On dit que le bodybuilding est un sport de pauvres réservé aux riches. Pourtant, au cœur de cette contradiction, Ulrich Ndadjie a bâti un empire de muscles et de victoires. Champion du Cameroun, d’Afrique et du monde, il a imposé son nom dans une discipline encore méprisée et sous-estimée au Cameroun. Alors que le pays tarde à investir dans ses athlètes, Ndadjié, lui, prouve que la sueur et la discipline peuvent faire trembler la planète.
LDM: Bonjour Ulrich, merci d’avoir accepté notre invitation.
Ulrich: Bonjour c’est moi qui vous remercie de m’avoir convié une fois de plus à la maison
LDM: comment avez-vous découvert le bodybuilding et qu’est ce qui vous a motivé à vous lancer dans le bodybuilding ?
Ulrich: C’est la passion qui m’a fait découvrir le bodybuilding mais ce n’était pas ma discipline préférée car comme tous les jeunes Camerounais mon premier rêve était de devenir footballeur. Mais c’est ma carrure de robuste qui m’a conduit dans le bodybuilding avec les conseils des aînés qui étaient à l’international.
LDM: Quel titre de votre palmarès vous rend le plus fier ?
Ulrich: Pour moi il n’y a pas de titre majeur encore moins de titre mineur sauf que la différence réside dans le niveau de chaque compétition.Toutefois, le titre qui m’a le plus marqué est mon premier. Il est le plus important dans ma carrière parce que c’est lui qui m’a ouvert les portes des autres titres.
LDM: Comment avez-vous dominé le championnat du Cameroun 4 fois ?
Ulrich: j’ai dominé le championnat camerounais de bodybuilding grâce à plus d’une décennie de travail acharné, de jour comme de nuit.

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LDM: Que représente votre titre de champion d’Afrique WABBA 2023 ?
Ulrich: C’était ma première compétition internationale. Elle m’a rendu fier de moi puisque c’était mon premier titre continental. Ce titre représente en un mot un fierté nationale car représenté le pays est une lourde responsabilité et je l’ai célébré avec tous ceux qui m’ont soutenu pendant cette période.
LDM: Comment était votre expérience de vice-champion du monde WABBA au Mexique ?
Ulrich: C’est l’une des compétitions qui a connu plusieurs anecdotes. Je partais pour être champion du monde à cette compétition, parce que je m’étais bien préparé. Le corps avait accepté la préparation sauf que les critères du jury à l’international sont différents que ceux au plan local où continental. C’est comme ça que je m’étais retrouvé avec deux de mes compatriotes en finale de la compétition et dans la même catégorie et pourtant ce n’était pas prévu quand nous quittions le pays. C’est ainsi que mon capitaine de délégation qui était Christian Tsanga était sortit premier et moi deuxième et un mexicain était troisième, et ça m’avait dérangé mais j’avais appris de cette finale parce que comme vous le savez, le bodybuilding est une compétition individuelle. Certes vous voyagez en délégation mais devant le jury les prestations sont individuelles. Ce qui fait que vous pouvez avoir votre compatriote en face de vous et l’affronter contrairement aux autres sports où les adversaires se connaissent d’avance mais hélas chez nous, ce n’est pas le cas.
LDM: A quoi ressemble la routine quotidienne avant une compétition ?
Ulrich: Je dirai tout simplement vous n’êtes plus le même en fonction du temps de préparation et du temps que vous avez à mettre dans votre localité avant le déplacement. Votre quotidien change complètement votre mental prend un coup et toute votre vie change totalement
LDM: Comment gérez-vous la pression avant un grand événement ?
Ulrich: La pression est énorme même si aujourd’hui j’ai réussi à géré cette pression contrairement à mes débuts et cette pression est due au faite que vous faites la préparation mais vous ne connaissez pas qui sera votre adversaire et tout c’est ça qui met une pression terrible.
LDM: Quels sacrifices avez-vous fait pour atteindre ce niveau ?
Ulrich: Les sacrifices sont énormes croyez moi. Il est bon de dire que je suis champion du monde 2025 . Parlant de sacrifices, quand vous faites du bodybuilding, je vous l’ai dit plus haut vous n’avez plus de vie votre hygiène de vie doit être soignée. Je ne consomme pas d’alcool, je ne fume pas et je ne visite pas de boîtes de nuit etc… Je n’ai que du temps pour les salles de sports rien d’autres.

LDM: Quels défis avez-vous rencontrés en tant qu’athlète africain ?
Ulrich: Les défis que nous, athlètes africains, rencontrons au quotidien sont nombreux; notamment le manque de finances qui plombe beaucoup de nos projets, parce que si j’avais l’accompagnement financier qu’il faut, c’est que je serais devenu champion du monde de ma catégorie depuis. Dans notre discipline le travail à lui seul ne suffit pas. Après le travail il faut récupérer. « Le Bodybuilding comme on a l’habitude dire c’est une discipline pratiquée par les pauvres mais une discipline de riches » et cette phrase en dit long quand ont voit dans quelles conditions les athlètes de bodybuilding notamment nous les africains, nous entrainons. Pour vous dire en un seul mot, ce n’est pas facile. Mon équipe et moi avions fait un état financier du minimum dont on a besoin il est de 400.000 Fcfa par mois pour que mon alimentation soit au minimum respecté et là ce n’est que l’alimentation et celle-ci coûte extrêmement chère.
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LDM: Quels sont vos prochains objectifs et projets dans le bodybuilding ?
Ulrich: Avant de répondre à cette question je vais vous donner un scoop. Je suis désormais champion de la coupe du Cameroun édition 2025. Quant aux prochains objectifs, en octobre prochain plus précisément du 09 au 12, nous aurons les univers du bodybuilding qui se tiendront en Malaisie. Et je vise une carte professionnelle là bas, dans le bodybuilding. Plus vous gagnez les titres, plus vous avez un appétit grandissant.
LDM: Quel est votre regard sur la politique sportive africaine en général et en particulier la politique sportive camerounaise ?
Ulrich: Mon regard sur la politique africaine et camerounaise en particulier je dirais simplement que nous avons beaucoup de retard et ce retard est dû au fait que nombreux de nos dirigeants ne croient pas aux projets. Or, nous avons énormément de potentiels et de talents. Je prends l’exemple il y a plusieurs personnes qui me suivent et veulent être accompagnées mais ils n’ont pas les mêmes opportunités que j’ai, faute de moyens, faute d’une véritable politique sportive. Ce n’est pas facile mais on espère qu’avec le temps et toutes les médailles que l’Afrique aura glanées cela va interpeler nos dirigeants à beaucoup plus investir dans le sport en général et en particulier dans le bodybuilding.

LDM: Quels messages adressez-vous aux jeunes bodybuilders africains
Ulrich: Le message que je peux adresser à la jeunesse africaine qui veut se lancer dans le bodybuilding c’est simplement de travailler. Je le fais au quotidien sur mes différentes plateformes, il faut d’abord et toujours croire en soi c’est important, travailler, travailler, et surtout prier et le reste viendra de lui-même. Ne vous dites pas que je n’ai pas de finances ou d’accompagnement, alors je ne vais pas travailler. Non si vous restez là à attendre les financements, ils ne viendront jamais. C’est le travail qui conduit à cela bref le travail est la clé de la réussite.
LDM: Nous sommes arrivés au terme de cet entretien merci une fois de plus d’avoir accepté de répondre à nos questions. Quel est votre mot de fin?
Ulrich : Je tiens tout d’abord à vous remercier une fois de plus pour l’invitation. Ensuite, je tiens aussi à dire aux politiques et mécènes de nous soutenir, de soutenir le Cameroun en particulier et l’Afrique en général. Elle regorge d’énormes talents croyez juste en nous et vous ne serez pas déçu. Maintenant à tous ceux qui veulent s’offrir mes services, mon manager, à travers l’agence universal coach Consulting, est disponible. Nous sommes ouverts mon équipe et moi pour des collaborations et partenariats et même pour des assistances en coaching merci encore .
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William Nlep





