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Stéphane Mbia dévoile les coulisses de ses investissements après le football

Ancien capitaine des Lions Indomptables, passé par des clubs comme Olympique de Marseille ou Sevilla FC, avec lequel il remporte deux Ligues Europa, Stéphane Mbia écrit un nouveau chapitre loin des pelouses. Education, immobilier et transmission, l’ex-international camerounais assume une reconversion marquée par des choix et des leçons tirées du passé. Au cours d’un entretien dans l’enceinte de son établissement maternel et primaire, le fondateur revient sur la genèse et les ambitions de ce projet.

Stéphane Mbia dévoile les coulisses de ses investissements après le football

Une reconversion construite autour de l’éducation

Installé à Yaoundé, Stéphane Mbia est à la tête du Complexe éducatif qui porte son nom, une structure lancée en 2022 et pensée comme un héritage durable.

« L’idée de l’école est celle de mon père. Il me disait toujours « Écoute Stéph, tu as choisi une autre voie mais tu es quand même allé à l’école. Je pense que derrière ce que tu devrais laisser s’il arrive que tu laisses ton empreinte dans notre pays, c’est de créer une école ». Aujourd’hui je souhaite faire une chaîne dans notre pays. Pourquoi pas ouvrir une école à Douala? à Ngaoundéré?à Foumban? »

Parti de 43 élèves à ses débuts, l’établissement basé dans la capitale Yaoundé connaît une croissance progressive :

« On a commencé en 2022 avec 43 élèves, aujourd’hui on est à 200. Le complexe a une capacité de 950, avec le secondaire que je compte lancer d’ici la rentrée 2026/2027. L’éducation dans notre pays n’a pas de prix. »

Des liens forts avec ses anciens coéquipiers

Dans cette aventure, Mbia n’oublie pas ceux qui ont compté dans sa trajectoire, notamment ses anciens partenaires en sélection.

Il évoque notamment Alexandre Song, Landry Nguemo de regrettée mémoire et Benjamin Moukandjo :

« J’ai eu la chance d’avoir Landry Nguemo et Alexandre Song. Et même aussi Benjamin Moukandjo parce qu’il est dangereux dans tout ce qui est investissement. Avec Landry Nguemo on avait des sessions de travail. C’est-à-dire, Landry voyageait et il me disait stéphane arrêtez vos conneries, venez on s’asseoit. Il nous donnait des conseils. La reconversion se prépare. »

Au-delà de l’amitié, ces relations ont eu un impact concret sur ses projets :

« Alexandre Song et Landry Nguemo m’ont donné de l’argent pour terminer la construction de mon école. Ils m’ont aidé. On parle de millions.»

Des erreurs assumées dans ses investissements

Stéphane Mbia revient sur ses choix passés, notamment ses investissements réalisés sans accompagnement structuré :

« Tout ce que j’ai fait a été sur fonds propres, c’est une erreur. Je ne devais pas faire un projet comme celui de mon complexe sur fonds propres. »

L’ancien Lion Indomptable insiste sur la nécessité de mieux encadrer les footballeurs pendant leur carrière :

« Le football, c’est 10 ou 15 ans, mais ça ne te garantit pas d’avoir un capital pour vivre. Le footballeur est le joueur le plus pauvre au monde parce qu’il vit avec l’argent qu’il n’a pas. Le salaire, tu le perçois quand tu es encore en activité. Tu peux même avoir les personnes habilitées à pouvoir gérer ton argent pendant ta carrière mais il faudrait que toi-même en toi tu puisses avoir ce côté attention. Il faudrait que ça soit dans ton ADN, que les parents, papa, maman qui bien sûr à leur niveau n’ont peut-être pas la capacité qu’ils te disent quand même mon « Mon fils, fais attention ». Et puis derrière, tu peux avoir même les meilleurs banquiers du monde. Mais un conseiller, ça ne te garantit pas d’avoir un bon projet parce qu’ils vont vouloir peut-être eux se sucrer , venir te voir pour que tu fasses un crédit dans leur banque à des taux exorbitants. »

Retour aux sources et stratégie d’investissement

Après avoir investi en Côte d’Ivoire, Mbia opère un recentrage stratégique vers le Cameroun :

« Je me rappelle ça fait 26 ans, J’ai construit des appartements à Soa. À cause de ça Alexandre Song ne m’a pas parlé pendant au moins 10 ans. Parce qu’il m’a dit que j’ai fait une connerie que ça sert à rien d’aller investir là-bas, j’aurai pu investir peut-être à Bastos . J’étais obligé de m’excuser pour que les gars disent viens on va
t’expliquer comment ça fonctionne. Parce que moi je vivais à Abidjan avec la mère de mes enfants. Ils m’ont dit viens investir au Cameroun. Tu es Camerounais. Et j’ai réalisé ce complexe, je suis content. Malheureusement, Landry Nguemo est décédé mais je suis content parce qu’il a vu le projet et je l’ai écouté . En Côte d’Ivoire, j’ai des investissements dans le secteur immobilier, de la terre. Je suis en train de tout vendre là-bas.
« 

Une vision tournée vers l’avenir

Aujourd’hui, Stéphane Mbia ne se contente pas d’investir , il se forme pour structurer sa reconversion.

« Je fais un master pour être président directeur sportif. Le but aujourd’hui est de se former, avoir des diplômes pour travailler partout en Afrique. »

Au-delà de son parcours sportif, Stéphane Mbia inscrit désormais son action dans une logique de structuration et de pérennisation. Sa trajectoire met en lumière la nécessité d’anticiper la reconversion et de s’appuyer sur un encadrement adapté pour sécuriser ses projets sur le long terme.

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Ève-Pérec N.BEHALAL

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