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Alex Iwobi, des doutes d’Arsenal aux sommets de la Premier League, le récit d’une carrière forgée par la résilience

Derrière l’international nigérian que le public connaît aujourd’hui se cache un parcours fait de remises en question, de choix décisifs et de rencontres marquantes. De l’académie d’Arsenal à Fulham, en passant par Everton et la sélection nigériane, Alex Iwobi s’est construit loin des raccourcis. Entre les conseils de son oncle Jay-Jay Okocha, les leçons d’Arsène Wenger, les critiques des supporters et sa passion pour la musique, le milieu offensif revient sur les épisodes qui ont façonné aussi bien le joueur que l’homme.

« Écris ta propre histoire » : l’héritage de Jay-Jay Okocha

Être le neveu de Jay-Jay Okocha aurait pu être un poids. Pourtant, Alex Iwobi assure n’avoir jamais ressenti la moindre pression familiale. « Je l’ai toujours vu comme un oncle avant d’être un footballeur », explique-t-il, décrivant une figure simple, drôle et proche de ses proches. Il garde notamment en mémoire les moments passés à Bolton, où Okocha interrompait parfois son entraînement pour venir jongler avec lui.

Le plus grand héritage transmis par l’ancienne légende des Super Eagles ne concerne pourtant pas le football, mais l’état d’esprit. « Écris ta propre histoire. J’ai écrit la mienne, maintenant concentre-toi sur la tienne. » Une phrase qui continue de guider chacune de ses décisions. Ses parents, eux aussi, ont joué un rôle essentiel. Sans jamais lui imposer un parcours scolaire ou professionnel, ils lui ont simplement demandé de donner le meilleur de lui-même. Son père, qui l’a vu taper dans un ballon dès ses premiers pas, a toujours considéré que le football était son véritable destin.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

Arsenal : deux fois proche d’être écarté

Aujourd’hui installé parmi les joueurs les plus expérimentés de Premier League, Alex Iwobi révèle pourtant qu’il aurait pu ne jamais percer à Arsenal. À 14 ans, les responsables de l’académie lui reprochent son retard physique malgré ses qualités techniques. Deux ans plus tard, le doute s’installe encore davantage lorsque plusieurs de ses coéquipiers obtiennent un contrat professionnel, contrairement à lui.

Crystal Palace et le Celtic s’intéressent alors à son profil. Mais son père refuse qu’il abandonne. « Alex, tu as eu des détracteurs toute ta vie. Prouve-leur que tu es assez bon pour Arsenal. » Ces mots le poussent à intensifier son travail physique, jusqu’à suivre des séances d’athlétisme en parallèle des entraînements. Un choix qui changera définitivement le cours de sa carrière.

Arsène Wenger, Frank Lampard… les entraîneurs qui ont marqué son évolution

En intégrant progressivement l’équipe première d’Arsenal, Alex Iwobi découvre un univers bien différent de celui de la formation. Il se souvient d’un Arsène Wenger impressionnant par son autorité naturelle. « Quand il entre dans une pièce, tout le monde se tait. » L’international nigérian raconte également l’une des rares colères du technicien français après une lourde défaite contre le Bayern Munich. Wenger reprochait à l’un de ses joueurs son manque d’efforts malgré les 90 minutes disputées.

Mais s’il devait désigner le coach qui a transformé sa carrière, son choix est sans hésitation Frank Lampard. « C’est lui qui m’a déplacé du côté vers le milieu de terrain. Il m’a donné une liberté totale et m’a simplement dit : « Joue comme tu t’entraînes. » » Selon lui, cette confiance lui a permis de retrouver son meilleur niveau.

Quitter Arsenal, choisir le Nigeria et affronter les critiques

Le départ d’Arsenal reste l’un des tournants les plus marquants de son parcours. Alors qu’il passe des vacances en famille à Dubaï, son téléphone sonne. Everton souhaite le recruter avant la fermeture du mercato. Quelques instants plus tard, Arsenal lui annonce que son dossier médical a déjà été transmis. Même si quitter son club formateur est difficile, il comprend rapidement que ce changement est nécessaire pour grandir.

Sur le plan international, Alex Iwobi revient également sur son choix de représenter le Nigeria plutôt que l’Angleterre. Après avoir porté les couleurs anglaises chez les jeunes, il répond à l’appel des Super Eagles à l’occasion des Jeux olympiques. « Dès que je suis arrivé, je me suis senti chez moi. » Il évoque aussi les critiques reçues après la finale de la CAN 2024, qui l’ont poussé à supprimer temporairement ses réseaux sociaux. « Je voulais juste me couper du bruit. »

Le soutien de Victor Osimhen, venu lui rappeler tout ce qu’il représentait pour la sélection nigériane, restera l’un des moments les plus marquants de cette période.

Fulham, la musique et une nouvelle liberté

À Fulham, Alex Iwobi affirme avoir retrouvé un environnement plus apaisé. Sous les ordres de Marco Silva, il bénéficie d’une grande liberté, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. L’entraîneur portugais l’encourage notamment à poursuivre sa carrière musicale, à condition que ses performances restent au rendez-vous.

En parallèle du football, l’international nigérian nourrit également une passion pour la création de contenus, la musique et l’audiovisuel, des activités qu’il considère comme un prolongement naturel de sa personnalité.

Face à Lionel Messi : « C’était irréel »

Parmi tous les souvenirs de sa carrière, un reste gravé au-dessus des autres. Son premier match de Ligue des champions au Camp Nou face au FC Barcelone. Chargé de presser Lionel Messi, Alex Iwobi se retrouve rapidement dépassé. « Il a fait un crochet intérieur… je me suis retrouvé les jambes en l’air. » Une action devenue virale sur les réseaux sociaux. Loin d’en garder un mauvais souvenir, il décrit ce moment comme un privilège. « C’est la seule défaite que j’ai vraiment appréciée. C’était surréel. »

Par ce témoignage, Alex Iwobi dévoile un visage plus intime, celui d’un joueur qui a appris à transformer les doutes en motivation, les critiques en force et les changements en opportunités. Une philosophie qui continue aujourd’hui d’accompagner l’international nigérian, aussi bien sur les terrains qu’en dehors.

Lire aussi cet article : Petit Pays célèbre sa “renaissance” après 40 ans de carrière musicale

Benjamin NOAH

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