Acteur et producteur camerounais, Kang Quintus a publié le 11 septembre 2026, la première partie de son récit intitulé « Journal d’un Prisonnier », consacrée à son épouse. Il y raconte son mariage célébré dans l’intimité en décembre 2024, le départ de sa femme pour le Canada avec leurs enfants onze mois plus tard, puis le silence qui a suivi son arrestation. À travers ce témoignage personnel, il questionne la fin de l’amour, les blessures du couple et surtout la place de la compassion lorsque les liens se fragilisent.
Un mariage volontairement tenu loin des regards
Kang Quintus commence son récit par rappeler les conditions dans lesquelles son union a été célébrée. Après trois années de fréquentation, le couple choisit une cérémonie particulièrement discrète.
« Le 31 décembre 2024, nous nous sommes officiellement mariés après trois ans de fréquentation. Ce fut une cérémonie profondément intime : cinq personnes seulement, exactement comme nous le voulions tous les deux. Pas de foule, pas de médias, pas de tapage, pas de bruit, pas de grande célébration. Même notre photo de mariage n’a jamais été publiée sur les réseaux sociaux. Elle n’appartenait qu’à nous. »

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Un matin ordinaire avant un départ qu’il ignorait
Onze mois après le mariage, l’acteur raconte une journée qui, selon lui, avait commencé comme n’importe quelle autre. Sa femme lui a servi le petit-déjeuner avant qu’ils ne jouent ensemble aux cartes.
« Onze mois plus tard, le 22 novembre 2025, à 10 heures du matin, ma femme m’a servi le petit-déjeuner, puis nous nous sommes assis pour jouer aux cartes, riant comme n’importe quel autre matin. Ensuite, elle m’a dit qu’elle emmenait les enfants à un rendez-vous chez le médecin à Yassa, Douala. Je n’avais aucune idée qu’elle se dirigeait en réalité vers l’aéroport. »
Quelques heures plus tard, l’inquiétude laisse place au choc.
« Pendant plus de dix heures, j’ai appelé et écrit, encore et encore, sans aucune réponse. Terrifié à l’idée qu’il soit arrivé quelque chose de grave à elle et à mes enfants, je me suis rendu pour déposer une plainte à la police. En chemin, vers minuit, j’ai reçu un appel m’annonçant que ma femme était dans un avion en route pour le Canada. »
« Comment avais-je pu manquer tous les signes ? »
En découvrant que son épouse et ses enfants avaient quitté le pays, Kang Quintus dit avoir ressenti à la fois la stupeur et le soulagement de savoir qu’ils étaient en sécurité.
« J’étais sous le choc. Et pourtant, sous cette stupeur, un étrange soulagement pointait au moins, rien de grave ne leur était arrivé. »
De retour chez lui, il découvre que les documents familiaux ont également disparu.
« Je me suis précipité chez nous et j’ai cherché partout. Le tiroir mural était vide. J’ai vérifié le tiroir les passeports, les documents, tout avait disparu. Comment avait-elle réussi cela ? Comment avais-je pu manquer tous les signes ? »
Il affirme avoir appris par la suite que ce départ était préparé depuis plusieurs mois.
« J’ai appris plus tard qu’elle préparait ce départ depuis des mois. Ses vêtements étaient déjà faits et prêts, chez sa tante à Bali, Douala. »

Des messages restés sans réponse
Après le départ de son épouse, l’acteur raconte avoir multiplié les tentatives pour obtenir une explication.
« Confus et le cœur brisé, je lui ai envoyé message après message. Aucune réponse n’est venue. Pas une seule, jusqu’à ce jour. Après de nombreuses tentatives, j’ai finalement arrêté d’écrire non pas parce que j’avais cessé de me soucier d’elle, mais parce que je ne pouvais plus supporter ce silence. »
Quelques mois plus tard, il dit l’avoir aperçue en larmes sur les réseaux sociaux.
« Cinq mois plus tard, en avril 2026, je l’ai vue pleurer sur les réseaux sociaux. J’étais choqué. Je n’entrerai pas dans les détails de ce qui a suivi la plupart d’entre vous le savent déjà. »
Un silence qu’il dit avoir vécu comme une seconde blessure
C’est toutefois après son arrestation que le silence de son épouse prend, selon lui, une dimension particulièrement douloureuse. Kang Quintus explique n’avoir plus eu de nouvelles directes d’elle.
« Depuis le jour de mon arrestation, je n’ai plus eu aucune nouvelle de ma femme. Pas même un bonjour. Et ce qui est étrange, c’est que chaque fois que j’avais la chance de parler à mes enfants par le téléphone de la petite sœur de ma femme, je sentais que ma femme était bien là présente, à l’écoute et pourtant, elle ne disait rien. »
Un épisode lié à des documents nécessaires à sa défense a également marqué l’acteur.
« Mes avocats avaient besoin de notre certificat de mariage et des actes de naissance de nos enfants. Comme elle était partie avec tous les documents, je me suis adressé à elle directement, il me semblait irrespectueux de passer par sa petite sœur. Je lui ai écrit moi-même. Elle a lu mon message. Et toujours, aucune réponse. Elle a simplement transmis les documents à ma petite sœur, qui me les a ensuite fait parvenir. »
« Qu’est devenue la simple compassion humaine ? »
Au fil de son récit, Kang Quintus reconnaît les difficultés qui ont existé dans son couple, tout en s’interrogeant sur ce qui subsiste après les conflits.
« Ce silence a brisé quelque chose en moi. Pas même un simple “J’ai appris ton arrestation, est-ce que ça va ?”. Je comprends que les gens se déchirent, que l’amour peut s’effriter, que les mariages se terminent. Mais fallait-il vraiment tomber aussi bas ? »
Il revient alors sur les années vécues ensemble.
« Oui, nous nous sommes disputés. Oui, il y a eu des nuits de désaccord, des moments assombris par le soupçon et des accusations d’infidélité. Mais qu’en est-il des bonnes années ? Qu’est devenu tout ce que nous avons construit ensemble pendant quatre ans ? Qu’est devenue la simple compassion humaine, l’empathie, le fait de prendre soin de quelqu’un même après que l’amour se soit estompé ? Est-il vraiment possible qu’une personne devienne aussi froide ? »

La douleur d’un homme face à l’inconnu
Pour l’acteur, le départ de sa femme et de ses enfants constitue une blessure importante. Mais dans son récit, c’est surtout l’absence de compassion qu’il présente comme la douleur la plus profonde.
« Que ma femme parte avec nos enfants, sans mon accord ni même mon savoir, m’a blessé profondément. Mais c’est son silence? son refus de montrer ne serait-ce qu’un soupçon de compassion pour ce que j’endure en prison qui m’a anéanti. Cela m’a laissé effrayé. Brisé. »
Il termine cette première partie de son « Journal d’un Prisonnier » par une réflexion sur les limites de ce que l’on croit savoir d’une personne que l’on aime.
« Cette journée fut l’une des plus bouleversantes de ma vie. Et à travers elle, j’ai appris quelque chose de douloureux : peut-être ne pouvons-nous jamais vraiment connaître un autre être humain, pas complètement, pas même ceux que nous avons le plus aimés… »

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Muriel Yanga








