Dans une cour familiale transformée en salle d’entraînement, les barres s’entrechoquent, les disques vibrent et la détermination se forge à chaque répétition. À seulement 18 ans, Madeleine Matam impressionne déjà l’haltérophilie africaine par son mental, sa discipline et son ambition démesurée : devenir championne olympique. Vice-championne d’Afrique junior dans la catégorie des moins de 63 kg, la jeune Camerounaise ne cache plus ses objectifs. Entre les études, les sacrifices personnels et les entraînements intensifs dirigés par son père, elle construit patiemment un rêve qui porte un nom : les Jeux olympiques de 2028.
« Quand j’arrive là, je rugis »
Derrière son sourire discret se cache une compétitrice féroce. Madeleine se souvient encore de sa première grande compétition internationale à Casablanca, au Maroc. Une expérience marquante, entre frustration et révélation. « J’étais démoralisée, déstabilisée à cause de mon poids de corps. J’avais extrêmement pleuré malgré que j’étais sortie vice-championne d’Afrique. »

Pour ne rien rater sur l’actualité people abonnez-vous à notre chaîne whatsapp
Cette déception est devenue un moteur. Depuis, chaque séance d’entraînement est vécue comme un combat contre ses propres limites. Son objectif désormais : battre le record de sa catégorie. « Je vois ce que mes concurrents font à l’échelle mondiale. Quand j’arrive là, je rugis… parce que si tu ne crois pas en toi-même, tu ne vas pas appliquer la technique que le coach t’a transmise. » Une phrase qui résume parfaitement l’état d’esprit de cette jeune athlète, convaincue que la force mentale est aussi importante que la puissance physique.
Entre cahiers et haltères : une discipline de fer
Le jour, Madeleine est une élève comme les autres. Mais une fois les cours terminés, commence une autre vie : celle d’une sportive de haut niveau qui jongle entre fatigue, devoirs et entraînements. « Le sommeil, c’est mon premier sacrifice. Je m’entraîne jusqu’à 21h, puis je peux étudier jusqu’à 2h du matin. » À l’école, peu imaginent qu’elle soulève des charges impressionnantes après les cours. Pourtant, derrière cette routine épuisante, la jeune haltérophile poursuit un seul objectif : représenter dignement le Cameroun sur la scène mondiale.
Une championne face aux préjugés
Pratiquer l’haltérophilie en étant une jeune fille continue de susciter des remarques et des clichés. Madeleine en a pleinement conscience. « Il y a toujours des préjugés. On entend souvent : “Il ne faut pas taper sur ton mari”, des trucs du genre. » Mais loin de se laisser atteindre, elle transforme ces critiques en motivation. Dans son entourage scolaire, plusieurs camarades voient en elle un modèle de persévérance.
« Ça m’inspire à travailler aussi », confie l’un de ses proches.

L’héritage des Matam : une affaire de famille
Chez les Matam, l’haltérophilie est presque une tradition familiale. Son père, ancien pratiquant devenu entraîneur, suit aujourd’hui chacun de ses mouvements avec exigence et fierté. Son oncle fut également champion du Cameroun. « Si elle croit en elle-même, c’est fini. Elle sera championne du monde. Pourquoi pas championne olympique ? » Des mots forts qui traduisent toute l’ambition d’une famille entièrement tournée vers la réussite de la jeune athlète.
Une ascension fulgurante depuis l’adolescence
Bien avant ses 18 ans, Madeleine faisait déjà parler d’elle. À 16 ans, elle affichait clairement ses ambitions olympiques après son sacre à la Krystal Cup organisée par la Ligue régionale du Centre. À cette époque déjà, elle promettait : « Je veux être championne olympique aux prochains Jeux. » Son palmarès s’est construit très tôt : victoires à la Coupe du Cameroun, domination aux Jeux FENASCO, succès aux Dixiades de Garoua et performances remarquées lors des compétitions africaines. Au championnat d’Afrique jeunes juniors au Maroc, elle décroche plusieurs médailles avant d’exploser définitivement en Égypte en 2023 avec une impressionnante récolte de six médailles d’or et une d’argent.
Los Angeles 2028 dans le viseur
Aujourd’hui, la jeune prodige camerounaise avance avec une idée fixe : participer aux Jeux olympiques de 2028, où elle espère écrire l’une des plus belles pages de l’haltérophilie camerounaise. Dans sa cour d’entraînement, chaque barre soulevée ressemble déjà à une promesse. Celle d’une jeune fille qui refuse les limites et qui rêve, un jour, de faire résonner l’hymne camerounais sur le toit du monde.

Si cet article vous a intéressé n’hésitez pas à cliquer
Diane Laure MISSEKOU




