Près de trois décennies après ses plus grands succès, Jacky Biho continue de marquer la scène musicale camerounaise. Sur un plateau télé le 9 juillet 2026, l’artiste est revenue sur sa méthode de travail, les sacrifices consentis au fil de sa carrière, son engagement spirituel et sa vision d’une industrie musicale où le respect de soi reste, une condition essentielle de la réussite.
Une carrière construite dans la patience
Pour Jacky Biho, le succès durable ne s’obtient pas dans la précipitation. La chanteuse revendique une méthode de travail qui privilégie le temps, la réflexion et la recherche de qualité. « Lorsque je prépare un album, je prends beaucoup de temps… Il faut de la concentration » et « Qui va lentement va sûrement », affirme-t-elle, rappelant avoir même réenregistré certains titres plusieurs mois après leur première version afin d’obtenir le résultat souhaité.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Des chansons qui résistent au temps
Si plusieurs de ses titres continuent d’être repris aujourd’hui, l’artiste estime que cette longévité s’explique avant tout par les histoires qu’elle raconte dans ses chansons. « Les thèmes de mes chansons ne meurent pas » et « Chacun a sa façon de travailler, chacun a son rythme », explique-t-elle, heureuse de rencontrer aujourd’hui des femmes qui lui racontent avoir grandi en dansant sur ses tubes. Une fidélité du public qui lui fait dire avec humour : « J’ai toujours 22 ans. »
Le refus des compromis pour réussir
Jacky Biho a également levé le voile sur les difficultés rencontrées durant son parcours, notamment les propositions auxquelles elle a refusé de céder. « Moi je trouve que le corps de la femme est sacré » et « Je trouve que la femme doit se faire respecter », lance-t-elle, évoquant les rendez-vous douteux et les « propositions indécentes » qui lui ont été faites au début de sa carrière. Pour elle, la réussite ne peut jamais justifier le renoncement à sa dignité.
Une nouvelle vie portée par la foi
Depuis quelques années, l’interprète d’Etou affirme vivre une profonde transformation spirituelle qui influence désormais sa musique. « J’ai donné ma vie à Jésus » et « Je fais du gospel maintenant aussi parce que j’ai été ordonnée comme évangéliste », révèle-t-elle, annonçant la sortie prochaine d’un nouveau maxi-single qui explorera cette nouvelle orientation artistique.
La musique, un métier qui lui a permis de réussir
Contrairement à certaines idées reçues, Jacky Biho assure avoir construit une véritable stabilité financière grâce à son art, mais principalement grâce aux spectacles. « Je ne vis pas grâce aux droits d’auteur, je vis grâce au spectacle », explique celle qui affirme avoir pu élever ses enfants, investir et soutenir plusieurs personnes grâce aux revenus générés par sa carrière. Elle n’oublie pas celui qu’elle considère comme l’artisan de son ascension : « C’est Foly qui a fait de moi Jacky Biho. »

Une profonde déception face aux droits d’auteur
L’artiste ne cache toutefois pas son amertume concernant la gestion des droits d’auteur au Cameroun. « Je refuse de parler du droit d’auteur parce que je suis choquée, je suis déçue », jugeant dérisoires certaines rémunérations perçues. Elle regrette également les divisions qui entourent régulièrement ce secteur et appelle à davantage de solidarité entre artistes.
Un message aux jeunes artistes et aux familles
Au moment de conclure son intervention, Jacky Biho a adressé plusieurs conseils aux jeunes générations. Elle recommande aux artistes de ne jamais dépendre exclusivement de la musique. « Je conseillerai à chaque artiste d’avoir un boulot » car « c’est un monde de requins ». Elle invite également chacun à exercer son métier « avec passion, avec amour » et appelle les parents à protéger leurs enfants, convaincue que « la prière » demeure leur meilleure protection.
Toujours fidèle à ses convictions, Jacky Biho défend une vision de la musique fondée sur le travail, la patience et le respect de soi. Une philosophie qui, selon elle, explique la longévité de sa carrière et continue d’inspirer une nouvelle génération d’artistes camerounais.

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Benjamin NOAH










