À l’occasion de son passage dans les locaux de Laura Dave Média ce 18 mai 2026, en prélude à l’émission PEOP’S dédiée à l’unité nationale qui sera diffusée le 20 mai prochain sur Laura Dave Média Tv, l’humoriste camerounais Black Oya a livré une réflexion profonde sur le rôle social de l’artiste. À travers son parcours et sa vision, il défend un humour engagé, pensé comme un vecteur de cohésion, d’ouverture et de responsabilité culturelle.

Un art pensé au-delà du « village »
Pour Black Oya, l’artiste camerounais doit choisir entre deux dynamiques : celle d’un art limité à sa communauté et celle d’une ambition plus large. Il explique qu’un créateur ne peut se contenter d’un public restreint en se limitant aux langues locales sans accessibilité. Il affirme ainsi : « certains artistes se limitent à leur communauté en utilisant uniquement leur langue maternelle », avant de défendre une autre posture artistique tournée vers l’ouverture : « un artiste avec une vision plus large cherche à rassembler au-delà des frontières du Cameroun pour toucher l’Afrique et le monde ».
Selon lui, « une œuvre doit être supportable et accessible pour ne pas se limiter à un champ de visibilité réduit ».

📺𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
L’humour comme arme sociale et outil de cohésion
L’humoriste insiste sur la portée sociale de son art, qu’il considère comme un outil de réflexion collective. Pour lui, l’humour permet d’aborder des sujets sensibles tout en facilitant leur réception par le public.
Il résume cette idée par une formule : « Pour savoir comment marche un pays, faut voir comment ceux qui dirigent le pays marchent ».
Selon lui, « la satire et la subtilité permettent de dénoncer des situations sans que cela soit perçu comme une attaque personnelle directe », faisant de l’humour un véritable outil de cohésion et de dialogue social.

Refus du buzz et défense d’une carrière durable
Black Oya prend également position contre la culture du buzz et de l’instantanéité dans le milieu artistique. Il revendique une démarche fondée sur la durée et la cohérence. Il se décrit ainsi : « une lumière qui crée sa propre lumière », refusant de courir derrière les tendances éphémères.
Il critique une logique de succès rapide en rappelant : « certains artistes travaillent pour trois ans de carrière alors qu’ils doivent vivre de ce métier pendant cinquante ans ». Pour lui, l’essentiel reste la pérennité de l’œuvre et la trace laissée dans le temps.
Langues et stratégie d’ouverture au public
Sur la question linguistique, Black Oya adopte une approche stratégique. Il reconnaît la valeur des langues locales mais insiste sur la nécessité de les rendre accessibles pour élargir l’audience. Il explique : « la langue maternelle est utilisée pour l’originalité, mais sans sous-titres, on ne parle qu’à son village ».
Dans cette logique, il privilégie aussi le français et l’anglais afin de permettre à ses créations de toucher un public plus large, tout en conservant une part d’authenticité culturelle.
À travers cette prise de parole, Black Oya propose une vision structurée de l’humour comme outil de cohésion sociale et d’unité nationale. Entre responsabilité artistique, ouverture culturelle et refus du buzz, il défend une approche durable et engagée de son métier. Une position en parfaite résonance avec le thème de PEOP’S.

L’intégralité de cette émission est à retrouver sur notre chaîne YouTube
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Benjamin NOAH




