Gardien international du Burkina Faso et désormais numéro un du SCO Angers, Hervé Koffi a accordé un entretien dans lequel il revient sur les étapes marquantes de sa carrière. De ses débuts inattendus dans les cages à son parcours européen, en passant par les défis de la concurrence et son attachement aux Étalons, le portier de 29 ans livre un témoignage empreint de résilience, d’humilité et de foi.
Une enfance simple qui nourrit un rêve de football
Né à Bobo-Dioulasso, Hervé Koffi grandit dans une famille où le football occupe déjà une place importante. Son père est footballeur professionnel tandis que sa mère exerce comme coiffeuse. « Mon père était footballeur en activité et ma mère était coiffeuse. Mon enfance n’était pas difficile… on mangeait à notre faim et on allait à l’école ». Le gardien reconnaît cependant avoir été un enfant particulièrement turbulent. « Plus jeune, j’étais tout sauf calme ; j’étais même un peu banni. » À cette époque, l’école rime surtout avec les matchs improvisés pendant les récréations, avant que sa passion pour le football ne prenne définitivement le dessus.

𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
Du poste d’ailier droit aux cages : un destin inattendu
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, Hervé Koffi n’a pas toujours évolué comme gardien de but. « Au début, je n’étais pas gardien, j’étais joueur de champ, ailier droit. J’étais surtout rapide. » Le changement intervient presque par hasard après son arrivée dans un nouveau centre de formation. « C’est après avoir changé d’école que j’ai pu choisir d’être gardien. » Son père, conscient des difficultés du poste, tente d’abord de le mettre en garde. « Il m’a dit que c’était un poste difficile, surtout pour un Africain voulant percer en Europe, mais qu’il me soutiendrait. » Une décision qui changera définitivement sa carrière.
L’ASEC Mimosas, le véritable tremplin vers l’Europe
Après sa formation au centre Rahimo au Burkina Faso, Hervé Koffi rejoint l‘ASEC Mimosas en Côte d’Ivoire pour un simple essai d’une semaine. Finalement, le club ivoirien décide de le recruter immédiatement. « C’est à l’ASEC que j’ai vraiment eu un tremplin pour ma carrière. » Cette étape lui ouvre ensuite les portes du football européen avec une signature au LOSC Lille. Conscient de la concurrence incarnée par Mike Maignan, il accepte d’abord un rôle secondaire. « J’ai accepté mon rôle de numéro 2 derrière Mike Maignan. C’était un rêve de signer en Europe. » Suivant ensuite plusieurs expériences au Portugal, en Belgique puis à Charleroi, qui contribueront à sa progression.
À Lens, apprendre à grandir même dans l’adversité
Son arrivée au RC Lens constitue une nouvelle étape importante. Hervé Koffi y retrouve une forte concurrence avec Brice Samba puis Mathew Ryan. Lorsque Brice Samba se blesse, le Burkinabè dispute notamment une rencontre face au Paris Saint-Germain. « Les supporters m’ont tout de suite adopté, c’était émouvant. » Quelques semaines plus tard, il retrouve pourtant le banc. Une situation qu’il choisit d’aborder avec philosophie. « Je suis resté la même personne, toujours joyeux à l’entraînement. » Désireux de retrouver un statut de titulaire, il décide finalement de rejoindre le SCO Angers. « J’avais envie de jouer et d’avoir un rôle de numéro 1 garanti. »

« Black Cat », un surnom devenu une véritable identité
Parmi les anecdotes évoquées durant l’entretien figure l’origine de son célèbre surnom. À la CAN 2017, un journaliste burkinabè le compare à un chat en raison de ses détentes spectaculaires. « C’est moi qui l’ai transformé en Black Cat car je trouvais que ça sonnait mieux en anglais. » Une appellation qu’il adopte ensuite sur les réseaux sociaux et qui l’accompagne désormais tout au long de sa carrière.
La foi, la patience et les Étalons comme boussole
Très attaché à ses valeurs, Hervé Koffi insiste sur l’importance de la foi et de la patience dans une carrière professionnelle. « Mon conseil pour les jeunes est de ne pas se précipiter et de faire les bons choix. Il ne faut pas se laisser emporter par l’argent mais privilégier le côté sportif. » Il ajoute : « Il faut être patient, discipliné et avoir la foi. » Toujours profondément lié à la sélection burkinabè, le gardien confie que l’arrêt le plus marquant de sa carrière reste celui réalisé face à Christian Bassogog lors de la CAN 2017 contre le Cameroun. Enfin, il résume avec simplicité les exigences de son poste : « Je dirais oui, car c’est un poste à part où il faut avoir du caractère et sortir dans les pieds. »
À 29 ans, Hervé Koffi continue d’écrire son histoire avec la même humilité qui l’a conduit de Bobo-Dioulasso aux pelouses de Ligue 1. Guidé par la foi et le travail, le portier burkinabè nourrit désormais un objectif majeur : offrir au Burkina Faso une Coupe d’Afrique des Nations et participer un jour à une Coupe du monde.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire
Benjamin NOAH








