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le “Concert du Tout-Monde” transforme la Fête de la musique en fresque vivante entre poésie, mémoire et sonorités

Prévu initialement en plein air sur le boulevard de la Liberté, le « Concert du Tout-Monde » organisé par l’Institut français du Cameroun, pôle Douala a finalement trouvé refuge en intérieur, la pluie s’étant invitée à la célébration du 21 juin 2026. Un contretemps devenu symbole : celui d’une culture capable de se réinventer sans perdre son souffle. L’événement, dirigé artistiquement par Ruben Binam, a réuni une scène éclectique portée par des artistes tels que Julie Benito, Diane Berenys, Philbill, Martino Ngalle, Seppo, Joy’s Sa’a, Le Caleb, Tonton Marcel et Cindy Vox, dans une ambiance vibrante et profondément habitée.

“Triangle en création” : quand texte, musique et interprétation se rencontrent

Pour le directeur artistique Ruben Binam, le projet repose sur une alchimie précise :
« Une écriture, une composition, une interprétation… Triangle parce qu’on ne sait pas lequel domine. » Il insiste sur la construction collective du spectacle : « Les interprètes ont eu un rôle important… ils ont d’abord fait des propositions de mélodies. Ensuite, moi j’ai écrit la musique à partir de ça. » Et sur la philosophie du projet : « On est partis vraiment dans une démarche triangulaire : du texte vers la mélodification, de la mélodification vers l’orchestration. »

le “Concert du Tout-Monde” transforme la Fête de la musique en fresque vivante entre poésie, mémoire et sonorités

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De la poésie à la scène : une transformation guidée par les artistes

Pour Marc Monsallier, directeur de l’IFC Douala, le projet repose sur une logique de transmission culturelle : « L’objectif, c’était de partir de la qualité poétique des textes. » Il précise : « On a proposé une soixantaine de textes… ensuite, ce sont les artistes qui les ont choisis. » Et souligne la fidélité au texte original : « On a été à 80 % fidèle au texte de départ, la marge de manœuvre était surtout dans la musicalisation. » Sur le processus créatif :
« Les artistes ont choisi eux-mêmes leurs textes… c’est eux qui les ont interprétés. »
Et sur le résultat : « Il y a une adéquation entre ce qui est écrit et ce que l’artiste chante. »

Prévu initialement en plein air sur le boulevard de la Liberté, le "Concert du Tout-Monde" organisé par l’Institut français du

Phillbill : “ces textes parlent de ma vie”

Phillbill établit un lien direct entre les poèmes et son vécu : « Tous les quatre textes là, ce sont mes expériences, les trucs que je traverse dans ma vie tous les jours. »
Sur son implication dans le projet : « J’ai décidé de choisir les quatre textes parce que ça parle de moi. » Et sur son univers artistique : « C’est quelque chose que j’ai étudié à l’université… littérature, musique, cinéma… donc j’étais déjà habitué. » Et sur la dimension patriotique : « Mon pays… c’est l’amour pour la culture. »

Seppo : une expérience “relaxe et pleine d’énergie”

Seppo décrit une aventure artistique différente de ses habitudes : « Moi, je me sens bien… j’ai reçu beaucoup d’énergie positive. » Et ajoute : « C’était relaxe… c’est plus que ce que j’espérais. » Sur la scène et le public : « C’était super… j’étais super. » Seppo sur le public et la musique : « Ils soutiennent la bonne musique… à leur manière, un peu coussa, mais ils le font. »

Martino Ngalle : passion, foi et regard lucide sur le public

Martino Ngalle livre une analyse sans détour : « Le public camerounais soutient les artistes aujourd’hui, on le voit de moins en moins. » Mais nuance aussitôt : « Il y a quand même des artistes qui travaillent et qui méritent d’être accompagnés. » Sur la condition de l’artiste : « Il faut être passionné… et surtout garder la foi. »
Et elle insiste : « L’artiste, c’est toute une carrière… pas une seule chanson à succès. »

Le “Tout-Monde” : une philosophie de la diversité sans domination

Le projet s’inscrit dans la pensée d’Édouard Glissant : « Le Tout-Monde, c’est toutes les composantes du monde dans lesquelles il n’y a pas de domination culturelle. » Et le directeur de l’IFC résume : « Il n’y a pas un artiste qui domine l’autre… il y a une très bonne harmonie. »

Un concert entre langue, émotion et réappropriation

Sur scène, les artistes ont parfois adapté les textes : « J’ai essayé de transformer en Douala… et j’ai vu le public chanter. »
Et un constat partagé : « Ils retiennent plus la langue que le français. Malgré la pluie, le « Concert du Tout-Monde » s’impose comme une expérience artistique totale, où poésie, musique et identité camerounaise dialoguent sans frontières. Un événement où, comme le résume l’esprit du projet :
« Partage, collaboration et créativité. »

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Diane Laure MISSEKOU

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