Contacté par la rédaction de Laura Dave Media ce 10 juillet 2026, le saxophoniste camerounais Daniel Arsène s’est ouvert sur son parcours, ses sacrifices et la relation singulière qui l’unit à son instrument. Derrière les mélodies qu’il interprète aujourd’hui se cache l’histoire d’un jeune diplômé en génie mécanique qui a choisi de tourner le dos à une carrière d’ingénieur pour suivre une passion qu’il considère comme une véritable vocation.
Quand une vidéo change le cours d’une vie
Pour Arsène, rien ne semblait le prédestiner à devenir saxophoniste. Pourtant, il préfère croire que ce n’est pas lui qui a choisi le saxophone, mais l’inverse. « Je pense beaucoup plus que c’est l’instrument qui m’a choisi et que c’est le destin qui m’a conduit vers cet instrument si sublime que j’affectionne tant. » Le véritable déclic survient en découvrant, sur Internet, une prestation du célèbre saxophoniste américain Kenny G. Une rencontre virtuelle qui marque profondément le jeune Camerounais.
« J’ai été captivé par sa façon de jouer. Ça m’avait envoûté et donné des frissons. Ce jour-là, je me suis dit : je veux être comme lui, pouvoir transmettre et toucher les gens à travers le saxophone. »

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Entre le rêve d’ingénieur et l’appel de la musique
Mais suivre cette voie n’a pas été sans obstacles. Étudiant en quatrième année de génie mécanique à l’École nationale supérieure polytechnique de Douala, Arsène doit d’abord convaincre ses parents, qui voient davantage leur fils dans un bureau que sur une scène. « Mes parents m’ont dit : « On espère que ce n’est pas sur ça que tu veux te concentrer. Il y a les études. » » Déterminé, il leur promet de ne pas abandonner son cursus universitaire. Promesse tenue :
Finalement, malgré un diplôme en poche, il fait un choix que beaucoup jugeraient risqué. « J’ai laissé les études avec un diplôme d’ingénieur mécanicien en poche. Et vu aujourd’hui la personne que je suis devenue, je ne regrette pas mon choix. »
La discipline avant le talent
Pour Arsène, jouer du saxophone ne relève pas uniquement du don. Comme toute discipline, la musique exige du travail quotidien. Il compare volontiers son apprentissage à celui d’un élève qui progresse grâce aux exercices. « La pratique permet de s’améliorer et de se perfectionner. Jusqu’à ce jour, je considère toujours la musique comme une passion, même si c’est aujourd’hui mon revenu. Il faut être passionné dans le domaine que l’on choisit pour mieux exceller. »

Refuser de rester dans l’ombre
Souvent perçus comme de simples accompagnateurs des chanteurs, les saxophonistes peinent parfois à exister individuellement. Une réalité qu’Arsène refuse d’accepter. Selon lui, les instrumentistes doivent construire leur propre identité artistique et développer leur visibilité. « Nous sommes peut-être derrière la scène, mais cela ne veut pas dire qu’il faut y rester. Il faut montrer qu’on n’est pas seulement des accompagnateurs, mais qu’on possède aussi une identité qui nous est propre. »
Faire parler un instrument sans paroles
Si le saxophone ne possède pas de mots, Arsène est convaincu qu’il peut raconter des histoires. À travers chacune de ses interprétations, il cherche à offrir un instant de répit à ceux qui l’écoutent. « Quand je joue, j’essaie de raconter une histoire. Le saxophone est comme une voix qui chante de douces mélodies à ton oreille pour te dire : « Tu n’es pas seul, ça va aller. » »
La persévérance comme seule promesse
Avec le recul, Arsène estime que son parcours est avant tout le fruit de sa détermination. Il encourage les jeunes qui souhaitent suivre la même voie à privilégier le travail avant la recherche de la notoriété. « Les difficultés ne manqueront jamais, mais c’est grâce à la persévérance et au travail qu’on arrive au résultat souhaité. »
À travers son histoire, Arsène rappelle qu’un parcours professionnel ne se résume pas toujours au diplôme obtenu. Parfois, c’est une passion, nourrie par la discipline et la persévérance, qui finit par donner un véritable sens à une vie.

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Muriel YANGA










