À l’heure où l’Europe, l’Amérique ou le Canada font rêver une grande partie de la jeunesse camerounaise, certains jeunes font un choix à contre-courant : rester au pays et construire ici. Ils sont artistes, entrepreneurs, agriculteurs, créateurs… et refusent l’option de la fuite. Leur point commun ? Une foi inébranlable dans le potentiel du Cameroun, malgré les difficultés, le manque de moyens et les pressions sociales. Rencontre avec trois visages de cette jeunesse qui dit : “On réussit aussi au pays.”
Tinie Ahoume, Créer au Cameroun, par amour et par conviction
Artiste plasticienne, fashion designer et enseignante, Tinie Ahoume (AHOUME Tinie Estelle) incarne une nouvelle génération de créatrices camerounaises engagées. Née à Garoua, formée à l’ENS de Yaoundé en biologie, elle a pourtant choisi l’art comme mission de vie. « Je ne suis pas restée par défaut. Je suis restée par amour pour mon pays et par conviction que le Cameroun est une terre fertile pour réussir, même dans l’art. »

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Pour Tinie, partir n’est pas une garantie de succès : « À l’extérieur, le milieu artistique est saturé. Ici, tout reste à construire. Pourquoi quitter un pays où il y a encore tant à créer ? »
Ses défis sont nombreux : matériaux rares, clients irréguliers, faible culture de l’art local… Mais elle tient bon, avec une vision claire : revaloriser l’image de l’artiste camerounais et montrer que l’on peut vivre dignement de sa création au pays.

Yven Landry Koukam, De l’échec scolaire à 30 millions de chiffre d’affaires
À Bafoussam, Yven Landry Koukam a fait de la terre son levier de réussite. Après un échec au probatoire, il se forme grâce au programme C2D-AFOP et fonde « Ets Réussir au Pays« , une entreprise agropastorale qui produit porc, miel, maïs et haricots… et forme d’autres jeunes.
« Le Cameroun est une terre riche. Ici, tout reste à construire. Je préfère être parmi ceux qui bâtissent. »
Aujourd’hui, il a constitué un capital estimé à 25 millions FCFA et réalise plus de 30 millions FCFA de chiffre d’affaires annuel. Ses obstacles ? Financement, maladies, coûts élevés. Sa réponse ? Travail, formation, persévérance. « Ceux qui réussissent ne sont pas ceux qui n’ont pas de problèmes, mais ceux qui refusent d’abandonner. »

Tiam Guy Armel, Transformer les plantes locales en richesse nationale
À Douala, Tiam Guy Armel, promoteur de RAPHA BIO SARL, mise sur la transformation des plantes naturelles en tisanes, épices et condiments. « Le plus important n’est pas de partir ou de rester, mais d’avoir un rêve, une vision. Moi, j’ai choisi de croire qu’on peut réussir ici. »
Dans un climat d’affaires stressant et avec peu d’accompagnement, il persévère :
« Même dans un désert, une plante peut pousser. Nous aussi, dans un Cameroun difficile, nous pouvons créer de la valeur. »
Son message à la jeunesse est clair :
« Tout est possible pour celui qui croit et qui transforme son rêve en action. »

Rester, c’est aussi militer
Tinie, Yven et Tiam ne sont pas naïfs. Ils savent que le Cameroun est complexe. Mais ils font un pari : celui de la construction plutôt que de la fuite. En cette Semaine de la Jeunesse, leur choix résonne comme un message fort : Le Cameroun ne changera pas sans ceux qui décident d’y croire encore. Ils ne sont pas partis. Ils ont décidé de bâtir.
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Diane Laure MISSEKOU




