Le Mois de la Femme est là, et pour l’occasion, Inside Women’s Life (IWL) fait vibrer la scène urbaine le 06 mars 2026 au Temple Aki Ngoss, à Yaoundé avec la première édition du Inside Women’s Life Dance Battle. Plus qu’une compétition, l’événement célèbre la danse féminine « made in 237 » comme un art, une force et un langage, tout en insufflant un nouvel élan à la structuration du hip-hop au Cameroun. Ouvert à toutes celles qui souhaitent participer, le projet est porté par Latysha de son vrai nom Adji Adji Manuella, chorégraphe et médiatrice culturelle, 1ère Vice-présidente de la FENASUR, guide le projet avec passion et rigueur.
Une motivation née d’un constat de terrain
Pour Lalysha, ce projet est avant tout une réponse à une réalité vécue. « La motivation profonde vient de mon désir de soutenir des femmes vulnérables qui se déploient dans un écosystème difficile, notamment celui de l’art. La femme est sujette à diverses formes de violences et a besoin d’outils pour poursuivre sa passion. »À travers IWL, elle veut offrir ces outils : cadre, visibilité, formation et opportunités concrètes.

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp en cliquant sur je m’abonne.
Quatre axes pour structurer la danse féminine
Le projet Inside Women’s Life repose sur quatre piliers : éducation – formation – création – compétition. Le battle du 06 mars marque le déploiement officiel de l’axe compétition. « La compétition, tout simplement parce que je suis une danseuse hip-hop. C’est une manière de redynamiser le paysage de la danse hip-hop au féminin et d’entretenir les performances de nos athlètes artistes-danseuses. » Un positionnement clair : la danse n’est pas un loisir, mais une discipline exigeante.

Une ouverture dès le plus jeune âge
Particularité forte du projet : il est ouvert dès 4 ans. « Dès qu’une enfant présente les aptitudes à danser ce rythme hip-hop, c’est ouvert », précise la promotrice.
Une manière d’encourager très tôt les talents et de déconstruire les préjugés liés aux pratiques urbaines féminines. Pas de nom
La danse comme métier et levier d’autonomisation
Latysha insiste sur la dimension professionnelle : « La danse est une activité génératrice de revenus, c’est un métier, c’est une profession. Elle permet d’investir les sphères de décision et donne aux jeunes filles du leadership. » Dans un environnement encore dominé par les hommes, elle revendique une place légitime pour les femmes dans le hip-hop camerounais.
Stigmatisation, violences et précarité : les obstacles dénoncés
La promotrice ne cache pas les difficultés rencontrées par les danseuses : « Les problèmes sont de divers ordres : la stigmatisation de la société, le harcèlement sexuel, le chantage émotionnel, les violences physiques et émotionnelles, la misogynie dans l’écosystème artistique. »
À cela s’ajoutent les défis liés au statut matrimonial et la difficulté à obtenir des revenus conséquents de la danse. Un plaidoyer fort pour une meilleure protection et professionnalisation du secteur.
Discipline, discipline… et encore discipline
Si un mot devait résumer sa vision, ce serait celui-ci : « La discipline – la discipline et encore la discipline sont mes mots d’ordre. Un talent qui n’est pas discipliné est voué à l’échec. » Ponctualité, rigueur, constance : pour Lalysha, la performance artistique repose sur des détails qui forgent les championnes.
Un appel au soutien et aux partenariats
Latysha voit loin. Elle souhaite que le projet survive et grandisse au-delà de sa propre présence. « Je souhaite que ce projet se pérennise même en mon absence. J’aurai besoin d’accompagnement, de soutien et de partenariats pour structurer et professionnaliser le secteur. »
Son ambition : contribuer à bâtir un environnement où les jeunes générations pourront réellement vivre de leur art.
Un message aux parents
La promotrice adresse également un message clair aux familles : « Ce n’est pas une chose aisée, mais il faut accompagner les jeunes filles sans appréhension. Allier école et art est essentiel. » Elle encourage à orienter les jeunes vers des structures de référence comme la FENASUR, engagée dans la structuration du secteur urbain.

Un battle, mais surtout un très mouvement
Le Inside Women’s Life Dance Battle ne se limite pas à une compétition. Il incarne une vision : faire du hip-hop féminin camerounais un espace d’excellence, de sécurité et d’émancipation. En ce Mois de la Femme, Latysha impose un tempo clair :
la femme ne suit plus le rythme, elle le crée.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à cliquer ici
Diane Laure MISSEKOU





