Lors de son entretien le 11 mai 2026, Coco Argentée s’est livrée sur son parcours, son identité artistique, son processus de création et ses ambitions panafricaines. La chanteuse fait des confidences personnelles, émet des anecdotes sur ses débuts et lance des réflexions sur l’éducation des jeunes filles. L’artiste a dévoilé les coulisses d’une carrière bâtie sur le travail, la discipline et l’audace.
Une identité née sur les scènes de N’Djamena
De son vrai prénom Corine Céline Ntyame, la chanteuse a expliqué que son nom de scène est né durant ses prestations au célèbre cabaret Carnivore à N’Djamena. Habituée à apparaître vêtue de tenues entièrement argentées, elle attirait rapidement l’attention du public. « Je portais souvent des robes argentées, des chaussures argentées… les gens ont commencé à m’appeler Coco l’argenté, Coco en argent, puis Coco Argentée », a-t-elle raconté avec humour.
Ce surnom est progressivement devenu une véritable identité artistique dans l’univers musical camerounais et africain.

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Le Bikutsi comme une évidence
Au cours de cet échange, l’artiste a tenu à clarifier sa relation avec le Bikutsi. Selon elle, ce rythme s’est imposé naturellement dans sa carrière. Si son premier album sorti en 2010 comportait un titre folk intitulé Njamena, c’est le morceau « Bikutsi dans la tanière » qui l’a révélée au grand public.« Ce n’est pas moi qui ai choisi le Bikutsi, c’est le Bikutsi qui m’a choisie », a-t-elle affirmé avec conviction.
La chanteuse insiste cependant sur le fait qu’elle refuse de s’enfermer dans une seule identité musicale. « Je suis une artiste pluridimensionnelle. J’aime tous les rythmes et je chante selon l’inspiration du moment », a-t-elle ajouté.

Une discipline de vie derrière l’artiste
Derrière l’image de “bête de scène”, Coco Argentée révèle aussi une grande discipline personnelle. Avant d’entrer en studio, elle explique avoir besoin de calme, de concentration et d’un état d’esprit positif. « Je lis beaucoup, je fais du sport et je préfère travailler quand je suis calme et joyeuse », a-t-elle confié.
L’artiste affirme même créer plus facilement lorsqu’elle est dans de bonnes conditions psychologiques et matérielles : « J’écris mieux quand j’ai de l’argent que quand je suis stressée », a-t-elle lancé dans un éclat de rire.
Après 16 années de carrière, elle estime que sa force repose aussi sur son entourage professionnel. « Mon équipe me pousse toujours à sortir de ma zone de confort et à aller vers de nouveaux publics », a expliqué la chanteuse.
“Universal”, un projet ambitieux et international
Évoquant son nouvel album « Universal« , Coco Argentée a expliqué avoir collaboré avec Jovi en raison de son authenticité et de son talent singulier.
Mais c’est surtout le projet « Yamelah » qui symbolise son ambition actuelle. Pour le clip de ce titre, la chanteuse affirme avoir pris “un énorme risque” financier afin de proposer une production compétitive à l’échelle panafricaine et mondiale. « On était près de 60 personnes sur le tournage pendant une semaine. Je voulais quelque chose de fort et d’international », a-t-elle expliqué.
Selon elle, investir massivement dans son art est indispensable : « L’argent appelle l’argent. Tout ce que je gagne, je le réinvestis dans ma carrière pour aller toujours plus loin. »

Un message fort sur l’éducation des jeunes filles
Au-delà de la musique, Coco Argentée a également abordé les questions liées à la protection des enfants et des jeunes filles. Pour elle, le dialogue reste l’arme la plus efficace contre les dangers auxquels la jeunesse peut être confrontée. « Il faut parler avec les enfants sans tabou. Ils doivent pouvoir tout dire à leurs parents sans avoir peur », a-t-elle déclaré.
La chanteuse encourage les familles à sensibiliser les jeunes sur les fréquentations, la sexualité et les comportements à risque. « Quand un enfant sait qu’il peut parler librement, il sera plus en sécurité », a-t-elle conclu.
À travers cette prise de parole, Coco Argentée dévoile une personnalité à la fois ambitieuse, disciplinée et profondément attachée à la transmission. Entre musique, performance et responsabilité sociale, l’artiste camerounaise continue d’affirmer sa place comme l’une des figures majeures du Bikutsi moderne et du divertissement africain.

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Benjamin NOAH




