Interviewé le 04 mai 2026 par un média local, le rappeur ivoirien d’origine chinoise Fing Fang, également surnommé « Le Chinois de l’Apocalypse », s’est exprimé sur les questions liées à l’identité africaine, aux croyances, aux systèmes de pensée et à la transmission des savoirs. Au cours de cet entretien, il a notamment abordé la place des religions, la valorisation des connaissances endogènes et l’orientation de son univers musical.
Pourquoi abandonner notre propre connaissance africaine ?
Au cœur de son intervention, Fanfing questionne la rupture progressive entre les Africains et leurs propres systèmes de pensée:
« Pourquoi on laisse notre propre connaissance africaine pour aller vers d’autres connaissances ? »
Une interrogation qui résume son propos : celui d’un continent qui, selon lui, continue de chercher ailleurs ce qu’il possède déjà en lui-même.

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La foi basée sur des références européennes questionne l’identité africaine
Le rappeur interroge une foi qu’il juge parfois déconnectée des réalités culturelles du continent.
« Comment être africain quand ta foi est basée sur l’Europe ? »
Sans rejeter la spiritualité, Fing Fang critique surtout les formes d’aliénation qui, selon lui, éloignent l’Africain de sa propre mémoire. Dans cette même logique, il défend une relecture des croyances africaines, affirmant que « le vaudou, ce n’est pas le diable (…) c’est l’école africaine », une manière pour lui de réhabiliter un savoir longtemps caricaturé et réduit à des récits extérieurs.
On nous apprend tout, sauf notre propre histoire
L’artiste critique également le contenu des enseignements transmis aux jeunes générations. Selon lui, l’école continue d’enseigner des références éloignées des réalités africaines, en laissant dans l’ombre une partie essentielle de la pensée noire.
Il cite notamment Thomas Sankara et Laurent Gbagbo comme des figures intellectuelles insuffisamment intégrées aux récits de transmission.

J’ai trop de rage, c’est la souffrance de l’Afrique
Interrogé sur la violence et la rage qui traversent désormais son rap, Fing Fang assume pleinement ce virage.
« C’est la souffrance de l’Afrique. »
Une formule courte, mais lourde de sens, qui donne à sa musique une portée plus politique que personnelle.
Ma rencontre avec « la coche »
Dans un registre plus intime, Fing Fang évoque aussi “la coche”, qu’il décrit comme un médicament traditionnel africain ayant changé sa perception.
« Ça m’a permis d’ouvrir mon esprit. »
Une expérience qu’il présente comme un basculement intérieur, au croisement de la spiritualité et de la création.

Avec cette sortie, Fing Fang ne signe pas seulement une déclaration d’artiste. Il pose un acte idéologique, presque militant, sur la place des savoirs africains dans la conscience contemporaine. Entre spiritualité, mémoire, transmission et rupture, “Le Chinois de l’Apocalypse” remet sur la table une question sensible : peut-on encore penser l’Afrique librement sans d’abord réapprendre à la lire depuis elle-même ?
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Muriel Yanga




