Le 28 août dernier, Marco Nebo, plus connu sous le nom de Marco La Légende, a choisi de briser le silence sur son passé en publiant deux photographies poignantes sur ses réseaux sociaux. Deux clichés, deux époques, mais un seul homme au parcours façonné par la foi, le travail acharné et une résilience à toute épreuve.
Les années d’ombre, le quotidien des petits métiers sous le soleil de Yaoundé
Sur la première image, on découvre un jeune homme arpentant les artères de la capitale politique, le visage marqué par l’effort. C’est l’époque où Marco n’a pour tout bagage que sa détermination et son courage. « Sur la première photo, c’est moi, à l’époque où je faisais du commerce ambulant dans les rues de Yaoundé », confie-t-il .
Derrière cette image de départ se cache une jeunesse confrontée précocement aux réalités brutales de la précarité. Pour survivre, Marco n’hésite pas à retrousser ses manches et à accepter les labeurs les plus ingrats, essuyant au passage le regard parfois méprisant de la société. « J’ai fait du commerce ambulant. J’ai poussé des pousse-pousse. J’ai fait du portage. J’ai exercé des activités dont certaines personnes auraient honte de parler aujourd’hui. Je passais mes journées à travailler sous le soleil pour parfois rentrer avec 1 000, 2 000, 3 000 ou 4 000 FCFA », se remémore-t-il avec émotion.
Au-delà de la fatigue physique, c’est l’insidieuse violence du jugement social qui pèse le plus lourd sur les épaules du jeune homme. « Parce que notre société peut être très dure avec ceux qui n’ont rien. Quand tu es pauvre, beaucoup ne voient pas ton potentiel. Ils voient seulement ta situation. »
Mais là où beaucoup se seraient résignés, Marco choisit de nourrir une conviction inébranlable : « Un jour, les choses vont changer. »

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La bascule: compétence, discipline et réseau
Pour sortir de la précarité, Marco mise sur l’apprentissage et saisit les opportunités qui s’offrent à lui, notamment au sein de son environnement chrétien où il se forme à la photographie et au montage vidéo. Cette compétence technique devient la clé qui lui ouvre les portes du monde de l’entrepreneuriat. En intégrant des milieux professionnels plus exigeants, il observe, emmagasine des connaissances et affine sa vision du monde des affaires.
Ces rencontres déterminantes modifient profondément sa perception. « J’ai appris leur manière de réfléchir. J’ai appris leur discipline. J’ai appris leur vision. J’ai appris que derrière une entreprise qu’on voit aujourd’hui, il y a souvent des années de travail que personne n’a vues. »
C’est fort de ces acquis, de cette maturité nouvelle et d’un réseau solide qu’il mûrit le projet qui va redéfinir sa vie : la création de MN DIRECTOR.
MN DIRECTOR : bâtir un empire sans millions de départ
L’ambition se heurte rapidement à la réalité financière. Monter une telle structure nécessite un capital de plusieurs millions de francs CFA, une somme colossale dont le jeune entrepreneur ne dispose absolument pas. Mais pour Marco, le manque de moyens financiers ne doit jamais constituer un arrêt de mort pour les projets porteurs.
S’appuyant sur sa foi chrétienne et guidé par des passages bibliques comme Marc 9:23 (« Tout est possible à celui qui croit »), il décide de se jeter à l’eau malgré les incertitudes et les obstacles. « J’avais un business plan qui nécessitait plusieurs millions de francs. Mais je n’avais pas ces millions. Et pourtant, j’ai commencé. Je n’avais pas toutes les réponses. Je n’avais pas toutes les ressources. Mais j’avais une vision, du travail et la foi », explique-t-il.
Les refus s’enchaînent, les portes se ferment, mais l’obstination finit par payer. À force de persévérance et de prières, la vision se matérialise enfin.

Un message d’espoir pour la jeunesse africaine
Aujourd’hui assis dans le fauteuil de directeur de MN DIRECTOR, comme le témoigne le second cliché publié sur sa page, Marco La Légende n’oublie rien du chemin parcouru. Lorsqu’il contemple son parcours, ce n’est pas l’orgueil qui prédomine, mais le souvenir vibrant du jeune garçon des rues de Yaoundé.
C’est précisément la raison pour laquelle il a choisi d’offrir son histoire en partage aux milliers de jeunes qui cherchent encore leur voie au milieu des difficultés quotidiennes. Son message est un appel vibrant à la foi, à la dignité et à l’action. « À tous les jeunes qui me lisent et qui traversent actuellement des moments difficiles : Ne laissez pas votre situation actuelle vous convaincre que votre avenir est condamné. Tu peux être au bas de l’échelle aujourd’hui et atteindre un autre niveau demain », lance-t-il avec force.
Marco Nebo conclut son témoignage en rappelant une leçon fondamentale que beaucoup ont tendance à oublier dans une quête de succès immédiat : « Alors si aujourd’hui tu es dans le commerce ambulant, si tu fais un petit métier, si tu commences avec presque rien, ne méprise pas ton commencement. Ton commencement n’est pas ta destination. » Une trajectoire exemplaire qui démontre qu’avec de la discipline, de l’apprentissage continu et une foi inébranlable, la rue peut parfois conduire jusqu’au sommet.

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Nidelle FOYET








