L’Institut français de Douala a servi de cadre, mardi 12 mai 2026, à l’ouverture officielle de la première édition du Douala International Film Festival (DIFF). Placé sous le thème « Filmer nos identités pour révéler sur nos écrans l’Afrique qui vient », ce rendez-vous cinématographique porté par l’Association Ciné-People’s réunit jusqu’au 17 mai des professionnels du 7e art venus du Cameroun, du Bénin, du Canada, de la France et de la Guadeloupe, pays invité d’honneur.

Une ouverture marquée par les figures culturelles et institutionnelles
La cérémonie d’ouverture a rassemblé plusieurs personnalités, parmi lesquelles le Maire de la ville de Douala, Dr. Roger Mbassa Ndine, le directeur de l’Institut français du Cameroun- Douala, Marc Monsallier, des cinéastes, autorités traditionnelles, cinéphiles et acteurs culturels. Dans une ambiance solennelle et festive, les organisateurs ont officiellement lancé ce festival qui ambitionne de faire de Douala une plateforme internationale du cinéma et des échanges culturels.

📺𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫
L’hommage émouvant à Bassek Ba Kobhio
L’ouverture du DIFF a également été marquée par une forte émotion à la suite du décès du cinéaste Bassek Ba Kobhio. Le directeur de l’Institut français a évoqué une “double coïncidence” : l’ouverture du festival le même jour que le Festival de Cannes, mais aussi cette disparition qui frappe le cinéma africain. Il a parlé d’une forme de “passation” symbolique, estimant que le DIFF pourrait désormais porter l’héritage laissé par le fondateur des Écrans Noirs.
Dans le même esprit, le promoteur du festival, Patrick Epape, a demandé une minute de silence en mémoire de celui qui, selon lui, “a tout donné pour le cinéma en Afrique, mais surtout au Cameroun”.

Patrick Epape et le pari de la mémoire collective
Très ému, Patrick Epape a rappelé son engagement de plus de vingt ans dans l’univers du cinéma et de la formation des jeunes. Pour lui, le DIFF ne doit pas seulement divertir, mais aussi questionner les identités africaines et transmettre une mémoire collective aux nouvelles générations.
« Nous devons travailler sur la mémoire et valoriser le regard d’un peuple sur ses origines », a-t-il insisté en présentant les films programmés pour cette soirée inaugurale. À l’occasion de cette ouverture, les festivaliers ont également assisté à la projection du film documentaire « Rio Dos Camarões », réalisé par Patrick Epape, une œuvre qui s’inscrit dans cette volonté de revisiter l’histoire et les identités camerounaises à travers le cinéma.

Douala veut devenir une “cité des arts et de la culture”
Prenant la parole, le Maire de la ville de Douala, Dr. Roger Mbassa Ndine a salué cette initiative qui s’inscrit, selon lui, dans la volonté de faire de Douala une véritable “cité des arts et de la culture”. Il a également souligné les opportunités que pourrait générer le festival pour les jeunes talents des quartiers de la capitale économique.
Le magistrat municipal a évoqué la possibilité de futurs partenariats entre la Communauté urbaine de Douala et les organisateurs afin de pérenniser cette dynamique culturelle et de renforcer la transmission des identités à travers le cinéma.

Christine Dikongue, entre héritage et rayonnement international
La réalisatrice Christine Dikongue a profité de cette ouverture pour présenter son court-métrage « Sous le soleil du quat« , une œuvre de 6 minutes 11 secondes tournée entre Bonabéri et Jebalè. Petite-fille du célèbre réalisateur Jean-Pierre Dikongué Pipa, elle a expliqué que ce film constitue un hommage à ses racines et à la transmission générationnelle.
La cinéaste a également partagé la belle trajectoire internationale de son œuvre, déjà sélectionnée dans six festivals, notamment au New York International African Film Festival et au Toronto Nollywood Film Week.

Un festival entre cinéma, formation et innovation
Prévu du 12 au 17 mai 2026, le DIFF ambitionne d’accueillir plus de 8 000 festivaliers et près de 200 professionnels. Plus de 50 films seront projetés en salle et en plein air, accompagnés de masterclasses, ateliers, animations culturelles et d’une foire artisanale. Le festival mise aussi sur l’innovation avec le “Ciné-People’s Lab”, un laboratoire destiné à former de jeunes créateurs et produire des films centrés sur le patrimoine culturel africain.
Avec cette première édition, le Douala International Film Festival affiche clairement ses ambitions : faire du cinéma un outil de transmission, de cohésion et de développement culturel. Entre mémoire, formation et ouverture sur le monde, le DIFF veut inscrire durablement Douala sur la carte des grands rendez-vous cinématographiques africains. Une aventure qui ne fait que commencer pour cette plateforme dédiée à “l’Afrique qui vient”.

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Benjamin NOAH




