De Paris à Bangui en passant par Bruxelles, le promoteur culturel camerounais s’est imposé comme l’un des grands architectes des spectacles afro en diaspora. Festivals géants, concerts mythiques et transmission aux jeunes : retour sur le parcours d’un bâtisseur de la culture africaine.

Un Camerounais qui a imposé sa marque dans l’événementiel
Figure incontournable de la culture africaine en diaspora, Guy Metang s’est progressivement imposé comme l’un des piliers du management artistique et de l’organisation d’événements d’envergure.
Reconnu pour son exigence, son franc-parler et son professionnalisme, ce promoteur culturel est aujourd’hui respecté aussi bien par les artistes que par les organisateurs de spectacles en Europe et en Afrique.

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Au fil des années, il est devenu une sorte de mentor pour de nombreux jeunes acteurs du secteur culturel. « Mon secret est mon sérieux, mon savoir-faire et mon ouverture vers toutes les générations », affirme-t-il. Dans les milieux afro-diasporiques, certains le surnomment même « le Père de la Nation », en référence à son rôle de guide et de rassembleur dans l’univers culturel africain en Europe.
Des débuts inspirés par les géants de la musique africaine
L’aventure commence au début des années 1990. C’est en 1992 à Abidjan que Guy Metang découvre sa vocation en observant le travail de Koné Dodo, manager de la star du reggae Alpha Blondy. Cette rencontre marque un tournant dans sa vie. « Je l’ai vu faire en le côtoyant, ça m’a donné envie de faire ce métier », se souvient-il.
De retour au Cameroun, il commence à travailler avec plusieurs artistes locaux, dont la star du makossa Petit Pays. Cette collaboration sera décisive : huit albums seront produits ensemble. « L’artiste qui m’a ouvert les portes reste sans aucun doute Petit Pays, ma porte d’entrée dans la cour des grands », confie Guy Metang. Au fil de son parcours, il s’inspire également du professionnalisme du chanteur ivoirien Meiway, qu’il considère comme un modèle.

Paris, laboratoire de ses grandes productions
Installé en Europe, Guy Metang transforme progressivement Paris en véritable plateforme de promotion pour les artistes africains. Selon lui, la capitale française représentait à l’époque une opportunité pour structurer la scène afro.
« J’ai été le tout premier manager d’événements de grande envergure à Paris », affirme-t-il.
Plusieurs événements marquent alors les esprits : La Nuit en Blanc; Le Festival Bikutsi; La Grande Nuit du Cameroun.
Lors de l’une de ces soirées organisées au Palais des Congrès de Montreuil, près de 3 000 personnes se rassemblent pour célébrer la musique camerounaise. Des concerts mémorables sont également organisés avec des stars comme Lady Ponce ou encore Meiway.
Des événements gigantesques en Afrique
L’influence de Guy Metang dépasse largement l’Europe. En République centrafricaine, il organise un festival au stade de Bangui qui attire plus de 200 000 personnes en trois jours. Sur scène, plusieurs stars africaines se succèdent, notamment le chanteur congolais Ferré Gola et Lady Ponce. Au Cameroun, il organise également le Sefedi au stade Omnisports de Yaoundé, un événement qui réunit plusieurs milliers de spectateurs.
« On a même dû refuser du monde », raconte-t-il à propos d’un spectacle organisé avec le producteur Jean-Robert Ngamwo.

L’Olympia, symbole d’une consécration
Parmi les moments les plus marquants de sa carrière figure l’organisation d’un concert à la mythique salle parisienne L’Olympia. Le spectacle réunit notamment le chanteur camerounais Ben Decca et DJ Masta. Une consécration pour celui qui aura consacré une grande partie de sa vie à promouvoir la culture africaine à l’étranger.
Un agenda chargé à travers l’Europe
Malgré plus de trente ans de carrière, Guy Metang reste très actif. Son agenda compte plus d’une dizaine d’événements en Europe, notamment : des spectacles à Paris, Bruxelles et Luxembourg, une soirée caritative au Hilton avec Florida Tchana pour les enfants autistes, Festafric à Bruxelles, la célébration des 20 ans de carrière de Lady Ponce, Deux grands spectacles sont également en préparation au Zénith de Paris.
Un regard critique sur l’évolution du métier
Après trois décennies dans le secteur, Guy Metang observe cependant certaines dérives dans l’événementiel. « Depuis l’avènement des réseaux sociaux, il y a beaucoup de désordre. Certains aventuriers se jettent dans ce métier sans aucune connaissance », déplore-t-il. Pour lui, la transmission de l’expérience est aujourd’hui essentielle. « Mon conseil aux jeunes est de travailler, d’être humble et de demander conseil aux aînés. »
Un héritage culturel en construction
Alors qu’il évoque progressivement une retraite, Guy Metang continue de transmettre son savoir-faire à la nouvelle génération. Entre organisation d’événements internationaux, accompagnement des jeunes promoteurs et investissements dans l’éducation, le promoteur camerounais reste convaincu que la culture africaine a encore de grandes pages à écrire. Et pour lui, chaque spectacle reste une mission. « Faire de chaque événement une page d’histoire », résume-t-il.

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Diane Laure MISSEKOU




