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Awawou Mandunh dénonce le silence autour des grossesses issues de l’inceste

Lorsqu’une violence sexuelle est commise au sein de la famille, le lien de parenté ne transforme pas le crime en affaire privée. Pourtant, honte, silence et pression sociale peuvent encore contribuer à maintenir les victimes dans l’isolement. Dans une publication sur sa page Facebook le 25 septembre 2026, la féministe et activiste Awawou Mandunh alerte sur la situation des jeunes filles victimes d’inceste, particulièrement lorsqu’une grossesse résulte de cette violence.

Le silence familial ne doit pas effacer le crime

Pour Awawou Mandunh, la première urgence est de nommer clairement les faits et de placer la victime au centre de la réponse.
« L’inceste n’est pas une affaire de famille. C’est un crime. Les témoignages de jeunes filles victimes d’inceste se multiplient sur les réseaux sociaux. Des enfants agressés au sein même de leur famille, parfois réduits au silence au nom de la honte, de la réputation familiale ou du “qu’en-dira-t-on”. »

Dans cette dénonciation, la militante rappelle que le lien familial ne doit jamais servir à minimiser les violences subies par l’enfant.
« Le crime, c’est l’inceste. La victime n’est pas coupable. »

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Quand le crime laisse une grossesse comme conséquence

La question devient encore plus sensible lorsque l’inceste entraîne une grossesse chez une jeune fille. Awawou Mandunh interroge alors la réponse qui lui est proposée face à cette situation.
« Mais lorsque cette violence entraîne une grossesse, que devient la jeune fille ? À 13, 14 ou 15 ans, doit-elle porter une grossesse issue du crime qu’elle a subi parce qu’on lui répète que l’avortement est un péché ou une abomination ? »

Pour l’activiste, la difficulté ne s’arrête pas à la grossesse. Les victimes peuvent également se retrouver confrontées aux restrictions, à la stigmatisation et au manque de solutions adaptées.
« Et pourtant, lorsqu’une victime enceinte cherche une solution, les restrictions, la stigmatisation et l’absence de réponse adaptée peuvent la pousser vers la clandestinité. »

Entre restrictions et risques sanitaires

Pour appuyer son interpellation, Awawou Mandunh évoque également les données disponibles sur l’avortement au Cameroun et en Afrique centrale.
« Au Cameroun, une estimation publiée par le Guttmacher Institute évaluait à environ 175 000 le nombre d’avortements provoqués en 2013, dont la majorité étaient considérés comme non sécurisés et clandestins. L’étude estimait également que plus de 46 000 femmes avaient besoin chaque année de soins après avortement. »

Elle élargit ensuite son constat à l’Afrique centrale.
« À l’échelle de l’Afrique centrale, la situation est particulièrement préoccupante : les estimations disponibles indiquent que 69 % des avortements étaient classés parmi les moins sûrs. »

La militante rappelle également les données avancées par l’Organisation mondiale de la Santé sur la sécurité de l’avortement lorsqu’il est pratiqué dans les conditions recommandées.
« L’OMS rappelle aujourd’hui que l’avortement est une intervention courante et qu’il est sûr lorsqu’il est pratiqué selon une méthode recommandée, adaptée à la durée de la grossesse et par une personne compétente. Elle estime toutefois qu’environ 45 % des avortements dans le monde sont pratiqués dans des conditions non sécurisées. »

Face à ces chiffres, Awawou Mandunh pose alors une question qui résume son inquiétude.
« Alors, combien de jeunes filles devons-nous encore exposer à ces risques avant de regarder la réalité en face ? »

Une réponse qui doit aussi venir des institutions

Au-delà de la dénonciation, l’activiste appelle désormais à une réponse institutionnelle qui prenne explicitement en compte les situations de grossesse résultant d’un inceste.
« L’État doit considérer explicitement les grossesses résultant d’un inceste dans son cadre juridique et sanitaire. Le droit doit pouvoir répondre à la réalité des victimes, leur garantir protection, soins, accompagnement et accès à des services d’avortement sécurisé lorsqu’elles y ont légalement droit. »

Pour elle, la protection des victimes doit donc dépasser le seul cadre familial et concerner également les dispositifs juridiques et sanitaires.

« L’avortement sécurisé n’est pas une promotion de l’avortement »

Awawou Mandunh tient enfin à préciser le sens de son plaidoyer. Elle distingue la question de l’accès à des soins sécurisés de toute volonté de promouvoir l’avortement.
« L’avortement sécurisé n’est pas une promotion de l’avortement. C’est une question de santé publique, de protection et de sauvegarde des vies. »

Son interpellation s’étend ainsi aux institutions, mais aussi à la société dans son ensemble.
« Il est temps de rapprocher nos institutions de la réalité des personnes qu’elles sont censées protéger. »

À travers cette sortie, Awawou Mandunh remet au centre du débat la situation des jeunes filles victimes d’inceste et confronte la société à une question essentielle : comment mieux protéger une victime lorsque le crime qu’elle a subi entraîne également une grossesse ?

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui-ci

Muriel Yanga

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