En cette semaine du 8 mars 2026, dédiée à la Journée internationale des droits des femmes, le Cameroun peut se targuer d’assister à une véritable révolution culturelle : l’humour au féminin n’est plus une exception, il devient une force. Longtemps dominé par les hommes, le stand-up camerounais s’ouvre désormais à des voix féminines puissantes, audacieuses, inspirantes. Sur scène, à la télévision, à la radio ou sur les réseaux sociaux, elles imposent leur style, leur regard et leur liberté de ton.
Charlotte Ntamack, la pionnière qui ouvre la voie
Comédienne, conteuse, actrice et humoriste née en 1979 au Cameroun, Charlotte Ntamack est l’un des visages majeurs de cette dynamique. Formée auprès de Roland Fichet, Catherine Boskowitz ou encore Martin Ambara, elle a su bâtir une carrière solide entre théâtre, télévision et humour. Connue du grand public pour sa participation à l’émission « Le Parlement du Rire » aux côtés de Michel Gohou, Digbeu Cravate et Mamane sur Canal+, elle est longtemps restée la seule femme du programme.

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Mais Charlotte ne s’arrête pas à la scène. Elle organise très souvent des ateliers pour initier les jeunes femmes à l’écriture de sketchs et au jeu scénique. Objectif : combler le fossé entre les genres dans la comédie. « Il n’y a pas trop de femmes dans l’humour. Il faut les former, les encourager, leur donner les outils », martèle-t-elle.

Sélavie Newway, le caméléon de la scène
Pionnière du one-woman show au Cameroun, Sélavie s’est imposée comme l’une des premières femmes à porter seule un spectacle d’humour dans un univers longtemps dominé par les hommes. En osant monter sur scène en solo, elle a ouvert la voie à toute une génération d’humoristes camerounaises, prouvant qu’une femme pouvait captiver, faire rire et aborder sans complexe des sujets sociaux sensibles. Formée à l’Actor Studio, Acting International et à l’École du One Man Show, elle a également contribué à professionnaliser le stand-up féminin, montrant que le talent gagne à être structuré et affiné. Aujourd’hui, elle participe au rayonnement de l’humour camerounais au-delà des frontières.

Jeanne Mbenti, l’humour comme thérapie collective
À Douala, Jeanne Mbenti, alias « Norma« , multiplie les one-woman shows : Focus Norma (2015), Boza (2019) et J’aime le sport (2022). À travers des parodies d’entraîneurs, de supporters ou de coachs en motivation, elle décrypte avec finesse le quotidien camerounais. Son message aux jeunes femmes est clair : « Formez-vous. Travaillez. Seul le mérite paye. » Pour elle, le rire est un outil d’émancipation.

Diane Nama, résilience et popularité numérique
Née en 1995 à Yaoundé, Diane Nama s’est imposée comme une figure incontournable de l’humour digital. Révélée dans la série « Les capsules de Takam » aux côtés d’Ulrich Takam, elle cumule près de 700 000 abonnés sur Facebook. Son parcours est marqué par les épreuves personnelles, mais aussi par une détermination sans faille. De juriste en devenir à actrice et humoriste confirmée, elle transforme ses blessures en matière comique et en moteur de réussite. Mariée en 2023 à Paris, elle incarne cette nouvelle génération de femmes qui jonglent entre vie personnelle et carrière artistique, sans renoncer à leurs ambitions.

Sarah Lélé, la diaspora qui bouscule les codes
À seulement 23 ans, l’humoriste belge d’origine camerounaise Sarah Lélé est l’une des voix montantes du stand-up francophone. Entre Bruxelles et Paris, elle explore la double culture, le féminisme, le football ou encore la colonisation dans son spectacle « La Mauvaise Éducation‘. Adoubée par Gad Elmaleh, elle revendique un humour engagé, intelligent et sans tabou. Son prochain spectacle est annoncé au Centre culturel Le Totem au Luxembourg le 21 mars 2026.
Pour elle, le rire est un espace de dialogue et de réflexion. « Être drôle n’est pas encore perçu comme un atout féminin », souligne-t-elle.

Une scène en pleine ébullition
Au Cameroun comme dans la diaspora, l’humour féminin n’est plus marginal. Il est pluriel, engagé, populaire et structuré. Des ateliers de formation aux comedy clubs internationaux, les femmes investissent les planches avec assurance. Elles parlent de société, de traditions, d’identité, de violences, de maternité, d’amour, de politique parfois. Elles rient d’elles-mêmes et du monde. Elles bousculent les mentalités. En cette semaine du 8 mars 2026, une chose est sûre : le rire camerounais a désormais une voix féminine forte. Et elle compte bien se faire entendre.
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Diane Laure MISSEKOU





