Le département de l’Océan, et plus précisément la ville côtière de Kribi, vibre depuis le 25 avril 2026 au rythme de la 110ᵉ édition du « festival Mayi », une célébration majeure du peuple Batanga placée sous le signe de la mémoire, de la transmission culturelle et de l’ouverture internationale. Prévue jusqu’au 9 mai 2026, cette édition s’impose déjà comme l’une des plus ambitieuses de l’histoire du festival, avec un programme élargi, des innovations culturelles et une forte dimension diplomatique.

Un festival mémoriel entre histoire et identité
Le Mayi est une fête traditionnelle annuelle du peuple Batanga, commémorant notamment le retour de déportation de leurs ancêtres en 1916. Selon les éléments historiques rappelés dans les préparatifs : « Le festival Mayi représente le retour de déportation des Batanga après près de deux ans d’exil dans l’actuelle région du Sud-Ouest. Un retour en deux vagues sur la terre de leurs ancêtres le 14 février et le 9 mai 1916. » Cette mémoire collective est au cœur de l’édition 2026, placée sous le thème : « Le Mayi : la sagesse du retour à la force de notre ombilic ».

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Une édition 2026 riche en innovations culturelles
Lors de la conférence de presse du comité d’organisation, plusieurs nouveautés majeures ont été dévoilées, notamment :
Des caravanes culturelles dans les villages Batanga La participation annoncée de délégations diplomatiques (Allemagne, France, Royaume-Uni…). La mise en valeur des traditions à travers des spectacles vivants et compétitions sportives. Le programme officiel révèle une organisation dense et immersive, allant des rites traditionnels aux compétitions sportives :
« Ils découvrent les activités sportives liées à la terre et à la mer, notamment le football, le beach soccer, le beach volley, la course des pirogues, la lutte traditionnelle. »
Parmi les moments forts : L’initiation de 110 enfants à l’histoire et aux traditions Batanga; Les finales sportives sur la plage de Ngoye; Les spectacles culturels comme Idolokosso (danse de l’eau) et une comédie musicale retraçant l’épopée Batanga ; Le grand carnaval de Kribi avec un défilé de plusieurs kilomètres.

Une ambition internationale et patrimoniale
Au-delà de la célébration culturelle, le Mayi 2026 porte une ambition stratégique : l’inscription du festival au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, aux côtés de grandes manifestations camerounaises comme le « Nguon » et le « Ngondo« . Les autorités traditionnelles, conduites par Sa Majesté Michelle Gaëlle Mahouve IV, ont ainsi sollicité l’accompagnement du gouvernement camerounais pour soutenir cette démarche, mais aussi pour : Le rapatriement des biens culturels Batanga exportés illicitement; La création d’un musée Batanga ; L’érection d’un monument mémoriel dédié à la déportation du peuple.

Un soutien affirmé du gouvernement
Réagissant à ces sollicitations, le ministre des Arts et de la Culture, Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, a donné des instructions claires pour accélérer le processus de reconnaissance internationale : Mise en place immédiate d’un comité d’experts pour le dossier UNESCO; Engagement du MINAC à faire du Mayi un pilier du rayonnement culturel camerounais. Dans le même élan, une avancée historique a été enregistrée sur le plan mémoriel national avec l’accord de l’Allemagne pour la restitution de restes humains de chefs Maka’a conservés depuis la période coloniale.
Kribi, capitale vivante de la mémoire Batanga
Tout au long des festivités, Kribi devient un véritable musée à ciel ouvert. Le 9 mai, point culminant de l’événement, est marqué par : Une visite de la stèle mémorielle de la déportation. Un grand défilé-carnaval dans les artères de la ville. Une allégeance à la République ; Une grande fête populaire sur les plages et villages Batanga.
Un festival entre héritage et avenir
Avec ses innovations, ses ambitions internationales et son enracinement profond dans la mémoire collective, le Mayi 2026 s’impose comme bien plus qu’un simple festival : un projet culturel, identitaire et diplomatique majeur pour le peuple Batanga et le Cameroun. Kribi ne célèbre pas seulement une fête… elle réactive une histoire, une mémoire et une identité.

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Diane Laure MISSEKOU




