Après plusieurs mois de préparation, l’heure est enfin venue pour le « Festival International Corps En Folie » d’ouvrir ses portes du 23 au 26 juillet 2026 à Yaoundé. Portée par l’Association Compagnie Arsène Etaba, cette première édition ambitionne de rassembler artistes, danseurs, chorégraphes, chercheurs et passionnés autour d’un même objectif : faire de la danse un moteur de réflexion, de création et de développement. Entre enthousiasme, stress et détermination, son initiateur, le Dr Arsène Etaba, artiste, danseur, chorégraphe, performeur et directeur artistique du festival, affiche une ambition claire : inscrire durablement le Cameroun sur la carte des grands rendez-vous africains de la danse.
« Nous sommes prêts à écrire une grande page de l’histoire de la danse au Cameroun »
À la veille de l’ouverture du festival, l’émotion est palpable. Contacté par la rédaction de Laura Dave Média, Arsène Etaba ne cache ni son excitation ni la pression qui accompagne un événement d’une telle envergure. « Nous sommes motivés, certes un peu stressés, mais surtout déterminés. Nous savons que nous sommes prêts à écrire l’une des plus grandes pages de l’histoire de la danse au Cameroun. » Selon lui, cette première édition va bien au-delà d’une simple succession de spectacles. « Battles, conférences, débats, ateliers, workshops, performances… nous voulons offrir aux artistes une véritable plateforme de rencontres, d’échanges et de diffusion de leurs créations. »

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Créer un espace où les artistes construisent ensemble l’avenir de la danse
Pour Arsène Etaba, « Corps En Folie« , est né d’un constat simple : les artistes ont besoin de se rencontrer davantage. « Les artistes doivent avoir des espaces où ils discutent des problèmes du secteur, réfléchissent ensemble à sa structuration et participent à son industrialisation. » Le festival entend également accompagner la jeune création. « Nous voulons offrir aux jeunes un véritable cadre de formation, leur permettre d’affiner leurs compétences et produire des œuvres authentiquement camerounaises capables de dialoguer avec le monde entier. » Cette ambition dépasse largement les quatre jours du festival. « Notre vision est de prendre en charge des jeunes, de les former et de leur faire vivre une immersion complète dans les métiers de la danse. »
« Le plus grand défi reste la reconnaissance du statut d’artiste »
Si l’ambition est grande, les difficultés le sont tout autant. Le directeur artistique estime que la profession artistique souffre encore d’un manque de reconnaissance institutionnelle. « Le statut d’artiste au Cameroun est pratiquement inexistant. Notre politique culturelle est encore jeune et fragile. » À cela s’ajoutent plusieurs obstacles. « Le manque de financement, l’absence d’espaces adaptés, la difficulté pour les artistes de se fédérer ou encore de définir des standards professionnels fragilisent tout le secteur. » Pour lui, ces défis expliquent en grande partie les difficultés que rencontre aujourd’hui l’industrie culturelle camerounaise.




Une programmation pensée pour rapprocher la danse de son public
Contrairement à de nombreux festivals exclusivement consacrés à la danse contemporaine, « Corps En Folie » fait le choix de la diversité. « Nous voulons une programmation variée parce que nos pratiques artistiques sont parfois trop éloignées du grand public. » Ainsi, battles urbains, danses traditionnelles, ateliers, spectacles, conférences et workshops cohabiteront pendant quatre jours. « Nous voulons ramener ce côté populaire de la danse, celui que les jeunes vivent déjà au quotidien, notamment à travers les réseaux sociaux, tout en maintenant des espaces de réflexion et de formation. » L’objectif est clair. « Si l’humain est au centre de nos activités, alors notre public ne restera jamais à distance de notre art. »
La rencontre des cultures comme moteur de création
Pour Arsène Etaba, l’avenir de la danse africaine passe nécessairement par le dialogue entre les cultures. « La meilleure manière de progresser est d’aller à la rencontre de l’autre. » Le festival accueille ainsi plusieurs univers artistiques. « Chaque artiste arrive avec son histoire, sa réalité, son esthétique. C’est de cette rencontre que naissent les plus belles créations. »
Faire de Yaoundé un carrefour africain de la danse
L’ambition dépasse largement le cadre national. Le directeur artistique souhaite faire du ‘Festival International Corps En Folie » un rendez-vous majeur en Afrique.
« Nous voulons créer un véritable marché africain de la danse. » Selon lui, il est temps de réunir plusieurs univers. « Nous voulons créer un carrefour entre les danses traditionnelles, les danses urbaines, la danse commerciale et la danse dite intelligente. » Une approche qui doit permettre de rapprocher création artistique, formation et divertissement.
Quand la danse rencontre la science
L’une des grandes originalités du festival réside dans son approche scientifique de la danse. Depuis plusieurs années, Arsène Etaba mène des recherches sur les liens entre mouvement, santé et bien-être. « Nous avons travaillé avec des victimes d’AVC, des personnes autistes, des patients en santé mentale ou encore des femmes sous chimiothérapie. » Pour lui, les bénéfices sont considérables. « Nous savons aujourd’hui ce que la danse apporte sur les plans psychologique, émotionnel et somatique. » Le festival propose également des réflexions autour des liens entre danse, mathématiques et géométrie. « Rien ne se fait sans la danse. Elle devrait être utilisée comme un véritable levier de développement. »
« Corps En Folie est la signature d’un corps libre »
Au-delà des spectacles, le festival revendique une véritable philosophie. « Corps En Folie n’est pas simplement un festival où l’on vient danser. C’est la signature d’un corps libre, d’un corps qui s’assume et qui lutte pour ce qu’il aime. »
Pour son fondateur, l’humain reste au cœur de tout. « Nous choisissons toujours l’être avant l’avoir. »
« Oui, on peut vivre de la danse »
À tous les jeunes qui rêvent d’une carrière artistique, Arsène Etaba adresse un message d’espoir. « Tout est possible à celui qui croit, mais tout est encore plus possible à celui qui travaille. » Selon lui, la passion seule ne suffit pas. « La passion est le carburant, mais l’engagement est ce qui vous fait avancer. » Et de conclure avec une conviction forte. « Oui, on peut vivre de la danse. C’est un métier noble. Il ne s’agit pas seulement de danser, mais de tous les métiers qui gravitent autour de cet art. »
Un rendez-vous à ne pas manquer
Du 23 au 26 juillet 2026, Yaoundé vibre au rythme du Festival International Corps En Folie. Spectacles, battles, ateliers, conférences, workshops et performances, cette première édition entend poser les bases d’un événement appelé à devenir une référence sur le continent africain.
Pendant quatre jours, la capitale camerounaise accueille des artistes venus de divers horizons autour d’une même ambition : faire de la danse un langage universel, un outil de formation, d’inclusion et de transformation sociale.

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Diane Laure MISSEKOU








