Figure majeure du rap camerounais depuis le début des années 2000, Koppo n’a pas suivi une trajectoire classique. Peu d’albums, de longues périodes de silence musical, une présence éclatée entre radio, télévision, cinéma et vie sociale. Un parcours que beaucoup qualifieraient d’irrégulier, mais que l’artiste revendique aujourd’hui comme un choix assumé. Au cours d’une interview accordée à Laura Dave Média TV, Koppo livre une lecture sans concession de sa carrière et de l’industrie musicale camerounaise.
Révélé au grand public avec le titre « Si tu vois Ma go », devenu un marqueur générationnel du rap local, Koppo s’est imposé très tôt comme un parolier à part, maniant humour, observation sociale et langage populaire.
Le succès aurait pu l’enfermer dans une logique de production intensive. Il a choisi l’inverse.
« Ce qui est un manquement pour beaucoup est une force pour moi », explique-t-il, évoquant son inconstance discographique. En plus de vingt ans de carrière, Koppo n’a pas empilé les albums. Il revendique des pauses créatives, parfois longues, durant lesquelles il explore d’autres terrains : animation radio et télé, apparitions dans des clips, rôles au cinéma, présentation d’événements privés. Une manière de rappeler que, pour lui, être artiste ne se limite pas à sortir des chansons.

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Ce positionnement l’a parfois éloigné des circuits de diffusion dominants. Koppo évoque une forme de marginalisation médiatique, alimentée par un système où la visibilité dépend fortement de certaines plateformes internationales.
« Si tu n’es pas sur Trace, les gens pensent que tu n’existes pas », déplore-t-il. À cela s’ajoutent des tensions assumées, notamment après une critique adressée à Richard Bona dans un clip, qui lui a valu d’être écarté par certains médias locaux.
Pour autant, Koppo ne parle ni de regret ni d’échec. Il parle de liberté. Liberté de créer quand l’inspiration est là, liberté de disparaître quand elle ne l’est pas, liberté aussi de vieillir hors des codes imposés au rappeur.
« Je ne veux pas rapper jusqu’à 60 ans avec des cheveux blancs », lâche-t-il, sur le temps qui passe et sur la nécessité de se réinventer.

Cette transition est déjà amorcée. Cette année 2026, Koppo annonce la sortie d’un maxi-single intitulé « Jangi » (cotisation en français), un projet basé uniquement sur des collaborations, produit en autoproduction. Un choix stratégique qui traduit sa volonté de contrôler son discours et ses choix artistiques, sans avoir à se justifier.
Parallèlement, il se projette de plus en plus en coulisses, comme conseiller artistique et parolier, revendiquant une meilleure reconnaissance de ces métiers au Cameroun.
« Je suis déjà derrière le succès de plusieurs jeunes », affirme-t-il, appelant à une industrie qui valorise autant ceux qui écrivent que ceux qui sont devant le micro.

Un message adressé à la nouvelle génération, à qui il conseille une carrière plurielle, ancrée dans la réalité, loin des illusions de la célébrité instantanée.
L’émission complète est à découvrir dès ce vendredi 6 février 2026 à 18h sur la page YouTube Laura Dave Média TV.
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Ève-Pérec N.BEHALAL





