Dans une interview à coeur ouvert ce lundi 04 mai, l’actrice camerounaise Samira Montreux s’est livrée sans filtre sur son parcours, ses choix artistiques et sa vision exigeante du métier. Entre confidences, ambition et professionnalisme, elle incarne une nouvelle génération d’acteurs déterminés à structurer leur carrière avec rigueur.
“Le cinéma est venu à moi” : une passion née sur les plateaux
Pour la jeune actrice camerounaise Samira Montreux, tout commence très tôt, au contact de son père, lui-même cinéaste. « Le cinéma est venu à moi… en allant sur les plateaux avec mon père, j’ai commencé à nourrir cette passion », confie-t-elle. Immergée dans cet univers dès l’enfance, elle grandit aux côtés de figures emblématiques du cinéma camerounais, une expérience qui façonne sa vision du métier : « Moi, je fais partie de la vieille école », affirme-t-elle avec fierté.

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Des débuts difficiles : “Les castings et moi, ça fait deux”
Contrairement à de nombreux acteurs, son parcours n’a pas été linéaire. « Je n’ai jamais été prise dans les auditions que j’ai faites », révèle-t-elle sans détour.
Mais loin de l’abattre, ces échecs la poussent à se former davantage. C’est finalement grâce à une opportunité inattendue qu’elle décroche son premier rôle : « On a demandé un catalogue d’acteurs… et ils ont été frappés par mon profil ». Une chance qu’elle transforme en tremplin : « Je l’ai joué comme si c’était ma Champions League ».
Une actrice stratégique : “Je refuse des projets”
Aujourd’hui, Samira Montreux revendique des choix assumés et une vision claire de sa carrière : « J’ai un plan de carrière très bien défini sur 10 ans ». Elle n’hésite pas à refuser certains rôles : « Vous n’allez pas m’en vouloir de vouloir être professionnelle… de ne pas accepter un rôle qui n’entre pas dans ma direction artistique ». Une exigence qui l’amène parfois à proposer des modifications aux réalisateurs : « Si vous voulez que j’interprète ce rôle, voilà ce que je ne veux pas ».



L’art de jouer : entre technique et immersion totale
Formée aux techniques du jeu d’acteur, elle insiste sur la dimension scientifique du métier : « Le cinéma, c’est un métier… ça s’apprend ». Pour elle, incarner un personnage demande un travail profond :
« Tu prêtes ton corps à une entité… tu prends ses traumatismes, ses émotions ».
Même les émotions les plus simples sont travaillées : « Même rire en étant une autre personne, c’est compliqué ».
Pleurer à l’écran : une technique, pas un hasard
Contrairement aux idées reçues, l’émotion ne repose pas sur l’improvisation : « Faire appel à sa mémoire personnelle, c’est dangereux », explique-t-elle. Elle privilégie une approche technique : « Tu accélères ton rythme cardiaque… et ça finit par sortir ».


Une expérience internationale révélatrice
Récemment, l’actrice a franchi un cap avec une production française tournée à Yaoundé. Une expérience marquante :
« La vraie écriture a commencé dès qu’ils m’ont trouvée ». Elle souligne les différences entre productions locales et internationales, notamment sur le plan contractuel et organisationnel : « Ta vie coûte cher… tout est encadré ».
Entre exigence et liberté artistique
Samira Montreux revendique une posture professionnelle forte dans un milieu souvent exigeant : « Si tu me veux vraiment dans ton projet, adapte le personnage ». Une vision qui peut surprendre, mais qu’elle assume pleinement : « On dit que je me prends la tête… mais je suis libre d’accepter ou non ».
Peut-on vivre du cinéma au Cameroun ?
À cette question cruciale, elle répond avec nuance : « On peut bien vivre du cinéma… tout dépend de ton niveau et de ta formation ». Elle insiste sur l’importance de se former sérieusement : « Le talent ne suffit pas… il y a toute une science derrière ».
“Croire en son art et se former” : son message aux jeunes
À travers son parcours, Samira Montreux envoie un message clair aux aspirants acteurs : rigueur, formation et vision sont indispensables. « Tout le monde peut jouer… mais il faut pouvoir expliquer techniquement ce que tu fais », conclut-elle. Une déclaration qui résume parfaitement son approche : exigeante, structurée et résolument tournée vers l’excellence.

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Diane Laure MISSEKOU




