Le Cameroon International Film Festival (CAMIFF) célèbre sa 10ᵉ édition du 20 au 25 avril 2026 à Buea, au pied du Mont Cameroun. Organisé dans la capitale régionale du Sud-Ouest, cet événement majeur du 7ᵉ art réunira professionnels du cinéma, réalisateurs, acteurs et passionnés autour de projections, rencontres professionnelles et hommages. Pour cette édition anniversaire, les organisateurs annoncent un programme ambitieux destiné à valoriser le cinéma africain et à renforcer les échanges entre les acteurs du secteur.
Une audience stratégique pour préparer l’événement
En amont du festival, le ministre des Arts et de la Culture, Bidoung Mkpatt, a reçu le 9 avril 2026 les promoteurs du CAMIFF, conduits par Gilbert Agbor, au Musée National de Yaoundé. Objectif : garantir le succès de cette édition et poser les bases d’un tournant institutionnel majeur. Parmi les annonces phares, la création du Bidoung Mkpatt Hall of Fame, un mur patrimonial destiné à immortaliser les figures marquantes de la culture camerounaise. « Graver dans la conscience collective les grands noms de notre culture », telle est l’ambition portée par cette innovation inspirée de modèles internationaux.


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Buea, carrefour des talents et des diasporas
Durant six jours, Buea devient la capitale du 7ᵉ art africain avec des activités réparties entre le Mountain Hotel, le W Cinema et le Cameroon Wall of Fame.
La cérémonie d’ouverture, s’est déroulée le 20 avril, marquant le lancement d’un programme riche : projections de films internationaux et africains, masterclasses et ateliers intensifs, conférences et tables rondes et cérémonies de récompenses. Le film Blood Type de Maksim Brius a officiellement ouvert le festival ce lundi 20 avril 2026.

Une programmation internationale et compétitive
Pour cette édition anniversaire, le CAMIFF propose une sélection éclectique venant de plusieurs continents, avec des films du Cameroun, du Nigeria, de la Chine, du Portugal ou encore du Canada. Les récompenses couvrent les grandes catégories du cinéma : meilleur film
meilleur acteur / actrice meilleure réalisation, meilleur scénario. Le tout sous l’évaluation d’un jury international.






Des invités de prestige entre Hollywood et Nollywood
Le festival accueille des figures majeures du cinéma mondial, notamment : Blair Underwood, acteur hollywoodien aux origines camerounaises; Ramsey Nouah, icône de Nollywood et parrain du festival. Cette ouverture internationale renforce le positionnement du CAMIFF comme plateforme de dialogue entre industries cinématographiques.
Retour aux racines : l’émotion des diasporas
Parmi les moments marquants, la venue de Tamika Lamison a profondément touché le public. « C’est incroyable d’être à la maison… je me sens déjà en famille », confie-t-elle à son arrivée. Révélant ses origines, elle ajoute : « Je suis à 40 % camerounaise… c’est la part la plus importante de mon identité. » Son passage à Buea prend une dimension spirituelle : « Je pensais venir pour un festival, mais c’est un voyage qui définit l’âme. » Entre gastronomie locale, visite du palais royal et passage par le site historique de Bimbia, son expérience illustre le rôle du CAMIFF comme pont culturel et identitaire.

Réactions à chaud : entre enthousiasme et fierté
L’effervescence est palpable jusque sur le Wall of Fame. L’actrice camerounaise Prisma James s’exclame : « Je suis ici au Wall of Fame du Cameroun… je suis là les gars, comment allez-vous ?» Un témoignage spontané qui traduit l’énergie et l’attractivité de l’événement.

Innovations et défis selon les organisateurs
Pour Taku Fred, acteur et président de la Cameroon Actors Guild, cette édition marque un tournant : « Nous introduisons un nouveau visage : un grand acteur américain d’origine camerounaise pour intégrer davantage de culture. » Parmi les nouveautés : une soirée “Oldtimers” inspirée des années 60, une cérémonie de clôture déplacée au Wall of Fame, des intronisations de figures du cinéma. Il insiste également sur la rigueur du processus de sélection : « Les prix ne reposent pas uniquement sur les votes en ligne… un jury analyse les œuvres avant toute décision. »
Entre ambition et réalités du terrain
Malgré son succès, le CAMIFF fait face à plusieurs défis : contraintes financières
logistique (transport nocturne à Buea), couverture médiatique parfois superficielle
« Le festival est coûteux et reçoit peu de soutien… mais nous continuons par passion », reconnaît Taku Fred. Il appelle à une meilleure valorisation du contenu artistique : « On parle souvent des tenues, pas assez des films, des ateliers et des masterclasses. »
Vers une reconnaissance d’utilité publique
Dans une dynamique de structuration, le ministère de la Culture envisage de faire du CAMIFF un événement d’utilité publique, à l’image du Festival Écrans Noirs. Une initiative en cohérence avec la stratégie nationale de développement et la volonté de faire de la culture un véritable levier économique.
Un anniversaire entre mémoire, ambition et avenir
Dix ans après sa création, le CAMIFF s’impose comme un pilier du cinéma africain. Entre célébration du passé, innovations et ouverture internationale, cette édition 2026 incarne une ambition claire : faire du Cameroun une place forte du 7ᵉ art. « Rejoignez-nous à Buea… là où les histoires prennent vie », concluent les organisateurs. Plus qu’un festival, le CAMIFF 2026 apparaît comme une déclaration d’intention : celle d’un cinéma africain confiant, connecté et résolument tourné vers le monde.

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Diane Laure MISSEKOU




