Après avoir vu s’envoler son rêve de disputer la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026, Monique Ngock s’apprête finalement à défendre les couleurs du Cameroun. Repêchées par la Confédération africaine de football (CAF), les Lionnes Indomptables retrouvent une compétition qui ouvre les portes de la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. Pour la milieu de terrain de 21 ans, cette qualification de dernière minute ressemble à une seconde chance qu’elle entend transformer en nouveau départ.
Le destin offre une nouvelle opportunité aux Lionnes
L’élimination du Cameroun face à l’Algérie (3-1 sur l’ensemble des deux rencontres) lors des qualifications avait plongé Monique Ngock dans une profonde déception. Le rêve de participer à la CAN féminine 2026, qualificative pour le Mondial brésilien de 2027, semblait définitivement compromis. Mais quelques semaines plus tard, la CAF annonçait le repêchage de quatre sélections : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mali et l’Égypte.
Une annonce que la joueuse a d’abord eu du mal à croire. « J’étais revenue dans mon club de Fleury quand j’ai appris la nouvelle. C’est ma partenaire malienne Aïssata Traoré qui est venue me voir en me disant : « T’as vu, on va jouer la CAN ? » Je lui ai répondu : « Je n’aime pas ces blagues… » Puis elle m’a montré son téléphone. »

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Une carrière construite à force de travail
À seulement 21 ans, Monique Ngock s’est déjà imposée comme l’un des visages du football féminin camerounais. Formée au Canon de Yaoundé puis à Éclair Football Filles de Sa’a, elle rejoint la France à 17 ans grâce à la confiance de la technicienne Amandine Miquel, qui lui ouvre les portes du Stade de Reims.
Ce départ précoce marque le début d’une ascension constante.
Après trois saisons à Reims, une année au FC Fleury, la milieu de terrain a récemment franchi une nouvelle étape en s’engageant avec le Washington Spirit, pensionnaire de la National Women’s Soccer League (NWSL) aux États-Unis. Sur le terrain, son activité impressionne : « Moi, j’aime qu’on me pousse à bout. J’aime qu’on m’en demande plus. J’aime être dans la difficulté. » Une mentalité qui fait d’elle l’une des joueuses les plus régulières des Lionnes.
Une internationale qui a grandi plus vite que prévu
Monique Ngock n’avait pas encore 18 ans lorsqu’elle découvre la sélection nationale senior. Une convocation inattendue qui lui permet de participer à la CAN féminine 2022 au Maroc. Entourée de cadres comme Gabrielle Aboudi Onguene et Ajara Nchout, elle découvre le très haut niveau. « Quand j’ai appris ma première sélection, honnêtement, j’étais surprise. Je croyais en mes capacités, mais je savais aussi qu’arriver chez les seniors à cet âge-là, ce n’était pas rien. »
Elle se souvient également de son état d’esprit avant cette première compétition continentale. « Je partais surtout pour apprendre. Si la caméra passait devant moi, je faisais un coucou à ma famille, c’était déjà bien. » Quelques années plus tard, la « petite sœur » est devenue l’une des cadres du groupe.

Les blessures du passé comme moteur
Avant même la récente désillusion contre l’Algérie, Monique Ngock avait déjà connu une immense frustration avec le Cameroun. En 2023, les Lionnes échouaient aux portes de la Coupe du monde féminine après une défaite face au Portugal lors du tournoi de barrage, sur un penalty concédé dans les derniers instants.
Une blessure encore vive : « Quand on a pris ce penalty à la dernière minute contre le Portugal, c’était très dur psychologiquement. Tu es à la porte d’une Coupe du monde à 17 ans. » La native de Mfou a également vécu une expérience marquante lors de la Coupe du monde U20 en Colombie en 2024.
Face au pays hôte, elle découvre pour la première fois un stade entièrement acquis à la cause adverse. « Quand le public a commencé à scander mon nom, j’ai failli pleurer. Je me suis dit : « Waouh… je suis arrivée à ce niveau-là. » »
Le Brésil dans toutes les têtes
Grâce au repêchage du Cameroun, Monique Ngock peut de nouveau rêver de la Coupe du monde 2027. Pour décrocher leur billet direct, les Lionnes devront atteindre les demi-finales de la CAN 2026 , disputée pour la première fois avec seize équipes. La milieu de terrain refuse toutefois de considérer cette nouvelle opportunité comme un simple cadeau. « Être repêchées, c’est une nouvelle chance. Mais on ne doit pas oublier ce qui s’est passé, parce qu’on a besoin de se rappeler de nos erreurs pour faire mieux. »
Le premier rendez-vous est déjà fixé avec une entrée en lice face au Mali ce mercredi 29 juillet, où elle retrouvera justement sa coéquipière en club Aïssata Traoré.
Monique Ngock incarne aujourd’hui une génération de Lionnes qui refuse de laisser les échecs définir son avenir. Entre résilience, travail et ambition, la milieu de terrain abordera la CAN féminine 2026 avec un objectif clair : guider le Cameroun vers le Brésil et écrire une nouvelle page de son histoire.
Ces propos ont été livrés lors d’un entretien avec FIFA.com.

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Benjamin NOAH










