Derrière les campagnes de sensibilisation au cancer du sein, les femmes atteintes de la maladie doivent souvent affronter des réalités difficiles : le coût des traitements, les séquelles physiques et psychologiques, mais aussi le regard de la société. Le 19 octobre 2026, sur ses réseaux sociaux, Frédérique Nanan, écrivaine et poétesse, a partagé son expérience de survivante d’un cancer du sein agressif diagnostiqué avant ses 30 ans.
Frédérique Nanan, un cancer agressif avant ses 30 ans
Le cancer du sein a bouleversé la vie de Frédérique Nanan avant même ses 30 ans. Aujourd’hui, elle revient sur cette épreuve et sur la décision de rendre son histoire publique afin que d’autres femmes puissent trouver des repères dans des témoignages similaires.
« J’ai eu un cancer du sein très agressif. Avant mes 30 ans. J’ai survécu, avec des séquelles, mais j’ai survécu. Et j’ai décidé que ma survie ne resterait pas une histoire. Elle deviendrait une mission. »
Cette prise de parole répond également au manque de récits auxquels elle-même aurait souhaité avoir accès au moment de son diagnostic.
« J’avais tellement envie de hurler et je ne trouvais pas grand-chose sur Internet pour me projeter et anticiper les choses alors j’ai décidé de rendre cette nouvelle publique. »

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp…👇🏿👇🏿
Le regard des autres et la pression de la femme forte
Au-delà de la maladie, Frédérique Nanan évoque le poids du regard extérieur, notamment celui des proches. La nécessité de rassurer son entourage peut rendre plus difficile l’expression de la peur, de la fatigue et des moments de vulnérabilité.
« Vient ensuite le regard des inconnus et surtout celui des proches. Le soutenir demande un immense courage. »
Elle dénonce aussi les attentes qui pèsent sur les femmes confrontées à la maladie, souvent encouragées à afficher leur courage en toutes circonstances.
« Tout va très vite et vos proches attendent de vous : force, abnégation, sourire et résilience. Les moments de lâcher-prise deviennent secrets et occultés… le culte de la femme forte s’installe… »
À cette pression s’ajoute la question de l’image de soi. Les transformations physiques liées à la maladie peuvent affecter la féminité et le rapport au corps, tandis que la souffrance psychologique reste parfois invisible.
« La peur de perdre sa féminité. La peur de ne plus plaire. On perd son corps et un peu de son âme. La société t’invite à cacher la maladie. Mais on ne cache pas l’esprit ni les troubles. »

Le coût des traitements au cœur du débat
Chaque année, Octobre Rose multiplie les campagnes de sensibilisation au cancer du sein. Pour Frédérique Nanan, ces initiatives doivent toutefois s’accompagner d’une réflexion sur l’accès effectif aux soins et les moyens financiers nécessaires pour suivre les traitements.
« Octobre se pare de rose, mais l’émotion ne paie pas une chimiothérapie. La santé des femmes ne se tweete pas. Elle se paie. »
À travers ces mots, l’écrivaine déplace le débat de la sensibilisation vers les conditions matérielles de la prise en charge. Son témoignage pose ainsi une question : comment accompagner les femmes au-delà des campagnes ponctuelles, lorsque les traitements et le suivi médical nécessitent des ressources financières importantes ?
De l’épreuve personnelle à l’engagement auprès des femmes malades
Après son expérience de la maladie, Frédérique Nanan explique avoir voulu donner une portée collective à son parcours. Elle affirme avoir créé l’ONG Think Tank Nanan et le Fonds Santé Dignité pour contribuer au paiement des factures médicales de femmes malades. Elle évoque également la santé mentale parmi les enjeux auxquels elle souhaite accorder une attention particulière.
« Alors j’ai monté l’ONG panafricaine Think Tank Nanan et son Fonds Santé Dignité, pour régler les factures médicales des femmes malades du continent mais aussi briser le silence sur la santé mentale. »
En 2023, elle a également lancé le podcast La Voix de ma guérison, dans lequel la parole et le partage d’expérience occupent une place centrale.
« C’est difficile d’être systématiquement confrontée à cette épreuve. Comment toucher plus de femmes ? La solution : le podcast “La Voix de ma guérison” que j’ai lancé en 2023. Pour qu’aucune femme ne traverse ça en silence. »
Ses prises de parole passent aussi par des conférences, des plaidoyers, des cercles de femmes et des témoignages entre la France et la Côte d’Ivoire. Elle résume cette démarche par une conviction : « Le tabou meurt quand on le nomme. »
Frédérique Nanan appelle à des gestes concrets au-delà d’Octobre Rose
Pour l’écrivaine et poétesse, la sensibilisation ne doit pas se limiter à la diffusion de messages ou à la symbolique du ruban rose. Elle invite chacun à adopter des comportements concrets : s’informer sur la santé des seins, encourager le dépistage, accompagner les femmes concernées et soutenir celles qui rencontrent des difficultés pour accéder aux soins.
« Cette cause n’a pas besoin de spectatrices. Elle a besoin d’actrices. »
Elle propose notamment trois actions : « Fais ton autopalpation et parles-en autour de toi. Accompagne une femme à son dépistage. Soutiens une femme ou un fonds qui paie les soins. Regarde différemment cette maladie. »
Frédérique Nanan évoque enfin la foi comme un soutien personnel dans son parcours de survie : « Ma foi en Dieu m’a tenue debout. Je ne la cache pas. C’est elle qui change l’épreuve en mission. »
Son témoignage rappelle que le cancer du sein ne se résume ni à une campagne annuelle ni à un symbole. Derrière la sensibilisation, les besoins des femmes touchent aussi à l’accès aux soins, à l’accompagnement psychologique et à la possibilité de parler de la maladie sans honte. Pour Frédérique Nanan, le combat doit se poursuivre toute l’année : « Moi, j’ai décidé de me battre toute l’année, pas seulement en octobre. Chaque petit geste compte. »

Si cet article vous a interessé, n’hésitez pas à lire celui ici👇👇👇
Muriel yanga










