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Entre mémoire, culture et événementiel, Alexandre Guy Legrand Mambo appelle à sortir de l’amateurisme culturel sans filtre

Acteur culturel, communicant, producteur de spectacles et organisateur d’événements, Alexandre Guy Legrand Mambo s’est confié ce mardi 12 mai dans un long entretien sans langue de bois. Entre hommage à Philippe Saka, regard critique sur l’événementiel camerounais et réflexion sur les influenceurs africains, l’homme de culture installé à Paris plaide surtout pour une diaspora plus professionnelle et mieux structurée.

Entre mémoire, culture et événementiel, Alexandre Guy Legrand Mambo appelle à sortir de l’amateurisme culturel sans filtre

« Philippe Saka, c’était mon frère »

Dès le début de l’entretien, l’émotion s’installe lorsque Alexandre Guy Legrand évoque la disparition de Philippe Saka, figure emblématique de la culture camerounaise dans la diaspora. « Le corps disparaît, mais l’esprit reste toujours. C’était mon frère. » Il raconte leur rencontre dans les milieux culturels parisiens et la naissance du projet « First Class The Place To Be« , un magazine culturel destiné à valoriser les acteurs de la diaspora africaine. « On voulait mettre nos acteurs culturels et surtout nos femmes en valeur. » Pour lui, l’héritage de Philippe Saka reste immense, même si un hommage officiel digne de son parcours tarde encore à voir le jour. « On ne rend pas hommage sur l’émotion. Il faut quelque chose de structuré. »

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« Tout le monde ne peut pas tout faire »

Alexandre Guy Legrand revient sur l’un des sujets qui lui tient le plus à cœur : la professionnalisation de l’événementiel africain. Selon lui, beaucoup d’événements échouent faute d’organisation et de définition claire des rôles. « Si tu es communicant, tu n’es pas manager. Si tu es manager, tu n’es pas producteur. »

L’homme de culture insiste sur la nécessité de mieux comprendre les métiers du spectacle. « Un producteur, c’est celui qui crée l’événement, cherche les financements, rassemble les compétences et porte le projet jusqu’au bout. » Pour lui, la réussite d’un événement ne relève pas de la chance. « Les événements qui marchent sont préparés. Il n’y a pas de magie. »

« Paris est aussi notre ville »

Parmi ses projets actuels, Alexandre Guy Legrand développe un concept original de « croisière culturelle » sur la Seine prévue le 26 juillet à Paris. Une idée née de sa volonté de reconnecter la diaspora africaine à l’image prestigieuse de la capitale française. « Pourquoi les autres communautés utilisent Paris pour valoriser leur culture et pas nous ? » Très attaché à ses origines sawa, il explique également pourquoi il a choisi un bateau comme symbole culturel. « Je suis un fils de l’eau. Ce concept a un lien direct avec mon identité. »

« Les Camerounais aiment trop leur zone de confort »

Interrogé sur les influenceurs camerounais, Alexandre Guy Legrand reconnaît leur impact social, mais estime que beaucoup pourraient utiliser leur visibilité de manière plus constructive. « Les influenceurs ivoiriens utilisent souvent leur influence pour aider et impacter positivement autour d’eux. » Il cite notamment l’influenceur ivoirien Apoutchou National comme exemple d’engagement social. « C’est un parcours édifiant. C’est quelqu’un qui a un grand cœur. » Selon lui, la société camerounaise reste encore enfermée dans certaines habitudes. « Les Camerounais aiment trop leur zone de confort. »

« Ma vie ressemble aujourd’hui à ce que je voulais »

Très serein durant l’entretien, Alexandre Guy Legrand Mambo a aussi évoqué sa vie personnelle, son épouse et sa vision du bonheur. « Aujourd’hui, ma vie ressemble à ce que je souhaitais avoir. » Malgré les clichés autour du milieu culturel et de l’événementiel, il revendique une certaine stabilité. « Je cherche la paix. »

Un plaidoyer pour une culture africaine plus ambitieuse

À travers cette prise de parole, Alexandre Guy Legrand Mambo apparaît comme un homme de culture attaché à la transmission, à la mémoire et à la professionnalisation de l’écosystème culturel africain dans la diaspora. Son message final sonne comme un appel à toute une génération : « Battons-nous pour ce que nous aimons. Arrêtons la flatterie et faisons les choses correctement. »

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Diane Laure MISSEKOU

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