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Le sprinteur Toumany Coulibaly, champion de France 2015 accusé d’extorsion, de violences et d’abus de faiblesse

Champion de France du 400 m en salle en 2015, Toumany Coulibaly est de nouveau visé par la justice. À 38 ans, l’ancien athlète d’origine malienne fait l’objet de deux plaintes déposées par d’anciennes compagnes. Elles dénoncent des faits présumés d’extorsion, d’abus de faiblesse et de violences. Une nouvelle affaire qui vient assombrir un parcours déjà marqué par 17 condamnations.

Deux nouvelles plaintes déposées contre l’ancien athlète

Deux anciennes compagnes de Toumany Coulibaly ont déposé plainte contre lui. Elles l’accusent de leur avoir soutiré près de 90 000 euros au total (soit +60.000.000 FCFA). Les faits dénoncés portent notamment sur l’extorsion, l’abus de faiblesse et les violences. Selon les informations publiées par Le Parisien, les deux plaintes ont été déposées en décembre 2025 et en mars 2026. Les accusations concernent donc des faits qui se situent dans une période récente. Elles devront désormais être examinées par la justice.
Le Parisien indique avoir tenté de le joindre, sans obtenir de réponse.

Un champion de France en 2015

Avant de devenir un habitué des chroniques judiciaires, Toumany Coulibaly était considéré comme un athlète prometteur.

Né le 6 janvier 1988, le Franco-malien s’est spécialisé dans le 400 mètres. Son meilleur chrono sur la distance en plein air reste de 45 s 74, réalisé le 7 juillet 2012 à Castres. World Athletics répertorie également un record de 47 s 22 sur 400 m en salle, établi le 22 février 2015 à Aubière.

Cette journée du 22 février 2015 marque le sommet de sa carrière nationale. Coulibaly devient alors champion de France Elite en salle du 400 m. Il nourrit alors des ambitions internationales et espère pouvoir participer aux Jeux olympiques. Mais son parcours judiciaire va rapidement prendre le dessus sur sa carrière sportive.

Le sprinteur Toumany Coulibaly, champion de France 2015 accusé d’extorsion, de violences et d’abus de faiblesse

Le soir de son sacre, un cambriolage

Le destin de Toumany Coulibaly bascule en 2015. Le soir même de son titre national, il est impliqué dans le cambriolage d’une boutique de téléphonie. Cette affaire lui vaudra plus tard une condamnation.
Le 30 mai 2017, il est condamné à deux ans de prison ferme pour ce vol de téléphones commis le soir de son sacre de février 2015.

Une succession de condamnations depuis 2006

Les difficultés judiciaires de Coulibaly ne commencent pourtant pas en 2015.

Son casier judiciaire s’est progressivement alourdi depuis 2006. Une chronologie publiée par Le Parisien en 2018 fait état de condamnations pour vols aggravés, conduite sans permis, faux chèques et vols avec violences.
Au fil des années, les cambriolages se multiplient. Des pharmacies, des commerces et des boutiques de téléphonie situés notamment en Essonne, dans le Val-de-Marne et en Seine-et-Marne sont ciblés.

Le 10 février 2015, un magasin Bouygues Telecom du Carré-Sénart, à Lieusaint, est notamment cambriolé. Le préjudice en téléphones est alors estimé à 90 000 euros. Le 6 mars suivant, un magasin SFR de Pontault-Combault est ciblé, puis une boutique Bouygues Telecom à Cesson le 22 mars. )

En janvier 2022, Coulibaly comparaît encore devant le tribunal correctionnel d’Évry. Il est alors jugé pour 27 cambriolages et tentatives de cambriolage de pharmacies commis entre octobre 2012 et janvier 2013. Il s’agit de sa seizième comparution depuis 2006.

Champion de France du 400 m en salle en 2015, Toumany Coulibaly est de nouveau visé par la justice. À 38 ans, l’ancien

Mars 2023, la justice lui accorde une nouvelle chance

Le parcours de Coulibaly connaît pourtant un moment d’accalmie judiciaire. Le 20 mars 2023, le tribunal d’Évry le dispense de peine dans une dernière affaire de vols avec effraction. Cette décision prend notamment en compte ses efforts de réinsertion sportive et sociale.

L’ancien champion poursuit alors l’athlétisme. Les données de la Fédération française d’athlétisme montrent même qu’il continue à courir à un niveau compétitif. En juin 2022, il avait notamment remporté le 400 m lors des championnats d’Île-de-France en 47 s 89. Cette période pouvait laisser espérer une sortie durable de la spirale judiciaire.

Septembre 2024, nouvelle condamnation pour violences

Mais cette tentative de reconstruction connaît un nouveau coup d’arrêt. Le 11 septembre 2024, Toumany Coulibaly comparaît devant le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes pour des violences commises sur sa compagne et l’un de ses enfants.
Le 12 septembre 2024, il est condamné à 12 mois de prison sous le régime de la semi-liberté. La justice lui retire également l’exercice de l’autorité parentale.
Cette condamnation porte alors à 17son nombre de condamnations

Une carrière sportive toujours difficile à dissocier de ses affaires judiciaires

Malgré cette trajectoire, Toumany Coulibaly n’a jamais complètement abandonné l’athlétisme. En 2024, il a couru le 400 m en 46 s 84 à Bonneuil-sur-Marne. En 2026, son profil officiel mentionne notamment 21 s 33 sur 200 m et deux titres régionaux en catégorie Masters 35 ans sur 200 m et 400 m en salle.

Son histoire avait d’ailleurs inspiré le journaliste et écrivain Mathieu Palain. Dans son ouvrage « Ne t’arrête pas de courir », publié en 2021, l’auteur s’intéresse à la trajectoire de l’ancien champion et à cette coexistence troublante entre passion sportive et délinquance.

De nouvelles accusations, une nouvelle étape judiciaire

Les deux plaintes déposées en décembre 2025 et mars 2026 viennent donc s’ajouter à près de deux décennies de démêlés judiciaires. La presse française rapporte que les deux anciennes compagnes affirment avoir perdu près de 90 000 euros au total. Elles dénoncent des faits présumés d’extorsion, d’abus de faiblesse et de violences. Ces constituent une nouvelle étape judiciaire et devront être établies ou écartées par les autorités compétentes.

À 38 ans, l’ancien champion de France du 400 m en salle reste ainsi rattrapé par une histoire qui semblait pourtant connaître un nouveau départ. Son parcours, marqué par un titre national, des ambitions olympiques, des années de prison, des tentatives de réinsertion et 17 condamnations, connaît aujourd’hui un nouveau chapitre judiciaire.

La suite dépendra désormais des investigations et des décisions de justice concernant ces deux nouvelles plaintes.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire

Eve-Pérec N.BEHALAL

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