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À Douala, des boîtes de sardines deviennent des œuvres d’apprentissage

Des boîtes de sardines transformées en voitures miniatures, des crayons de couleur qui donnent vie à l’imaginaire et des ateliers de bricolage qui réveillent des savoir-faire ancestraux. Ce mercredi 22 juillet 2026, Bolo L’Espace Art & Culture, à Douala, a lancé une nouvelle session gratuite de « Lire, Écrire et Créer pour Exister », un atelier de vacances destiné aux enfants de 7 à 15 ans autour du thème « Transmettre pour s’épanouir ». Sur le terrain, Laura Dave Média a assisté à cette expérience où l’art devient un véritable outil d’éducation, de transmission et d’éveil culturel.

À Douala, des boîtes de sardines deviennent des œuvres d'apprentissage

Une matinée placée sous le signe de la créativité

Pendant deux heures, les enfants ont alterné plusieurs activités artistiques. Au programme : bricolage, coloriage et fabrication de voitures artisanales à partir de matériaux de récupération. Concentrés, curieux et enthousiastes, les jeunes participants ont découvert qu’il est possible de créer avec des objets du quotidien souvent destinés à être jetés.

Pour l’artiste plasticien Théophile Takam Fokam, cette approche permet d’éveiller l’imagination tout en valorisant un patrimoine artisanal parfois méconnu des nouvelles générations. « Je suis artiste plasticien. Je viens à BOLO L’Espace Art & Culture aujourd’hui avec l’atelier de bricolage et durant cet atelier, il est question pour nous de transmettre aux enfants ce savoir-faire des voitures artisanales telles qu’elles étaient faites autrefois. On a pris le cas de la voiture à base de boîtes de sardines, de bambou et de raphia. »

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𝐓𝐞́𝐥𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐳 𝗟’𝗔𝗣𝗣𝗟𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗟𝗔𝗨𝗥𝗔 𝗗𝗔𝗩𝗘 𝗠𝗘́𝗗𝗜𝗔 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐦𝐚𝐧𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐩𝐨𝐧𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐬𝐮𝐫

Le recyclage au service de l’apprentissage

Chaque boîte métallique, chaque morceau de bambou ou de raphia devient un support pédagogique. L’objectif ne consiste pas uniquement à fabriquer un objet, mais à apprendre à observer, imaginer, construire et réinventer. Le coloriage complète cette démarche en développant la sensibilité artistique des enfants et leur capacité à exprimer leur créativité. Comme l’explique Théophile Takam : « L’idée aussi, c’est de mettre l’enfant dans une atmosphère créative à travers des matériaux de récupération. » Une manière d’associer expression artistique, sensibilisation écologique et transmission des savoir-faire locaux.

Sauvegarder une mémoire qui risque de disparaître

Pour le lauréat du Prix BOLO : Vision Contemporaine, cet atelier répond à une préoccupation bien réelle : la disparition progressive de certains gestes traditionnels. « Le constat est que les enfants aujourd’hui ne sont pas très attirés par ces choses et aujourd’hui cela a tendance à disparaître. Donc l’idée ici, c’est de transmettre aussi cela aux plus jeunes. » En réintroduisant ces pratiques dans un cadre ludique, l’artiste souhaite susciter une curiosité durable pour un patrimoine longtemps transmis de génération en génération.

Des enfants conquis par l’expérience

Tout au long de la séance, les enfants ont multiplié les questions, testé différentes techniques et laissé libre cours à leur imagination. Leur implication témoigne du succès de cette formule qui mêle apprentissage et plaisir. Théophile Takam se réjouit de cette mobilisation. « Les enfants sont très, très réceptifs et ça se voit par leur volonté à davantage participer et d’intégrer l’atelier. » La matinée s’est achevée par une séance photo réunissant les jeunes créateurs autour de leurs réalisations, symbole d’une expérience qu’ils ne sont pas près d’oublier.

« Racines », une exposition qui prend vie

Bien plus qu’un simple atelier de vacances, cette activité s’inscrit dans la continuité de l’exposition « Racines : L’avenir a des racines », actuellement présentée à BOLO L’Espace Art & Culture. Pour Théophile Takam, il était essentiel que cette réflexion artistique se traduise également par une expérience concrète. « Le projet des ateliers est né avec l’idée de l’exposition « Racines ». On a vu que mon travail avait un côté vraiment pratique et un côté de transmission du savoir-faire aux jeunes générations. »

Cette rencontre entre création contemporaine, artisanat traditionnel et éducation illustre la volonté de faire de l’art un espace de partage, de mémoire et de construction.

À BOLO L’Espace Art & Culture, les enfants n’ont pas seulement appris à bricoler, colorier ou fabriquer des voitures artisanales. Ils ont découvert que la créativité peut aussi devenir un pont entre les générations. Une façon de rappeler que les racines culturelles continuent de grandir lorsqu’elles sont confiées aux mains des plus jeunes.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire

Benjamin NOAH

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