Depuis plusieurs jours, une affaire très médiatisée secoue les réseaux sociaux camerounais. Lives à répétition, accusations, révélations et commentaires enflammés autour de l’argent, des relations intéressées et de la quête du luxe occupent les fils d’actualité. Au milieu de cette agitation, plusieurs personnalités ont choisi de déplacer le débat. Elles s’adressent aux jeunes en particulier aux jeunes femmes et rappellent que la dignité, le travail et les valeurs restent les véritables fondements d’une réussite durable.

Rachel Nkontieu : « Le monde vous vend un dangereux mensonge »
L’actrice et entrepreneure Rachel Nkontieu a livré l’une des réactions les plus marquantes. Dans son adresse aux jeunes filles, elle met en garde contre ce qu’elle considère comme une illusion entretenue par la société et les réseaux sociaux : croire que tout peut s’acheter, y compris la dignité. Selon elle, les signes extérieurs de richesse peuvent faire rêver. Une chambre d’hôtel de luxe, un smartphone dernier cri, un voyage en Europe ou une importante somme d’argent peuvent donner l’impression d’une réussite rapide. Pourtant, elle estime que ces avantages matériels ne construisent ni un avenir, ni une véritable paix intérieure.
« L’argent peut remplir un compte bancaire, mais il ne guérira jamais un cœur vide. Il peut acheter le luxe, mais jamais la paix. Ne laissez jamais quelqu’un vous convaincre que votre corps est un raccourci vers le succès. Les raccourcis brillent quelques instants, mais les vraies bâtisseuses traversent les générations. », écrit-elle.
À ses yeux, une femme de valeur n’a pas besoin d’être achetée pour être remarquable. «Mes filles, protégez votre cœur, protégez vos principes, protégez votre avenir. Certaines portes s’ouvrent avec de l’argent… mais se referment sur une vie entière. Je prie que vous deveniez des femmes qui inspirent par leur intelligence, leur foi, leur travail et leur caractère. Car une femme de valeur n’a pas besoin d’être achetée pour être remarquable, » clôture t’elle.

Willy Mba : « Je respecte d’abord celles qui se battent honnêtement »
Le manager Willy Mba a, lui aussi, réagi en recentrant le débat sur le mérite. S’il reconnaît que les tentations existent et que certaines propositions financières peuvent être difficiles à ignorer dans un contexte économique parfois compliqué, il tient à saluer celles qui choisissent malgré tout de gagner leur vie honnêtement. « Quand je vois une jeune fille se battre honnêtement, je respecte d’abord », affirme-t-il.
Pour lui, les difficultés du quotidien ne doivent pas faire oublier la valeur de l’effort. Il considère que les femmes qui refusent de céder à la facilité méritent davantage d’être mises en avant et respectées.

Marie Gabrielle Mfegue : « Nous fabriquons nous-mêmes ces phénomènes »
La journaliste et écrivaine Marie Gabrielle Mfegue porte, quant à elle, un regard plus critique sur le rôle joué par les internautes. Selon elle, le public participe activement à la popularité de ces affaires en les relayant massivement sur les réseaux sociaux, parfois sans même attendre que les faits soient établis. « Vous multipliez les posts et partagez les vidéos de ces jeunes filles et les rendez encore plus célèbres pour faire prospérer leur business immoral, que les faits soient avérés ou non. Et si c’était un buzz arrangé ? », s’interroge-t-elle.
Pour Marie Gabrielle Mfegue, cette fascination collective occulte les parcours de nombreuses Camerounaises qui gagnent dignement leur vie. Elle cite notamment celles qui vendent des repas dans les tourne-dos, des prunes, des plantains, des arachides ou des oranges, ainsi que toutes ces femmes qui entreprennent dans le secteur informel malgré les difficultés. Elle dénonce également les préjugés qui poussent parfois certaines personnes à considérer ces activités comme « des métiers misérables » ou à laisser entendre qu’une jeune femme belle devrait forcément chercher une autre voie pour réussir. « Qui a légalisé le fait que la beauté, si l’on vient d’un milieu modeste, est égale au commerce de ses charmes ? », questionne-t-elle, avant d’appeler les Camerounais à promouvoir davantage les véritables modèles de réussite dont regorge le pays, plutôt que de faire des scandales et des polémiques les principaux centres d’intérêt de la jeunesse.

Un même message malgré des sensibilités différentes
Bien que leurs approches soient différentes, Rachel Nkontieu, Willy Mba et Marie Gabrielle Mfegue défendent une idée commune : la réussite ne peut pas se limiter à l’argent ou aux apparences. Tous trois invitent les jeunes à privilégier le travail, l’intégrité, les compétences et les valeurs personnelles plutôt que les raccourcis ou les modèles véhiculés sur les réseaux sociaux. Espérant que leurs conseils n’entreront pas dans les oreilles de sourds.
Et comme le dit la maxime, « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait« .
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Eve-Pérec N.BEHALAL








