sur la discipline financière, la valeur réelle du salaire et les pièges de la mauvaise organisation.
Un parcours né d’un “hasard”… mais surtout d’une insistance familiale
Banquier et coach en éducation financière, Prince Batantou revient sur une trajectoire qu’il n’avait pas planifiée. Selon lui, son entrée dans la banque doit beaucoup à son épouse, qui a insisté pour qu’il tente sa chance. « Je me suis retrouvé à la banque par hasard. C’est ma femme qui m’a envoyé un lien pour postuler et elle a insisté jusqu’au dernier jour. » « Moi j’avais déjà ma définition : ces institutions ne recrutent que les enfants de… »
Une perception qu’il avoue avoir dû déconstruire au fil du processus de recrutement.

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« J’ai fait comme tout le monde… et j’ai attendu » : les débuts dans l’incertitude
Avant d’intégrer définitivement le secteur bancaire, il traverse une longue période d’attente et de doutes. « J’ai fait comme tout le monde… et j’ai attendu. De septembre à février il n’y avait rien, j’avais même oublié le concours. » Une phase qu’il décrit comme formatrice, dans un environnement très sélectif et imprévisible.
“Je me suis retrouvé à une période sans même 30 000 francs” : le déclic financier
Son rapport à l’argent change brutalement après une expérience personnelle marquante. « Je me suis retrouvé à une période de ma vie avec même pas 30 000 francs alors que j’étais à quelques jours du salaire. » « C’est là que j’ai compris qu’il faut savoir gérer son argent. » Une situation qu’il relie à un manque d’éducation financière au début de sa carrière.
“Le salaire n’est pas fait pour durer 30 jours” : une règle de vie
Pour lui, la mauvaise gestion du salaire est une erreur largement répandue. « Le salaire n’est pas fait pour durer 30 jours. Les gens pensent qu’il doit obligatoirement être fini en 30 jours, mais ce n’est pas une règle. » Il insiste sur la nécessité d’une discipline personnelle forte dès la réception des revenus. Au-delà du montant gagné, c’est la gestion qui fait la différence.
« Le revenu n’est pas une richesse. La richesse, c’est l’organisation. Si tu gagnes beaucoup sans organisation, tu multiplies juste tes mauvaises habitudes. Plus d’argent ne règle pas les problèmes, ça les amplifie. »

“Je cherchais qui avait des problèmes” : une mauvaise habitude révélatrice
Il reconnaît également avoir eu des comportements financiers impulsifs au début de sa vie professionnelle. « Je cherchais qui avait des problèmes pour les aider. Le problème avec ça, c’est que tu ne peux pas t’arrêter sinon tu deviens le méchant de la famille. » Une dynamique qui, selon lui, conduit souvent à des déséquilibres financiers dans les familles africaines.
Une affaire d’or et une convocation à Interpol : “la naïveté coûte cher”
Il revient sur une affaire d’investissement risquée dans le commerce de l’or. « J’ai compris que la naïveté peut coûter très cher. J’ai été convoqué à Interpol pour une affaire que je ne comprenais même pas au départ. Le problème, c’est de faire confiance sans preuve ni traçabilité. » Il insiste sur l’importance de garder des preuves dans toute transaction.
“On m’a dit que le banquier doit vivre de dettes” : les réalités du métier
Son immersion dans le milieu bancaire lui a aussi permis de découvrir des logiques internes surprenantes. « Le banquier ne vit que des dettes. On m’a dit : “Endette-toi, ça va aller.” » Une expérience qui l’amène à nuancer la perception du crédit et de l’endettement.
Le rôle de son épouse : intuition, alertes et décisions
Son épouse a joué un rôle central dans plusieurs décisions importantes. « Dès qu’il m’a parlé du business de l’or, je lui ai dit que je ne sentais pas l’affaire. J’avais rêvé que la police venait l’arrêter. Je voyais que ça n’allait pas, mais il ne m’a pas écoutée. »
Aujourd’hui, il reconnaît qu’elle a souvent servi de “garde-fou”. « Une femme peut construire comme elle peut détruire un homme. »

Banques en Afrique : “les taux élevés ne sont pas un hasard”
Sur le fonctionnement du système bancaire, il apporte une explication claire.
« Les taux élevés reflètent surtout un risque d’insolvabilité. Plus le risque est élevé, plus le coût du crédit augmente. » Une manière pour lui de démystifier le crédit bancaire. Pour les entrepreneurs, il insiste sur la discipline financière. « Il faut de la traçabilité financière. Sans structure, tu ne peux pas convaincre une banque. L’idée ne suffit pas, il faut la preuve et l’organisation. »
Une philosophie forgée par les épreuves
Son message final reste centré sur la résilience. « Aujourd’hui les gens voient le produit fini, mais ils ne connaissent pas les épreuves. Chaque erreur m’a appris quelque chose. La vraie richesse, c’est ce que tu comprends de la vie après les chutes. »
À travers ce témoignage dense et personnel, Prince Batantou livre une vision réaliste de la finance : loin des clichés de réussite rapide, il met en avant la discipline, l’organisation et la résilience comme véritables piliers de la réussite.

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Diane Laure MISSEKOU








