Chaque année, le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les femmes camerounaises se mobilisent à Yaoundé, Douala et dans d’autres villes pour revendiquer l’égalité et la reconnaissance de leurs droits. Elles défilent vêtues du pagne officiel, participent à des conférences, des débats et à diverses activités culturelles et festives, dans le but de sensibiliser la société à leur rôle et à leurs droits. Mais une fois les célébrations terminées, une question demeure : au‑delà des pagnes et des discours, que reste-t-il réellement de cette journée au Cameroun ?
Plusieurs personnalités camerounaises ont partagé leurs réflexions sur le sens et les limites de cette
célébration.
Maurice Kamto : redonner sa profondeur à la journée
Pour l’homme politique Maurice Kamto, la célébration du 8 mars a progressivement été réduite à une dimension festive qui occulte parfois son véritable objectif.
« Au-delà des “pagnes” dédiés et du caractère festif auxquels on a malheureusement réduit cette journée du 8 mars, la femme est une entité divine de fabrique de la vie. »

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À travers ces propos, il rappelle que la femme occupe une place fondamentale dans la société et que la reconnaissance de son rôle doit dépasser les symboles d’une journée.
Flavienne Tchatat : poser toutes les questions
L’actrice camerounaise Flavienne Tchatat appelle, pour sa part, à un débat plus franc sur certaines réalités sociales.
« Même au lendemain du 8 mars, nous voulons toujours tenir les débats contre la violence conjugale sans interpeller les femmes sur les crimes qu’elles ont multipliés ces derniers jours ?»
Son intervention invite à ouvrir une réflexion plus globale sur les violences au sein des couples, en évitant les discours simplistes.

Julia Samantha Edima : honorer l’héritage et protéger l’avenir
Pour la reine de beauté, actrice et entrepreneure Julia Samantha Edima, le pagne du 8 mars possède une dimension symbolique forte, mais il doit aussi être accompagné d’un engagement pour la défense des droits des femmes.
« Porter ce tissu, c’est honorer notre héritage. Revendiquer nos droits, c’est protéger notre avenir. Face aux cris de douleur et aux violences numériques, nous choisissons de rester debout, unies et fières.»
Elle souligne également l’importance de la solidarité féminine face aux défis contemporains, notamment les violences numériques.

Sabrina : reconnaître la contribution quotidienne des femmes
Dans le domaine artistique, la chanteuse camerounaise Sabrina rappelle que l’importance de la femme dépasse largement le cadre d’une seule journée de célébration.
« La femme est celle qui fait briller le monde tous les jours.»
Un message qui met en lumière le rôle permanent des femmes dans la société, que ce soit dans la famille, l’économie, la culture ou la vie sociale.

Au-delà du symbole
Ces différentes prises de parole montrent que la célébration du 8 mars reste importante pour la visibilité des femmes. Toutefois, beaucoup estiment qu’elle doit être un moment de réflexion et d’engagement, et non seulement une fête.
Le pagne, les défilés et les discours ont leur place dans la tradition de cette journée, mais le véritable défi reste l’amélioration concrète des conditions de vie des femmes.
Une responsabilité pour toute l’année
Au final, la question posée par le 8 mars dépasse largement les festivités du jour.
Car si les femmes sont mises à l’honneur pendant cette journée, leur contribution et leurs combats s’inscrivent dans les 364 autres jours de l’année.
Après les pagnes et les discours, ce qui devrait rester du 8 mars, c’est une prise de conscience collective et un engagement durable pour la dignité, l’égalité et la place des femmes dans la société.
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Benjamin NOAH




