À Galerie MAM, l’exposition « Danser l’histoire » présente, depuis le 27 mars 2026, des archives inédites du photographe Adama Sylla, retraçant la naissance de l’Ensemble National du Cameroun dans les années 1960, afin de valoriser et transmettre la mémoire culturelle du pays. Elle met en lumière des clichés réalisés lors du Festival Mondial des Arts Nègres 1966. L’événement s’inscrit dans une démarche de préservation et de redécouverte du patrimoine artistique camerounais.




Aux origines d’un projet culturel d’envergure
À l’aube des indépendances, l’Ensemble National incarne la volonté du Cameroun de construire une identité culturelle forte. Le Ballet National, en particulier, devient un creuset de talents, ayant vu émerger des figures majeures comme Ayissi Leduc, qui a contribué à former toute une génération d’artistes, dont NDA CHI.
Cette dynamique artistique s’inscrit dans une vision plus large, celle d’un Cameroun perçu comme une synthèse culturelle du continent, une idée chère à Léopold Sédar Senghor, qui qualifiait le pays de « microcosme africain ».

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1966 : Dakar, scène fondatrice d’une mémoire oubliée
C’est lors du Festival Mondial des Arts Nègres 1966 à Dakar que l’Ensemble National du Cameroun marque les esprits, représentant le pays à travers ses expressions traditionnelles. Présent sur place, Adama Sylla immortalise ces instants à travers une série de clichés restés longtemps inconnus.
Comme l’explique le commissaire de l’exposition, Ange-Frédéric Koffi :
« Adama Sylla a près de 30 000 images… on a découvert un film où il y avait environ 40 clichés… ce sont des photos historiques, parce qu’il y a très peu de documents qui montrent la création de l’Ensemble National. »

Une redécouverte précieuse pour les générations actuelles
Ces archives, récemment exhumées avec le soutien de Marc Monsallier et du Professeur Paul Henri Souvenir Assako Assako, constituent un témoignage rare.
Marc Monsallier souligne :
« Il paraissait naturel de les ramener au Cameroun 60 ans après leur prise… c’était en 1966, à Dakar, pour présenter le Cameroun sous une identité traditionnelle. »

Au-delà de leur valeur documentaire, ces images offrent une opportunité unique de réflexion sur l’héritage culturel et son évolution, tant pour les artistes que pour le grand public.
Dialogues contemporains : quand le passé inspire le présent
L’exposition ne se limite pas à une simple restitution historique. Elle propose un dialogue entre générations, notamment à travers le regard du duo The Forest Creative Loft, composé de Chantal Edie Ntube et Zacharie Ngnogue.
S’inspirant de leurs propres archives, notamment une série réalisée en 2022 sur la société secrète du « Kougang », ils explorent la continuité entre traditions et expressions contemporaines.
« La meilleure façon, c’est de montrer la contemporanéité de notre culture », explique Chantal Edie, soulignant une volonté de réinventer l’héritage post-colonial.


Une exposition entre mémoire et transmission
Portée par l’Institut français du Cameroun et la Galerie MAM, « Danser l’histoire » s’impose comme un rendez-vous majeur. Plus qu’une exposition, elle devient un acte de transmission, révélant une mémoire longtemps restée dans l’ombre et essentielle à la compréhension de l’identité culturelle camerounaise.
Ouverte le 27 mars dernier et ce jusqu’au 23 mai 2026 à Douala Bonanjo, avant une probable itinérance à Yaoundé, elle invite à redécouvrir les racines d’une nation artistique en constante réinvention.

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Benjamin NOAH




