Depuis plusieurs jours, des vidéos virales montrent des collégiens et lycéens, en uniforme, s’adonnant à la chicha à l’alcool et à des jeux de séduction explicites en pleine salle de classe. Ce qui devait être un sanctuaire du savoir semble s’être transformé, pour certains, en un plateau de tournage pour une quête de célébrité numérique.
Pour comprendre ce phénomène, nous avons rencontré Maurice Somo, psychosociologue. Son diagnostic est le suivant : les mesures de surveillance, comme les caméras installées par le ministère, ont produit l’effet inverse de celui escompté.
« Au lieu que les caméras aient une valeur dissuasive, elles ont provoqué une valeur incitative. Les jeunes se placent devant pour que l’acte soit rendu viral. Ils le font dans une forme de publicité de leur propre personne », explique-t-il.

Pour ces adolescents, la visibilité prime sur la moralité, élevant la consommation de chicha au rang de faire-valoir social.
Rejoignez notre chaîne WhatsApp pour ne rien rater sur l’actualité people en cliquant sur je m’abonne
La faillite du cocon familial et l’urgence des modèles
Selon l’expert, l’école ne peut être tenue pour seule responsable. Elle n’est que le relais d’une éducation qui prend racine au foyer. Maurice Somo pointe du doigt une crise de la parentalité :
« Les dérives que nous observons ont leur souche dans la famille. Tous les parents ne sont pas des parents ; il y a des parents qui ne sont purement et simplement que des géniteurs. » Il appelle ainsi à une « éducation à la parentalité responsable » pour que les enfants acquièrent, dès le bas âge, les éléments nécessaires à leur socialisation.


Pour le promoteur de My Psy Cabinet, tout repose sur l’exemplarité, tant chez les adultes que chez les apprenants.
« Chaque enfant doit être une copie conforme au niveau du comportement de ce que leurs parents aimaient. Ils doivent s’assurer au départ que leurs parents sont en eux-mêmes d’abord des modèles. Une fois que votre papa ou votre maman sont des modèles, mettez-vous à l’image de vos parents », conseille-t-il.
Il exhorte les élèves à identifier ces repères positifs pour ne pas saboter leur propre avenir.
Vers une synergie de solutions
Face à ce fléau, le psychosociologue prône une double approche. D’une part, une méthode curative pour ceux qui ont déjà sombré :
« On devrait utiliser les méthodes de correction et de punition classiques… par la chicotte si c’est nécessaire, mais beaucoup plus par un dialogue quasi-permanent, persuasif et dissuasif. »
D’autre part, une approche prospective impliquant une synergie entre l’État, l’école et les familles. Le retour des leçons de morale et d’éthique en classe est jugé indispensable pour structurer le mental de l’élève.

La lutte contre la dépravation des mœurs en milieu scolaire ne pourra se gagner que par une action collective. Il ne suffit plus de surveiller, il faut éduquer les parents pour qu’ils redeviennent des guides, et restaurer à l’école sa mission de boussole éthique. C’est seulement à travers cette synergie d’action que la jeunesse peut retrouver le chemin de l’excellence et de la dignité.
Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à lire celui ci
Ève-Pérec N.BEHALAL





