Dans une sortie percutante ce vendredi 27 mars 2026, le comédien et scénariste camerounais Amadou Bouna Guazong appelle à une structuration urgente de l’écosystème théâtral, dénonçant l’absence de marché, de salles et de modèles économiques viables. Dans une prise de parole engagée, il dresse un constat critique du secteur, tout en proposant des pistes concrètes pour relancer une véritable industrie théâtrale nationale.
Le diagnostic d’un artiste engagé
Le comédien-humoriste et dramaturge camerounais Amadou Bouna Guazong, figure engagée des arts de la scène, a livré une analyse sans détour sur l’état du théâtre au Cameroun. Dans une prise de parole largement relayée sur ses réseaux, l’artiste dresse un constat alarmant, mais porteur de solutions. Pour lui, le problème est profond et structurel : « Le problème du théâtre camerounais… ce n’est pas qu’il meurt. C’est qu’il n’a jamais vraiment vécu économiquement. » Une déclaration forte qui pose les bases de son argumentaire : sans structuration économique, le théâtre ne peut exister comme une véritable industrie.

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Un secteur sans marché ni infrastructures
Bouna Guazong insiste sur l’absence d’un véritable écosystème autour du théâtre :
« Un art qui ne produit pas, un art qui ne diffuse pas, un art qui ne vend pas… ce n’est pas une industrie. C’est une intention. » Selon lui, le manque de salles de spectacle constitue un frein majeur :
« Où sont les salles ? Où sont les lieux où un citoyen peut dire : “ce soir, je vais voir une pièce” ? » Pour l’artiste, cette absence empêche la création d’un marché viable : « Pas de salle = pas de marché
Pas de marché = pas d’industrie
Pas d’industrie = pas de théâtre durable »
La fuite des talents, symptôme d’un système fragile
Autre point soulevé : la perte de figures majeures du théâtre camerounais et le manque de relève : « Le théâtre camerounais est en train de perdre ses généraux… Et derrière ? Le vide. » Face à cette situation, les jeunes se tournent vers d’autres horizons : « Pas parce qu’ils aiment moins le théâtre. Mais parce que le théâtre… ne les aime pas assez pour les faire vivre. » Une réalité économique qui pousse de nombreux talents vers le cinéma, les séries ou les réseaux sociaux.
Un théâtre trop tourné vers l’international
Le dramaturge dénonce également une orientation excessive vers les marchés extérieurs : « Les œuvres qui cherchent la reconnaissance internationale perdent parfois leur ancrage local. » Pour lui, la force d’une industrie culturelle repose d’abord sur son public local : « Nous parlons au monde… pendant que notre voisin ne nous écoute pas. »

Un public qui ne demande qu’à être nourri
Contrairement aux idées reçues, le public n’est pas le problème selon lui :
« Le public n’aime pas… ce qu’il ne voit pas. » Il compare le théâtre à un besoin fondamental : « Donnez-lui à manger… il mange. » Et souligne la concurrence actuelle des plateformes numériques :
« Aujourd’hui, il mange quoi ? Netflix, TikTok, YouTube. Pas parce que c’est meilleur. Mais parce que c’est disponible. »
Des solutions concrètes pour relancer le théâtre
Au-delà du constat, Bouna Guazong propose des pistes concrètes : Créer des salles de spectacle « Créer des salles. Maintenant. Des salles de 100 places dans chaque mairie. »; Former une nouvelle génération « Le théâtre doit redevenir un métier. Pas un sacrifice. »; Réinventer l’écriture « Il nous faut un théâtre qui parle de Douala à Douala… de Yaoundé à Yaoundé. » Une approche qu’il expérimente déjà à travers son projet Love & Laugh, avec notamment le programme d’écriture dramatique “Le théâtre pour les voisins”.
Une vision tournée vers l’avenir
L’artiste appelle à un changement de paradigme : « Le théâtre camerounais n’a pas besoin d’être sauvé. Il a besoin d’être structuré. » Pour lui, les solutions existent et sont réalisables : « Le problème n’est pas artistique. Il est économique, politique et organisationnel… Et la bonne nouvelle, c’est que tout ça… se construit. » Par cette sortie engagée, Amadou Bouna Guazong s’impose une fois de plus comme une voix majeure de la réflexion culturelle au Cameroun, mêlant critique lucide et propositions concrètes pour l’avenir du théâtre africain.

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Diane Laure MISSEKOU




