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Belka Tobis brise le silence sur les réalités de la musique camerounaise

Invité du podcast SolAttitude, l’icône de la musique camerounaise Belka Tobis s’est livré sans détour. À 67 ans, l’artiste au parcours de plus de cinquante ans revient sur ses débuts, dénonce les réalités du métier et interpelle sur les dérives qui fragilisent la culture au Cameroun. Entre confidences personnelles, coups de gueule et message d’unité, l’artiste dresse un portrait lucide et parfois brutal de l’industrie musicale.

Des cabarets à la consécration : un parcours forgé à la guitare

Avant d’être chanteur, Belka Tobis est d’abord un guitariste passionné. Une vocation née très tôt. « J’ai découvert la guitare à 15 ans et je suis tombé amoureux de cet instrument. » C’est dans les cabarets qu’il fait ses premières armes, avant de comprendre que la musique peut devenir un véritable métier. « C’est quand j’ai joué dans un cabaret à Douala que j’ai su que la guitare pouvait m’amener très loin. » En 1995, il franchit un cap avec la sortie de son premier album. « Le titre « Pardonne-moi » a fait le hit-parade camerounais pendant un an. »

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Europe, succès… puis réalité : le rêve nuancé de la diaspora

Repéré et emmené en Europe par une productrice, l’artiste connaît une ascension rapide. Mais derrière les projecteurs, la réalité est plus complexe. « Quand l’argent ne rentre plus, ça devient difficile. » Belka Tobis insiste sur une vérité souvent ignorée : la précarité des artistes, même les plus connus.

Droits d’auteur bafoués : “C’est la retraite de l’artiste qu’on détruit”

Pour lui, le cœur du problème est clair : la mauvaise gestion des droits d’auteur au Cameroun. « Les droits d’auteur sont bafoués au Cameroun. Normalement, c’est ça la retraite de l’artiste. » Contrairement à d’autres pays, les revenus ne sont pas garantis sur la durée. « Quand il n’y a pas de spectacle, l’artiste doit vivre comment ? »

Une musique camerounaise en perte de vitesse ?

Autre constat fort : le recul de la musique camerounaise sur la scène africaine.
« Le ventre affamé n’a point d’oreilles. Quand on a faim, l’inspiration manque. »
L’artiste pointe aussi du doigt un manque de rigueur chez certains jeunes talents.
« Dès qu’ils connaissent deux accords, ils se disent artistes. »

Grandes scènes européennes : “On a le niveau, mais pas les promoteurs”

Malgré le talent reconnu des artistes camerounais, les grandes scènes restent difficiles d’accès. « Les promoteurs ne prennent pas de risques. » « Nous avons de bons artistes, mais il faut nous faire confiance. » Selon lui, le problème n’est pas artistique… mais structurel.

Boycotts et tribalisme : le coup de gueule

C’est sans doute la partie la plus virulente de l’entretien. Belka Tobis dénonce fermement les blocages politiques et communautaires. « Ce sont des gens qui méritent la prison. Il y a le tribalisme au Cameroun, il faut que ça finisse. » Pour lui, ces tensions détruisent non seulement les carrières, mais toute une industrie. « C’est un manque à gagner pour tout le monde. »

Un père avant tout : rigueur et responsabilités

Loin de l’image cliché de l’artiste dépensier, Belka Tobis revendique une discipline financière stricte. « J’ai six enfants à nourrir. Quand je joue, je rentre directement chez moi. »

La vie en France : entre galère et détermination

L’artiste ne cache pas les difficultés liées à la vie en diaspora. « La vie est dure en France. Quand on pense aux charges, l’inspiration disparaît. » Il explique que beaucoup d’artistes perdent leur créativité en jonglant avec des emplois alimentaires.

Cap sur les États-Unis : une carrière toujours en mouvement

Malgré les défis, Belka Tobis continue d’avancer. Une tournée américaine est en préparation. « Je vais aux États-Unis faire mon travail. » Il envoie un message fort : « Aimons-nous les uns les autres » L’artiste lance un appel à l’unité nationale, au-delà des divisions politiques et ethniques. « Il ne faut pas que la politique nous détruise. Que les politiciens nous laissent faire notre métier. »

Un artiste, une voix, un cri du cœur

À travers cet entretien, Belka Tobis ne se contente pas de raconter son histoire. Il pose un diagnostic sans complaisance sur l’industrie musicale camerounaise et appelle à une prise de conscience collective. Un témoignage fort, à la fois lucide et engagé, qui rappelle que derrière les projecteurs… la réalité des artistes reste un combat quotidien.

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Diane Laure MISSEKOU

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