Derrière l’image d’une femme aujourd’hui affirmée, Edith Brou raconte une période de sa vie marquée par les complexes, les difficultés financières, les doutes et une acné adulte qui l’a longtemps éloignée du miroir. Dans une publication partagée sur ses réseaux sociaux le 21 août 2026, la communicatrice ivoirienne revient sur ses années de jeunesse, ses premiers pas dans l’univers des nouvelles technologies et le chemin personnel qui l’a conduite à apprendre à s’accepter. Un récit intime dans lequel elle livre surtout une leçon : la construction de soi peut prendre du temps, mais elle n’est jamais vaine.
Une jeunesse marquée par une bataille menée en silence
Revenant sur des photos datant de sa vingtaine, Edith Brou ne cache pas l’inconfort qui accompagnait cette période. Elle raconte avoir vécu plusieurs années avec une acné adulte apparue après la naissance de son premier enfant.
Elle écrit :
« Sur ces photos, je souffrais en silence. J’avais la vingtaine. Une acné adulte tenace m’a accompagnée de 2007 à 2012. C’est apparu après la naissance de mon premier enfant en 2007. Des années d’une bataille intime que je menais loin des regards. Je n’avais pas confiance en moi. J’étais un peu perdue. »
Cette période, explique-t-elle, ne se limitait pas à une difficulté esthétique. Les lésions étaient douloureuses et les différentes tentatives pour les faire disparaître ont parfois aggravé la situation.
Elle poursuit :
« Ces boutons faisaient extrêmement mal, c’était douloureux. Et quand ils mûrissaient, je ne pouvais rien faire tant qu’ils n’arrivaient pas à maturation : il fallait attendre pour pouvoir enfin enlever le pus à l’intérieur. C’était horrible. J’essayais parfois de les casser avant, ça s’aggravait davantage. »
Une expérience qui a profondément affecté son rapport à son apparence et à elle-même.

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Loin du miroir, mais déjà tournée vers les nouvelles technologies
Alors que cette période fragilisait son estime d’elle-même, Edith Brou dit avoir néanmoins conservé une certitude : son envie de travailler dans les nouvelles technologies.
En 2009, elle lance son premier blog et commence à s’intéresser de manière plus approfondie à l’actualité technologique en Côte d’Ivoire et en Afrique.
Elle raconte :
« Une chose était claire : je voulais travailler dans les nouvelles technologies. En 2009, j’ai ouvert mon tout premier blog, Godivoire.blogspot.com. Je me suis vite spécialisée dans l’actualité tech en Côte d’Ivoire et en Afrique. »
Elle se souvient également d’une époque où l’accès à Internet était encore loin d’être aussi courant qu’aujourd’hui.
« 2009, c’était un vrai tournant. Dans le monde, c’était l’âge d’or du blogging, Twitter explosait, Facebook s’ouvrait au grand public, WhatsApp et Uber naissaient. Chez nous, internet était encore balbutiant, on travaillait dans les cybercafés, avoir une connexion à la maison était un luxe. »
Malgré ses incertitudes personnelles, elle avance donc dans un univers qui, lui aussi, était encore en pleine construction.
Au milieu de jeunes hommes, une ambition qui ne demandait qu’à grandir
Son parcours l’amène ensuite à participer à la création d’une association consacrée aux usages d’Internet. Edith Brou évoque notamment les rencontres et les projets qui ont nourri cette période de sa vie.
Elle écrit :
« Avec d’autres jeunes passionnés des NTIC – Eric Agnissan, Kassim Adiatou et d’autres – on a cofondé l’association Akendewa, pour promouvoir les bons usages d’internet. Sur cette photo, j’étais assise là, entourée de onze jeunes hommes, et on rêvait tous de créer de grandes start-up, une Silicon Valley ivoirienne. »
Elle décrit cette jeune femme qu’elle était alors avec une certaine tendresse, mais aussi avec le recul que lui donnent les années.
« On était de vrais rêveurs. Et moi, au milieu de ce groupe, j’étais une geek qui se trouvait bizarre – passionnée de films de science-fiction, de films futuristes, de gadgets high-tech et d’informatique – hyper mince, avec cette acné adulte terrible qui me barrait le visage. »
Dans son récit, le contraste est saisissant : pendant qu’elle construit ses ambitions professionnelles, elle lutte parallèlement contre une image d’elle-même qui la fait souffrir.

Quand le complexe finit par éloigner du miroir
Edith Brou explique à quel point son apparence a pesé sur son quotidien. Elle raconte notamment avoir développé des réflexes pour éviter de trop se confronter à son propre reflet.
Elle confie avec une pointe d’humour :
« Pendant des années, je me regardais rarement dans un miroir. J’ai même remercié le Seigneur d’être myope, au moins je ne voyais pas nettement mon reflet le matin. »
Derrière cette touche d’humour, elle décrit pourtant une période particulièrement difficile, marquée par les comparaisons avec d’autres femmes de son âge et par des difficultés personnelles.
« C’était une période extrêmement difficile pour moi. J’avais la vingtaine, j’avais déjà un enfant, et j’étais hyper complexée face à ces jeunes femmes de mon âge qui rayonnaient, qui réussissaient, qui brillaient, sans le moindre problème de peau. Je me demandais comment elles faisaient. »
Elle évoque également les difficultés financières et cette impression de ne pas encore avoir trouvé sa place.
« J’enviais leur vie épanouie aussi, leurs familles parce que c’était une époque où je n’arrivais pas à joindre les deux bouts. Je me cherchais un peu. »
Une période où l’apparence n’était finalement que l’une des facettes d’un malaise beaucoup plus large.
le choix de tenir malgré tout
Avec le recul, Edith Brou considère que cette période a participé à construire la femme qu’elle est devenue. Elle affirme avoir choisi de continuer malgré les difficultés, en s’appuyant sur ses valeurs et son éducation.
Elle écrit :
« Ce n’était pas facile du tout. Mais j’ai tenu bon. Malgré les coups que la vie vous donne, malgré les moments où on a envie d’abandonner, je tenais bon parce que j’avais des valeurs en moi et j’avais reçu une bonne éducation. »
Elle poursuit avec une image qui résume sa philosophie de progression :
« Je me disais que j’avais un objectif à atteindre, et que je l’atteindrais dans 10 ans, dans 20 ans, peu importe le temps que ça prendrait : je prendrais les escaliers, et non l’ascenseur. »
Pour elle, la réussite n’a donc jamais été pensée comme quelque chose qui devait arriver immédiatement. Elle s’est construite dans la durée, avec ses propres étapes.
Apprendre à dire non et à ne plus chercher la validation des autres
Edith Brou situe à partir de 2014 une période où elle commence progressivement à trouver un équilibre. Elle évoque notamment l’acceptation de soi, la confiance et la capacité à poser ses limites.
Elle explique :
« A partir de 2014, j’ai trouvé un équilibre. J’ai appris à avoir confiance en moi, à m’accepter, à dire non. Rien ne se fait du jour au lendemain. Je viens de loin, et je n’ai parcouru qu’une petite partie du chemin que je veux faire dans ma vie. Mais je suis fière, et heureuse d’être la femme que je suis aujourd’hui. »
Son témoignage ne présente donc pas une transformation instantanée, mais un processus construit sur plusieurs années.
Le message d’Edith Brou à la jeune femme qu’elle était
En conclusion de sa publication, Edith Brou s’adresse directement à la jeune femme visible sur ces anciennes photographies. Un dialogue avec son passé qui devient aussi un message adressé à celles et ceux qui doutent encore d’eux-mêmes.
Elle écrit :
« Si je devais parler à cette jeune femme sur ces photos, je lui dirais : aie confiance en toi et sache que tu deviendras la femme que tu as toujours voulu être. Ce n’est qu’un petit passage dans ton histoire. Tu vas te construire une carapace, comme une tortue. Et un jour, tu vas te réveiller. Tu vas apprendre à t’aimer et c’est ça qui va t’aider à guérir. »
Puis elle insiste sur l’importance de se détacher du regard extérieur :
« Apprends à t’écouter, n’aies pas peur de dire « NON ou merde » et cesse de chercher la validation des autres. C’est inutile. »
À travers ce retour sur une période douloureuse, Edith Brou ne raconte donc pas seulement une histoire d’acné ou de complexes. Elle raconte les années de construction d’une femme qui a appris à avancer malgré le doute, à accepter ses imperfections et à ne plus mesurer sa valeur au regard des autres.

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Muriel Yanga










