Interrogée ce 25 mai 2026 par un média de la place, Katia Eyi est revenue sur son parcours dans l’univers de la danse, entre opposition familiale, difficultés du milieu artistique et ambition de faire reconnaître la danse comme un véritable métier au Cameroun. Artiste, performeuse et fondatrice de AFU Dance Academy, elle livre un témoignage marqué par les sacrifices, la discipline et la détermination qui ont façonné sa carrière.
Quand sa famille rêvait d’une carrière loin des arts
Avant de devenir danseuse professionnelle, Katia Eyi évoluait dans un environnement où son avenir semblait déjà tracé par ses proches. « Dans ma famille, on voulait que je sois un grand diplomate. » Sa famille souhaitait la voir suivre un parcours académique classique, loin des métiers artistiques. Mais très tôt, elle ressent un profond attachement pour les arts du spectacle. Après le lycée, elle finit par supplier ses proches de la laisser poursuivre cette voie qu’elle considérait comme sa véritable vocation.

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Une tournée européenne qui change le regard de ses parents
Au fil de son parcours, Katia Eyi entre en contact avec l’artiste pluridisciplinaire Blick Bassy, une rencontre qui marque un tournant important dans sa carrière. Grâce à cette collaboration, elle décroche sa première tournée européenne.
Mais au départ, sa famille peine à croire à cette opportunité. « Quand j’annonce à ma famille que je pars en tournée en Europe, personne ne me croyait. » Le déclic se produit finalement à l’aéroport. « Je prends l’avion devant eux. C’est là qu’ils ont réalisé que la danse peut t’amener aussi loin. » Une expérience qui transforme progressivement le regard de ses proches sur son métier. Ce sacre continental confirme la montée en puissance du Lion Indomptable, qui s’est imposé comme l’un des éléments clés de son équipe tout au long de la compétition.

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Les réalités d’une femme dans le milieu artistique
Dans son intervention, Katia Eyi évoque également les difficultés auxquelles elle a dû faire face en tant que femme dans le domaine artistique. « En tant que femme, ce fut difficile parce qu’il y a des prédateurs dans le domaine de l’art. » Selon elle, évoluer dans ce milieu demande énormément de vigilance, de caractère et de résistance mentale. « Tu es africain, tu es noir et tu es encore une femme. Tu n’as même pas le droit à l’erreur. » L’artiste estime qu’une femme doit constamment prouver sa valeur pour réussir à s’imposer durablement dans cet univers.


Le Sénégal, le voyage qui renforce sa vision de la danse
Parmi les expériences les plus marquantes de sa carrière, Katia Eyi cite sa formation au Sénégal, notamment à l’école des Sables dirigée par Germaine Acogny. « Le Sénégal m’a fait comprendre qu’il y a de l’espoir pour les danseurs africains. » Cette immersion lui permet de découvrir une autre manière de valoriser les métiers de la danse sur le continent africain et renforce sa volonté de poursuivre son parcours malgré les obstacles.

AFU Dance Academy, un héritage qu’elle veut laisser derrière elle
Au-delà de sa carrière personnelle, Katia Eyi revient aussi sur la création de AFU Dance Academy. « AFU Dance Academy est parti comme une blague. » Selon elle, personne ne s’attendait à voir le projet prendre autant d’ampleur. Aujourd’hui, l’académie représente bien plus qu’un simple espace de formation.
Une manière pour l’artiste de contribuer à la transmission des danses urbaines camerounaises aux nouvelles générations.

Entre discipline, ambition et quête de reconnaissance
Malgré les difficultés, Katia Eyi affirme rester guidée par la discipline et la détermination.
« Il faut avoir le gros cœur dans la danse parce que si tu fais un faux pas, on marche sur toi. » L’artiste assume également une ambition claire : devenir une référence majeure dans son domaine. « Au même titre qu’on parle de Samuel Eto’o dans le football, c’est mon objectif qu’on parle de moi dans le domaine de la danse. »
Un rêve qu’elle poursuit dans un environnement où, selon elle, les danseurs restent encore insuffisamment reconnus.


Et si la danse était enfin considérée comme un vrai métier au Cameroun ?
À travers son témoignage, Katia Eyi met en lumière les sacrifices, les incompréhensions et les défis auxquels font face de nombreux artistes danseurs au Cameroun. Entre passion, discipline et manque de reconnaissance institutionnelle, son parcours relance aussi le débat sur la place accordée aux métiers artistiques dans les sociétés africaines.
Mais finalement, pourquoi la danse continue-t-elle d’être perçue comme une simple passion alors qu’elle permet aujourd’hui à de nombreux artistes africains de bâtir de véritables carrières à l’international ?
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