Le mercredi 18 mars 2026, à Doual’Art, à Douala, l’artiste chanteur et chorégraphe Didi P a livré un témoignage poignant à l’occasion du Cameroon Dance Week (CADAWEE), un salon dédié à la valorisation des danses traditionnelles camerounaises. Face à un public attentif composé de professionnels et d’amateurs de danse, l’artiste est revenu avec sincérité sur son parcours, ses blessures personnelles et le rôle déterminant qu’a joué la danse dans sa reconstruction et son évolution artistique.
« La danse m’a sauvé la vie »
Sans détour, Didi P pose les mots : « la danse m’a sauvé la vie ». Une déclaration qui résume l’impact profond de cet art dans son existence. Pour lui, la danse va bien au-delà du spectacle : elle est un refuge, un moyen d’expression, mais aussi un véritable tremplin social.
Elle lui a ouvert des portes insoupçonnées, lui permettant de rencontrer des personnes qu’il n’aurait jamais imaginé côtoyer. Plus encore, elle lui a inculqué une discipline de vie qui guide encore aujourd’hui ses choix et son parcours.

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Une passion née dans le silence
En replongeant dans ses débuts à la fin des années 1990, Didi P évoque une enfance marquée par l’incompréhension. Derrière son caractère jovial, peu de personnes soupçonnaient sa passion pour la danse, qu’il pratiquait en cachette.
Autodidacte, il développe son art seul, mû par un besoin urgent de s’exprimer. « J’étais incompris… il fallait que je trouve un moyen de me faire comprendre », confie-t-il. C’est ainsi que la danse devient pour lui un langage, une manière de dire ce que les mots ne pouvaient pas traduire.
Inspiré par Michael Jackson, dont il observait minutieusement les mouvements à travers des DVD, souvent dans le silence, il forge une capacité d’observation et de concentration.
La danse comme exutoire et discipline
Face aux pressions familiales et scolaires, Didi P décrit une période de forte tension intérieure. Il se définit lui-même comme une « bombe humaine », accumulant frustrations et incompréhensions. La danse devient alors une soupape, un moyen de libérer cette énergie et de retrouver un équilibre.
Ces moments d’expression lui permettent ensuite de se recentrer, d’être plus concentré dans ses études et de mieux gérer ses émotions. Progressivement, il apprend à structurer sa vie, à trouver un équilibre entre rigueur académique et passion artistique.

Des débuts modestes à l’expression publique
Entre 1999 et la fin des années 2000, Didi P fait ses armes dans la rue, dans un contexte marqué par le manque de moyens. Avec ses amis, il improvise des performances, esquissant les prémices de ce que l’on appelle aujourd’hui des flash mobs.
Ces moments de danse spontanée deviennent un espace de liberté et d’affirmation. « Danser dans la rue nous permettait de mieux nous faire comprendre », explique-t-il. Une manière pour lui de transformer l’espace public en scène et de faire entendre sa voix autrement.
Une renaissance par l’art
Aujourd’hui, Didi P regarde son parcours avec lucidité. La danse ne lui a pas seulement offert une carrière : elle lui a permis de se reconstruire, de canaliser ses émotions et de donner un sens à sa vie.
Son témoignage résonne comme un message d’espoir, notamment pour les jeunes en quête de repères. À travers son histoire, il rappelle que les épreuves peuvent devenir une force, et que l’art peut être un puissant levier de transformation personnelle.
À travers cette intervention au CADAWEE, Didi P signe bien plus qu’un témoignage : une véritable leçon de résilience. Son parcours, façonné par la discipline, la passion et la persévérance, illustre avec force que la danse peut être bien plus qu’un art, une renaissance.

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Benjamin NOAH




