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Crisba, du jeune passionné de rap à un artiste qui veut maîtriser tous les rouages de la musique

Figure bien connue de la scène musicale béninoise, Crisba revient sur les différentes étapes qui ont façonné son parcours, de ses premiers textes au collège à son affirmation comme rappeur, chanteur et compositeur. Dans un entretien accordé le 09 Août 2026 l’artiste évoque notamment ses débuts dans le rap, ses années de groupe, sa passion pour les rimes, mais aussi sa conception du métier d’artiste. Loin de réduire la musique à la production de morceaux et aux chiffres, Crisba défend une approche plus large, où connaissance de l’industrie, culture musicale et capacité à évoluer occupent une place centrale.

« J’ai fait du dessin, du théâtre, du slam »

Avant de se consacrer pleinement au rap, le rappeur explore plusieurs formes d’expression artistique. Dès son plus jeune âge, il se familiarise avec le dessin, le théâtre et le slam, autant d’expériences qui contribueront progressivement à construire son rapport à la scène. « Le petit Terance n’a pas vraiment… Il n’y a pas vraiment eu d’Aurel quand j’étais petit, c’était beaucoup plus Terance. Et ça explique peut-être aussi le fait que je peux avoir différentes personnalités, je peux embrasser plusieurs domaines, je peux faire plusieurs choses. Et c’est comme ça que l’art m’a intéressé depuis tout petit. J’ai fait du dessin, j’ai fait du théâtre, j’ai fait du slam déjà à 13, 14 ans. » La musique arrive ensuite au collège, dans un environnement marqué par les échanges entre camarades et les activités culturelles.

Crisba, du jeune passionné de rap à un artiste qui veut maîtriser tous les rouages de la musique

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« C’est cette clique d’amis-là qui a fait que je suis allé au rap »

Crisba situe ses premiers pas dans le rap en classe de cinquième, sous l’influence d’un camarade de classe qui lui fait découvrir cet univers. « Adéchi Nathanaël, Kalash c’est son blaze. C’est mon camarade de banc quand on était en 5e. Ça a commencé en 5e et c’est lui vraiment qui m’a montré ce truc-là. Moi, j’aimais écrire du slam, j’aimais écrire des trucs, mais le truc des Américains là où on pouvait faire un beat sur la table et rapper, tu sais, moi j’ai jamais rappé sur des beats de base. Je rappais sur une table. » Quelques années plus tard, cette passion prend une dimension plus concrète avec ses premières expériences en studio, toujours entouré de ses proches. « La première fois que j’ai enregistré au studio, c’était toujours ce même cercle d’amis-là. » Une dynamique collective qui va progressivement l’amener à envisager le rap comme bien plus qu’un simple passe-temps.

« Quand trois, quatre, cinq personnes commencent à chanter, ton statut change »

Le passage du groupe à une carrière personnelle constitue une autre étape importante de son parcours. Crisba se souvient notamment de ses années à Akassato, période durant laquelle il commence à mesurer l’impact que peut avoir une chanson sur un public. « C’est vraiment avec ce groupe de rap que la carrière a vraiment commencé puisque c’est là qu’on a sorti des chansons qu’un public a écoutées. Quand tu arrives à l’étape où une chanson que trois, quatre, cinq personnes, une centaine de personnes commencent à chanter, là ton statut change. » Cette expérience collective lui permet ensuite de poursuivre son chemin en solo et de se faire davantage connaître grâce à ses prestations et ses freestyles.

Figure bien connue de la scène musicale béninoise, Crisba revient sur les différentes étapes qui ont façonné son parcours, de

« Je suis un fou de rap »

Chez le rappeur, la technique n’est pas apparue par hasard. L’artiste revendique une véritable curiosité pour le rap sous toutes ses formes et dit avoir consacré une grande partie de son parcours à écouter des artistes venus de différents horizons. « Je suis un fou de rap. Je connais même le Mali, tu me dis, je vais te dire à l’époque les clashs Ibaron et Talbi, je les connais tous. Je peux te dire même au Sénégal tout. Je cherche quoi, tu vois. » Cette passion explique aussi son attachement aux rimes et aux références, une particularité qui accompagne son écriture depuis ses premières années. « J’ai trop écouté de rappeurs différents, de différents pays. J’ai vraiment appris de la technique. » Pour lui, cette connaissance de l’histoire et des différentes écoles du rap reste essentielle pour comprendre la musique contemporaine.

Une vision plus large du métier d’artiste

Au-delà de la performance artistique, l’artiste défend une conception plus professionnelle du métier. Selon lui, un rappeur doit également comprendre l’environnement dans lequel il évolue, notamment les droits d’auteur, l’industrie musicale et les différents métiers qui gravitent autour de la création. « Pour comprendre comment la musique marche aujourd’hui, il faut comprendre comment la musique a marché hier. » Il estime ainsi que la réussite d’un artiste ne repose pas uniquement sur les morceaux qu’il produit ou les chiffres qu’il réalise. « Un rappeur, c’est celui-là qui ne fait pas que du texte, qui ne fait pas que du son, mais celui-là qui sait déjà c’est quoi, comment ça marche les droits d’auteur, comment ça marche l’industrie de la musique, comment ça marche le métier même de la musique. » Une vision qui l’amène à considérer l’artiste comme un acteur à part entière de son secteur, capable de comprendre et d’investir plusieurs de ses compartiments.

Des souvenirs de jeunesse qui ont façonné le rappeur

Derrière le parcours professionnel se cache également une période de jeunesse que le rappeur béninois raconte avec une certaine nostalgie. Ses années de groupe restent associées à des souvenirs parfois insolites, notamment lorsqu’un de leurs morceaux clash circulait dans leur établissement pendant les compositions scolaires. « On était en composition au CEG là. On faisait les compositions et tout le collège est calme. Et il y avait des maçons qui travaillaient dans le CEG là. Tu sais, quand on est en composition, tout le collège est calme. Et là, on met notre son. » Un souvenir qui illustre l’ambiance de ses débuts, lorsque la musique était encore essentiellement une aventure entre amis, bien avant que le rap ne devienne pour lui une véritable carrière.

Aujourd’hui, Crisba regarde ce chemin parcouru avec davantage de recul. Entre les premières rimes improvisées sur les tables du collège, les expériences de groupe et son évolution artistique, le Béninois revendique surtout une chose : être capable de comprendre son métier dans toute sa complexité, sans jamais perdre le rap de vue.

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Muriel Yanga

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