Interviewée le 27 avril 2026 par TN phographie, Carole Fosso s’est livrée sur un parcours fait de transmission, d’épreuves et de persévérance. Styliste-modéliste et PDG de la marque Afric F, l’entrepreneure camerounaise est revenue sur ses débuts dans la couture, son apprentissage, ses difficultés de terrain et le virage qui l’a conduite à bâtir sa propre marque. Entre héritage familial, maternité, résilience et ambition, elle raconte comment un simple savoir-faire est devenu pour elle un outil d’émancipation et de survie.
« Va te battre à acheter ta première machine »
Dès le début de son récit, Carole Fosso revient sur la phrase qui a marqué un tournant décisif dans son parcours.
« Elle m’avait dit : “Ma fille, je ne vais plus te donner de l’argent parce que je t’ai donné l’argent deux fois, tu as mangé, donc tu vas te battre acheter ta première machine.” m’a dit ma mère»
Le déclic part de là.

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« Je voulais juste faire la couture »
Très tôt, Carole Fosso comprend que la couture n’est pas seulement un apprentissage, mais une vocation.
« J’avais même dit à mes parents une fois que je voulais plus fréquenter, je voulais juste faire la couture. »
Une envie déjà affirmée.
« La couture est une histoire de famille »
Chez Carole Fosso, la couture s’inscrit aussi dans un héritage transmis de génération en génération.
« Ma grande-mère maternelle faisait dans la couture. Mon grand-père paternel est styliste à la retraite aujourd’hui. »
Une vocation enracinée.

« J’ai commencé à la maison »
Avant d’avoir son propre local, elle construit d’abord son activité dans un cadre modeste.
« Au départ, je travaillais à la maison, je postais (…) ma mère a une boutique de prêt-à-porter (…) du coup j’exposais aussi dans sa boutique. »
Des débuts discrets, mais structurés.
« Choisissez les modèles en fonction de votre corpulence »
Au fil de son expérience, Carole Fosso apprend aussi à composer avec les réalités parfois complexes de la clientèle.
« Le plus gros problème que moi personnellement je rencontre dans ce métier : choisissez les modèles en fonction de votre corpulence. Ce qui va à une femme de 50 kg ne peut pas aller forcément à une femme de 90 kg. »
Une réalité de terrain sans détour.
« J’ai arrêté d’attendre les clientes »
Inspirée par d’autres figures du secteur, elle décide de revoir sa manière de travailler.
« J’ai laissé le fait de venir m’asseoir sur ma machine, attendre les clientes (…) Je me suis lancée à faire des vêtements directement pour vendre. »
Le virage devient stratégique.

« J’étais face à mon destin »
C’est après une période personnelle difficile que Carole Fosso dit avoir véritablement changé de posture.
« Après l’accouchement de mon fils (…) j’étais face à mon destin. J’ai dit si déjà je demandais à manger, maintenant il va falloir demander pour moi et pour mon fils également. »
Le besoin devient moteur.
« Le plus important, c’est de commencer »
Aujourd’hui, Carole Fosso affirme vivre de son activité et encourage d’autres femmes à se lancer malgré les doutes.
« Si j’ai un conseil à donner (…) foncez. Le plus important, c’est de commencer (…) c’est difficile mais c’est possible. »
Une leçon qu’elle transforme en message.

À travers son parcours, Carole Fosso raconte bien plus qu’une trajectoire dans la mode. Elle pose le récit d’une femme qui a transformé la couture en stratégie de survie, puis en outil d’indépendance. Dans un contexte où entreprendre reste un défi quotidien, son histoire relance une question simple : combien de femmes vivent encore sur un talent qu’elles n’ont pas encore osé transformer en destin ?

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Muriel Yanga




