Sur le plateau de L’INVITÉ de Laura Dave Média TV, Wax Dey s’est exprimé sur son positionnement dans l’industrie musicale et sur les défis structurels du secteur au Cameroun. Une prise de parole où se dessine une vision globale de l’artiste, pensée à la fois comme créateur et acteur économique.

L’artiste, un acteur économique à part entière
Wax Dey refuse toute séparation nette entre expression artistique et logique d’entreprise. Dans sa lecture, l’activité musicale s’inscrit naturellement dans une dynamique économique.
« Il n’y a pas de différence entre un artiste et un businessman. Tout le monde est homme d’affaires que tu sois artiste, agriculteur, banquier. Parce qu’à la fin, ce que tu veux faire, c’est vendre quelque chose. Un artiste ne chante pas pour rester dans sa chambre, il chante pour rentabiliser. Je pense que l’artiste et l’homme d’affaires c’est la même chose… En tant qu’artiste, j’ai toujours fait des choix dans ma carrière. Qui m’ont mis dans une position où je me disais que je veux toujours être dans une position de pouvoir.«

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Une industrie confrontée à ses limites structurelles
Abordant la question de la santé de la musique camerounaise, Wax Dey dresse un constat axé sur les fondations du secteur, qu’il juge encore insuffisantes face aux évolutions mondiales.
« Aujourd’hui on parle de numérisation, on est entré dans l’époque de l’intelligence artificielle. 20 ans en arrière, toutes mes idées ont été toujours trop avancées pour le pays. Et si je recommence à proposer vraiment ce qu’il faut faire, je pense pas qu’on pourra comprendre l’essence de ce qu’il faut.«
Le promoteur de Calabash Music ajoute:
« En termes global, l’industrie musicale a beaucoup évolué. Mais ici au Cameroun, c’est toujours au même niveau. On n’a même pas les moyens de paiement digital pour effectuer des streaming. On fait face à des problèmes de base. Il devient difficile de parler d’évolution sans fondation solide«
Pour Me Ndifonka, les responsabilités sont partagées:
« La solution ne relève pas uniquement de l’industrie musicale. Il y a aussi la responsabilité des structures publiques, des partenaires de développement et des experts capables d’accompagner des stratégies adaptées. Les artistes ne sont pas la solution. Ils sont créateurs. Leur rôle est de produire. On ne peut pas leur demander de porter des réformes structurelles« , clame t-il.

Une lecture systémique de l’industrie
Au fil de cet échange, Wax Dey replace la question musicale dans un ensemble plus large, où se croisent gouvernance, infrastructures financières et politiques publiques. Une approche qui déplace le débat du seul champ artistique vers celui de l’organisation globale du secteur culturel.
Un positionnement qui continue de nourrir la réflexion sur les conditions de développement de la musique camerounaise dans un environnement en transformation.
L’émission intégrale est à regarder ce vendredi 08 mai 2026 dès 18h sur Laura Dave Média TV et en continue sur notre chaîne YouTube.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire
Ève-Pérec N.BEHALAL




