A l’occasion de la Saint-Valentin, Laura Dave Media a interrogé les créateurs de contenus Alexandra et Steve Tchomba. Installé en Allemagne, ce couple camerounais, connu pour ses contenus axés sur la vie conjugale et la famille, a accepté de se confier sur le sens qu’il accorde à la fête de l’amour.

Pour Alexandra et Steve Tchomba, le sens du 14 février ne se limite pas aux cadeaux matériels.
Alexandra Tchomba tient à poser le cadre :
« Ce n’est pas ce jour que je vais montrer à M. Tchomba que je l’aime, ou alors, ce n’est pas qu’en ce jour que j’attends une forme de démonstration qu’on ne me montre pas au quotidien. »
Pour elle, la Saint-Valentin ne remplace pas l’attention régulière.
« C’est un moment qui me permet de commémorer un peu ce pourquoi on s’est dit oui. De nous rappeler que nous sommes non seulement encore jeunes, mais que ce qui nous a unis est un amour fort et profond. Donc la Saint-Valentin, pour moi, représente beaucoup. C’est un moment de s’asseoir, de se retrouver et d’être ensemble. »

Mariés et parents, ils reconnaissent que le quotidien peut diluer les élans du départ. Dans une époque où les obligations professionnelles et familiales occupent l’essentiel de l’espace, ils défendent l’idée d’un arrêt volontaire pour protéger le lien conjugal.
Le 14 février devient alors un rappel volontaire.
Steve Tchomba partage cette approche introspective :
« Le 14 février, pour moi, est un moment d’arrêt. Un moment où on se regarde, on se dit, on se rappelle pourquoi est-ce qu’on est ensemble. Que, indépendamment de tout ce qu’on partage aujourd’hui, la base de tout ceci c’est l’amour. Et est-ce que cet amour est encore aussi ardent qu’au départ ? »
Il parle d’un temps d’évaluation sincère :
« Pour moi, c’est un moment d’interpellation, de se rappeler et de se donner des forces pour aller vers l’avant. »
Quand la routine transforme le couple
Alexandra décrit une réalité que de nombreux couples connaissent :
« On vit dans un monde où la routine ne nous laisse pas. Quand on a des enfants, nous les femmes, on est plus concentrées sur eux. Papa cherche comment il va mettre de quoi manger sur la table. À un moment donné, ça devient vraiment compliqué et on se regarde, nous sommes deux parfaites inconnues qui dormons dans le même lit. »
Elle poursuit :
« On devient les frères. On se dit, mais c’est comment, ça dit quoi ? Alors que ce n’est pas pour ça qu’on s’est mariés. »

Ce constat a poussé le couple à aller plus loin que les simples contenus numériques. Ils organisent des rencontres pour couples, notamment « Le Paradis des Couples », annoncé en juillet à Amsterdam et en août au Canada. L’objectif : offrir des espaces de dialogue et de reconnexion.
« Permettre aux couples vraiment de se rappeler ce pourquoi ils se sont dit oui. »
Le cadeau comme symbole, pas comme compensation
Chez les Tchomba, le cadeau matériel n’est pas rejeté, mais replacé à sa juste place. La Saint-Valentin n’est pas un jour de rattrapage pour combler des manques accumulés durant l’année.
Le véritable présent, selon eux, réside dans la disponibilité émotionnelle, le regard posé sur l’autre et la capacité à raviver la conversation. Offrir du temps, de l’écoute et une attention sincère devient plus significatif qu’un objet coûteux.
À ceux qui ne croient plus en l’amour
Interrogés sur les personnes déçues par leurs expériences passées, Steve répond:
« Parfois on est passé par tellement de choses et on se dit, à quoi bon ? Est-ce qu’il est encore nécessaire de croire en l’amour ? Peut-être que ça vaut le coup d’essayer encore une fois de plus, de redonner une chance et surtout de venir avec un cœur vrai. »

Alexandra reconnaît la lassitude que peuvent provoquer les échecs sentimentaux :
« C’est normal de parfois ne plus croire en l’amour. Surtout quand on a tout donné et qu’on n’a pas reçu un retour. Mais ce serait se mettre dans une bulle et continuellement vivre un peu tristement. »
Elle insiste sur la nécessité de la guérison personnelle :
« Faire l’effort de se soigner. Prendre le temps que ça prend, peut-être une année, deux années. Mais faire à nouveau confiance. Il faut croire en l’amour. Parce que l’amour existe. »
Pour M et Mme Tchomba, le plus grand cadeau n’est ni une boîte de chocolats ni un bouquet de roses. C’est la décision consciente de continuer à choisir l’autre, encore et encore.

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Ève-Pérec N.BEHALAL





