L’athlète guinéenne Fatoumata Balley, spécialiste du saut en hauteur et actuellement classée parmi les meilleures mondiales de sa discipline, a livré un témoignage le 11 mai 2026 sur son parcours marqué par de nombreuses opérations après une grave intoxication à la soude durant son enfance. À 29 ans, celle qui représente la Guinée affiche désormais un objectif clair : décrocher la première médaille olympique de l’histoire du pays aux Jeux de 2028.
« J’aime cette discipline… elle me permet d’être moi avec moi-même »
Dans un témoignage puissant, l’athlète décrit sa relation intime avec sa discipline :
« J’aime cette discipline, elle n’est pas facile mais j’aime ce que je ressens. J’aime être moi avec moi-même. » Face à la barre, elle ne voit pas un obstacle, mais un défi personnel : « Je la regarde et je lui dis : tu vas rester en place. Peu importe ce qui se passe, tu vas rester en place. » Une philosophie forgée dans les épreuves de la vie : « C’est un obstacle sur ma route. Mais comme tous les obstacles que j’ai franchis, je vais le franchir. »

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Une ambition claire : faire entrer la Guinée dans l’histoire olympique
Au-delà des performances, Fatoumata Balley porte un rêve national. « J’aimerais ramener la première médaille olympique de l’histoire de la Guinée en 2028. » Une ambition qu’elle ne cache pas : « Ça représenterait une revanche sur la vie. » Déjà 26e au classement mondial, elle continue de repousser ses limites avec une régularité impressionnante autour des 1,90 m. « J’ai été régulière à 1,90 m cet hiver. Il n’y a pas de raison de ne pas faire mieux. »
Une vie marquée par les Cicatrices
Derrière les performances, une histoire personnelle bouleversante. Dès l’enfance, la vie de l’athlète bascule après une grave intoxication. « À 18 mois, j’ai ingéré de la soude… ça a brûlé mon œsophage. » Un drame médical qui entraîne des dizaines d’opérations et une enfance loin de son pays natal. « J’ai dû être opérée une cinquantaine voire soixantaine de fois. »
Envoyée en France pour être soignée, elle grandit entre deux cultures. « J’ai été arrachée à mon pays… je n’ai pas grandi en Guinée. »

« Mon ventre était un champ de bataille »
Au-delà du physique, les blessures sont aussi sociales et émotionnelles. « On m’a dit : ton ventre est dégueulasse. » Des remarques violentes qui ont fragilisé sa confiance. « J’ai cru que mon corps définissait qui je suis. » Mais aujourd’hui, elle renverse le regard sur son histoire : « Mes cicatrices sont devenues mes plus belles forces. »
Se reconstruire par le sport et l’identité
Le saut en hauteur devient alors un espace de reconstruction mentale. « Il faut accepter de se lâcher dans le vide. » Elle apprend à apprivoiser la peur, à transformer le doute en énergie. « Je sais qu’il y a un tapis derrière. Je ne crains rien. » Son engagement dépasse même le sport : elle milite pour l’acceptation du corps et la confiance en soi, notamment auprès des femmes.

Une fierté pour la Guinée
Aujourd’hui, l’athlète assume pleinement son identité guinéenne et son rôle symbolique. « C’est mon pays de cœur. Je ne vous ai pas oublié. » Choisir la Guinée en compétition devient un acte fort de reconnaissance et d’amour national. « C’est une manière de me reconnecter à mon pays. »
Une flamme olympique qui ne s’éteint pas
Fatoumata Balley n’est pas seulement une athlète de haut niveau. Elle est le symbole d’une résilience rare, où chaque cicatrice devient un tremplin. « Subsiste au plus profond de moi une flamme que rien ni personne ne peut éteindre. » Une flamme désormais tournée vers un seul horizon : l’histoire olympique.

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Diane Laure MISSEKOU








