Le 8 juillet 2026, l’artiste camerounaise Yvi Atia, originaire de Mbouda, s’est confiée avec une rare sincérité sur une période particulièrement douloureuse de son existence. Dépression, isolement, difficultés personnelles, inspiration musicale, relations amoureuses et attachement à ses racines : la chanteuse a levé le voile sur les épreuves qui ont façonné son dernier album, tout en adressant un message d’espoir à ceux qui traversent les mêmes combats.
« Je souriais devant les gens alors qu’à l’intérieur tout s’écroulait »
Derrière l’image d’une artiste souriante et dynamique se cachait une profonde détresse. Sans chercher à dramatiser son histoire, Yvi Atia reconnaît avoir traversé une véritable dépression en 2025, une période où tous les aspects de sa vie semblaient lui échapper. « J’ai vécu beaucoup de turbulences dans ma vie en 2025. Je me suis retrouvée en train de pratiquement perdre tout ce que j’avais eu à construire pendant près de cinq ans. Je n’avais personne à qui parler parce que je suis de nature à toujours sourire devant les gens, pourtant intérieurement ça n’allait pas du tout. » L’artiste explique que cette souffrance restait invisible pour son entourage. À l’extérieur, elle continuait de paraître sociable, mais une fois rentrée chez elle, le vide reprenait le dessus.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Six mois sans vraiment vivre, seulement écrire
Cette dépression a profondément bouleversé son quotidien. Pendant plusieurs mois, la chanteuse affirme avoir complètement perdu ses repères, jusqu’à mettre sa carrière entre parenthèses. « Je travaillais pratiquement plus. J’ai fait six mois de stand-by. Tout ce que je faisais, c’était écrire de la musique. Je mangeais, mais pas vraiment. Je ne prenais plus soin de moi. Tout était devenu bizarre autour de moi. Dehors, j’étais sociable avec les gens, mais à la maison, c’était un véritable blackout. » Face à cette solitude, la musique est devenue son seul refuge. L’écriture lui permettait d’exprimer ce qu’elle n’arrivait pas à confier à son entourage.
Sa mère, le déclic d’une lente reconstruction
Si elle refuse encore d’entrer dans les détails des événements qui ont provoqué cette dépression, Yvi Atia identifie clairement le moment où sa reconstruction a commencé. Après avoir quitté son domicile pour vivre auprès de sa mère, la chanteuse dit avoir progressivement retrouvé un équilibre. « C’est quand je suis partie vivre avec ma mère que tout a commencé à aller mieux parce que je vivais seule. Je faisais beaucoup de bêtises. Même ma mère voyait que je n’étais plus la même. Elle m’a appelée, on a parlé. Je ne lui ai pas raconté le fond du problème, mais je pense que c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à guérir. » Aujourd’hui, elle considère le fait d’évoquer cette période comme une étape importante de sa guérison intérieure.
Les critiques ? « Si ce n’est pas utile, je les mets dans la poubelle »
Habituée aux commentaires sur les réseaux sociaux, l’artiste assure avoir appris à prendre de la distance avec les jugements. Pour elle, vouloir satisfaire tout le monde est une erreur qui empêche d’avancer : « On parle de tout le monde, encore plus des personnalités publiques. Si je veux me baser sur tout ce que les gens disent de moi, je n’arriverai nulle part. Aujourd’hui, j’écoute. Si c’est utile pour moi, je le fais. Si ce n’est pas utile, je le mets dans la poubelle. » Une philosophie qu’elle dit avoir adoptée pour préserver sa santé mentale et rester concentrée sur son parcours.
Des chansons inspirées par sa vie… mais pas seulement
Cette expérience personnelle irrigue naturellement son nouvel album. Yvi Atia explique qu’elle écrit désormais plus facilement parce qu’elle chante principalement ce qu’elle ressent. Cependant, toutes ses chansons ne racontent pas son histoire. Elle révèle par exemple que « Le mari d’autrui » est née après avoir visionné sur TikTok le témoignage d’une jeune femme racontant sa relation avec un homme marié. Une histoire qui l’a suffisamment marquée pour devenir une chanson.
À l’inverse, « À TROIS » est directement inspirée de son vécu sentimental : « Ce n’est pas une histoire de plan à trois. Nous étions trois dans la relation. J’étais avec un homme que je croyais être le mien, sans savoir qu’une autre femme partageait déjà sa vie depuis plusieurs années. On s’est retrouvées à partager le même homme sans que je le sache, et ça m’a énormément fait mal. » Quant au titre « Jonas« , il est inspiré de l’histoire d’une amie amoureuse d’un témoin de Jéhovah, à laquelle elle reconnaît avoir ajouté « un peu de piment » pour les besoins du récit.

« Mon Épaule », l’album qui symbolise son refuge
Le choix du titre de son album résume parfaitement son état d’esprit. « Mon Épaule, c’est le titre de mon album parce que ma musique est devenue mon épaule. Que je sois triste ou heureuse, la seule chose qui arrive vraiment à apaiser mon cœur, c’est ma musique. Aujourd’hui, je chante ce que je vis et c’est devenu beaucoup plus facile d’écrire. » Pour l’artiste, la musique n’est plus seulement une carrière, mais un véritable soutien qui l’a aidée à traverser les moments les plus difficiles.
Mbouda au cœur de son identité
Très attachée à ses origines, Yvi Atia rappelle avec fierté qu’elle est native de Mbouda, dans la région de l’Ouest. Elle annonce d’ailleurs avoir intégré une chanson entièrement interprétée dans sa langue maternelle dans son album, une manière de mettre en valeur son patrimoine culturel. Toujours avec humour, elle dévoile quelques facettes plus personnelles de son caractère, reconnaissant être rancunière, avouant sa passion pour les avocats accompagnés de pain local et confiant qu’elle apprécie peu « les hommes qui sont petits de taille ».
À travers cette prise de parole, Yvi Atia dévoile une facette rarement exposée de son parcours. En transformant ses blessures en chansons, l’artiste fait de son vécu une force créatrice et rappelle que derrière les projecteurs peuvent parfois se cacher des combats invisibles.

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Benjamin NOAH








