Jusqu’au 6 septembre 2026, le musée du Quai Branly consacre à Paris la toute première exposition française dédiée à Kwame Akoto, peintre d’enseignes ghanéen devenu prédicateur et artiste reconnu à l’international.
Kwame Akoto, d’un atelier de Kumasi à la consécration
Né à Kumasi au Ghana en 1950, Kwame Akoto se forme auprès de peintres spécialisés dans les enseignes commerciales avant d’ouvrir son propre atelier en 1972, baptisé « Anthony Art Works« . Il y peint des panneaux de boutiques, des portraits funéraires sur métal, des affiches de cinéma et des bannières religieuses. Un travail qui lui apprend à composer des images immédiatement lisibles et visibles depuis la rue.

Puis, vint sa conversion religieuse qui marque un véritable tournant pour lui. Il adopte alors le nom d’« Almighty God » et rebaptise son atelier « Almighty God Art Works ». Devenu prédicateur respecté de son quartier, Kwame Akoto développe une œuvre personnelle où foi, humour et critique sociale se retrouvent.
Interrogé sur ce qui guide sa démarche, l’artiste déclare.
« Je veux aider à rendre notre monde meilleur à travers des peintures qui invitent à la réflexion. »
La rencontre avec le peintre français Hervé Di Rosa a largement contribué à élargir sa reconnaissance internationale. Un catalogue monographique, premier ouvrage consacré à l’artiste, a été publié pour l’occasion aux éditions Empire Books, avec le soutien de la Fondation Antoine de Galbert.
L’exposition “Kwame Akoto. Almighty God Art Works” aujourd’hui à Paris, installée dans l’Atelier Martine Aublet sous le commissariat de Sarah Ligner, retrace plus de cinquante ans de création.

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Une œuvre qui interpelle, jusque dans un musée parisien
Les tableaux de Kwame Akoto mettent en scène des personnages confrontés à la mort, à la jalousie, à l’argent, au désir ou au jugement divin. Avec des phrases qui s’adressent directement au visiteur, sans jamais laisser place à la contemplation silencieuse. Loin d’être un solitaire, Kwame Akoto a transmis son savoir-faire.
Son atelier de Suame Junction, à Kumasi, a formé au fil des décennies de nombreux artistes, à la manière dont lui-même avait appris le métier en six ans auprès des maîtres Kobia et Addaï. Des professeurs d’art internationaux comme l’américain Lyle Ashton Harris amène régulièrement ses étudiants en art des universités de New-York.
Le passage de ses toiles des rues de Kumasi aux salles d’un musée parisien change leur réception, sans altérer leur volonté de parler au public. Une question que Kwame Akoto assume pleinement, entre héritage ethnographique et création contemporaine. Son parcours rappelle qu’aucune consécration n’est hors de portée quand la patience et le travail sont au rendez-vous. Un message qui résonne particulièrement pour la jeunesse créative du continent africain. L’exposition ouverte depuis le 31 mars, se termine le 6 septembre 2026.
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Eddy Senga








